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Un retour peu honorable pour Yayi Boni

En raison de son refus, pourrait-on dire, d’appliquer la loi du talion qui fait le succès des grands hommes d’Etat, le chef de l’Etat et son équipe, viennent d’essuyer leurs premiers revers politiques : le retour tonitruant des Fcbe, ainsi que le défi lancé par Yayi Boni de reprendre le pouvoir dans 5 ans.

Parfois craint pendant ses années de pouvoir pour sa rancune tenace, sa roublardise légendaire, et sa ruse politique, par une frange de ses supporteurs, Yayi Boni, vient de faire son come-back sur la scène politique. Au fond, il n’était jamais vraiment parti. L’échec de son poulain à la présidentielle semble toujours un os resté en travers de sa gorge. Beaucoup se doutaient, à raison donc , que ce politicien venu de nulle part, au réflexe souvent clanique et primaire , et réfractaire à toute forme de contrariété, serait peu enclin à abandonner le pouvoir et les privilèges y afférents. Seulement, s’étant un peu salit les mains pendant ses 10 années d’ivresse au pouvoir, et en plein dans la tambouille lui et ses hommes, on conçoit mal qu’il ait aussitôt le « culot » d’aller narguer la République. Puisqu’au demeurant, par un vote mémorable il y a à peine 4 mois, les électeurs se sont débarrassés de ce régime ethnocentrique et régionaliste et l’ont purement jeté aux orties. Les incessantes intrusions de l’ancien chef de l’Etat, on le ne dira jamais assez, n’ont donc autre but que d’empêcher le reste du monde de dormir tranquille. Car, seul le peuple y perd au change une fois de plus. Patrice Talon, n’étant pas un nécessiteux, loin s’en faut, seules les populations appauvries vont en pâtir les jours à venir. Le drame, c’est que, conscient et sûr de son impunité déjà négociée au prix fort à Lomé ou à Abidjan, Yayi Boni, circule librement et met en place une sorte de vendetta. Fort du trésor de guerre amassé pendant son règne houleux et brouillon, l’ex-président sait sur quelles manettes appuyer pour perturber son successeur et son travail. Or, les scandales les plus honteux et inexplicables ayant eu cours sous l’ancien régime sont légion, et encore frais dans les mémoires. Il suffit juste de soulever le tapis pour découvrir la boîte de pandore. Il ne sert à rien, et en homme politique averti, Patrice Talon le sait, d’envoyer Hêhomey et Gbadamassi au chardon, après les propos incendiaires de Yayi Boni à Tourou. Pour une fois pour toutes, il urge d’aller au-delà des audits, et d’en tirer les conséquences qui s’imposent. Pour avoir goûté au pouvoir, c’est évident que le Prince de Tchaourou n’arrêtera pas de si tôt ses dérapages. Il commettra d’autres impairs. Ou en commandera d’autres à ses sbires. Il vaut mieux donc y surseoir en prenant des mesures radicales.

Wilfrid Noubadan