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talon2017
Le chef de l’Etat imperturbable

La démission du ministre délégué auprès du président de la République chargé de la Défense nationale, Candide Azannaï, a été accueillie par le chef de l’Etat, Patrice Talon, avec sérénité, indifférence et un silence austère. Mais on ne tardera pas à connaître sa réaction.

Il n’y a aucun doute. Les sources sont formelles. Le ministre délégué auprès de la présidence de la République, chargé de la défense nationale, Candide Azannaï a mis fin à sa participation au gouvernement. Sa lettre de démission déposée au Secrétariat particulier du chef de l’Etat très tôt hier a été aussitôt notifiée à ce dernier. Cette nouvelle qui a fait le tour de la capitale économique puis les autres régions du pays, a d’abord été accueillie avec beaucoup de méfiance avant d’être acceptée comme vérité. L’opinion publique a manifesté un grand intérêt à la nouvelle, laissant circuler de nombreuses rumeurs, dont la plus répandue évoquait une réaction immédiate du chef de l’Etat ou tout au moins, un communiqué du Secrétaire général du gouvernement. Mais rien n’y fit jusqu’au moment où nous mettons sous presse. Le président de la République n’en fait pas une préoccupation majeure et n’a pas donné réponse à ceux qui lui suggéraient de convoquer en urgence les membres du gouvernement pour une réunion en vue de débattre du sujet. Resté de marbre et stoïque face à cette brûlante actualité que beaucoup qualifient de coup dur pour le régime, Patrice Talon a, de par son silence, montré qu’au-delà de cette démission, le chef tient bon et son gouvernement n’est nullement ébranlé. Qu’il soit spontané ou longuement peaufiné, le départ de Candide Azannaï ne semble pas le surprendre, et n’a d’ailleurs pas modifié son agenda. Cette attitude pourtant diversement appréciée donne du poids aux arguments selon lesquels l’activisme spontané du jeune député Guy Mitopkè, docile et obéissant suppléant de Candide Azannaï, dans le processus de la révision de la Constitution, avait préparé Patrice Talon à toute éventualité. Bien qu’appartenant à la majorité présidentielle, le député s’est montré critique  à l’égard du gouvernement et du chef de l’Etat au sujet de la demande de l’étude du projet de loi portant révision de la Constitution du 11 décembre 1990, en procédure d’urgence. Comme quoi, il y avait des signes avant coureurs qui n’ont pas échappé à la vigilance du chef de l’Etat et de ses collaborateurs immédiats. En attendant d’en savoir un peu plus sur les raisons de la démission de celui qui est toujours considéré comme un activiste politique remuant capable de volte-face, le président de la République a adopté une stratégie pour répondre avec efficacité à cette nouvelle donne. Et s’il a choisi de faire le mort devant cette grosse actualité, c’est qu’il a des réponses convaincantes  aux interrogations du moment. On ne tardera pas à les découvrir.

FN