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assembleeLe Parquet général près la Cour d’appel devrait, les heures qui suivent, écouter les députés Idrissou Bako, Valentin Djènontin et Mohamed Atao Hinnouho, que leurs pairs ont livrés à l’issue des votes de la plénière de mardi 24 juillet 2018. Tout pourrait aller vite. Au même moment, le Parlement doit se pencher sur les cas Komi Koutché, Fatouma Amadou Djibril et Aboubakar Yaya.

On avait tôt fait de mêler la petite « politicaillerie » aux accusations et lourds soupçons qui pèsent sur ces personnalités qui ont eu à gérer, parfois  avec beaucoup de légèreté,  des deniers publics. Le manteau de « député » ne peut plus continuer à être une armure contre l’impunité. D’ailleurs, on se doutait qu’avec la chute du régime « Yayi », ceux qui sont trempés dans des « affaires louches » pour le dire de manière terre à terre, iraient chercher refuge au Parlement. Ils se sont donc, à tort, crus déjà tirés d’affaire. Or, la roue de l’histoire tourne. Leurs collègues ont su en indiquer le chemin à suivre. Car, l’Etat n’est pas la Cour du roi Pétaud, ni une vache à lait, qu’on laisserait  avec une kyrielle d’éléphants. Et ce, impunément.  C’est pour cela que la saillie de Valentin Djènontin,  à quelques minutes du vote de la levée d’immunité, restera comme l’un des derniers soubresauts, ou acrobatie d’un agonisant. Il a tenté d’accuser tout le monde. Seulement, alors qu’il était Garde des Sceaux et président de la Commission interministérielle de la gestion des  campagnes cotonnières,  lui et d’autres ont agi sans procédures,  et  outils de gestion adaptés. Aussi bien dans la commande des intrants que dans la gestion des flux financiers et de la commercialisation du coton, de graves irrégularités ont été commises. Du moins,  c’est ce qu’en dit le rapport du Cabinet Mazars sur la gestion   des campagnes 2014-2015, 2015-2016 et 2016-2017. Plus précisément, le compte-rendu de la mission d’audit organisationnel, technique et financier de la filière coton au Bénin a révélé que les campagnes ont été déficitaires avec plus de 125 milliards de Fcfa de pertes. De guerre lasse, il a tenté dans sa ligne de défense d’incriminer Talon et ses hommes. La question,  que n’a pas manqué de se poser certains observateurs, c’est : « est-ce que Patrice Talon assistait aux rencontres et délibérations de la Commission interministérielle ?

 Fatouma, Aboubakar Yaya et Koutché, d’autres cas explosifs

 Avec la suspension de l’accord-cadre Etat-Aic en avril 2012, rappelons au député de la 6ème circonscription électorale, que son chef, avait fait une des intrusions dont il était coutumier,  dans la gestion de la filière coton. Le « Prince de Tchaourou »  et ses militaires avaient envahi la filière coton et réquisitionné  des  usines. Causant un énorme manque à gagner, avec les incendies récurrents, et d’origine douteuse et suspecte,  des balles de coton. Une pagaille que les uns  et les autres avaient déploré en son temps. Le cas le plus rocambolesque, et hors d’entendement, c’est les accusations contre l’ex-Dg de la Sonapra, le tout puissant, Idrissou Bako. Alors qu’il lui est reproché une gestion scabreuse où 162 milliards de francs Cfa sont partis en fumée, il a cru avoir trouvé la parade,  un asile doré au Parlement. Il s’était empressé, alors qu’il n’était pas du tout politicien, de se faire élire. Aux deux précédents cas, s’ajoute un autre, plus explosif, celui de l’ex-argentier, Komi Koutché. Certes, après l’échec de révision de la Constitution, avec la tentative ratée de l’opération de charme, 39+1, notre golden boy, qui donnait des leçons d’économie à tout le monde, a pris la poudre d’escampette. Malheureusement, il n’est pas encore tiré d’affaires. Même si les documents et pièces justificatives ont toujours disparu, après son départ de chaque département, dans des incendies contre-nature, le  cas du « jeune premier très pressé » constituera pour le régime Talon, un véritable cas d’école un test. « D’autres dossiers sont en attente pour malversations. Il s’agit des dossiers de Fatouma Amadou Djibril, de Aboubakar Yaya et de Komi Koutché. Pour ce dernier, s’il n’était pas ministre au moment des faits, il n’a aussi pas besoin de l’autorisation », a rappelé mardi soir par l’ex-bâtonnier Jacques Migan.

 Jean-Paul Mahugnon