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En attendant de savoir comment et dans quelles circonstances le Premier ministre, Lionel Zinsou a frôlé la mort samedi dernier dans le crash de son hélicoptère à Djougou, le ministre des Transports est monté au créneau hier mardi 29 décembre 2015. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’aucun élément nouveau n’a été apporté. Le mystère du crash reste entier. 
La sortie médiatique du ministre des Transports,  Gustave Sonon, mardi 29 décembre 2015, pour expliquer les circonstances du crash de l’hélicoptère transportant le Premier ministre à Djougou, ressemble un peu à une séance de rattrapage.  D’abord, cette conférence aurait pu avoir lieu plus tôt, juste au lendemain de l’incident pour situer l’opinion publique nationale sur les circonstances du drame. Cela aurait prouvé le sens et la capacité de réactivité de ceux qui nous dirigent. Mais, le gouvernement a laissé la confusion s’installée dans les esprits. Chacun a pu se faire son idée du  drame. Il est simplement à déplorer que  ce sont près de huit milliards de francs du contribuable béninois qui viennent de partir en fumée dans des conditions encore floues. Car, nul  ne peut dire avec précision, à la date d’aujourd’hui, la cause réelle de ce crash plutôt spectaculaire. Par ailleurs,  le caractère un peu  cocasse du crash renforce  par son bilan : zéro  perte en vies humaines. « Les enquêtes préliminaires ont révélé qu’il s’agit d’un accident dont les causes peuvent être affectées aux facteurs humains dus à une mauvaise appréciation de la visibilité liée aux périodes de l’harmattan que connait la région septentrionale de notre pays », a déclaré Gustave Sonon.  Alors, si ce n’est pas une panne d’essence, ou un défaut technique comment le « coucou volant » peut-il s’effondrer aussi facilement ? « Car arrivé sur les lieux et après un tour de repérage, le pilote décide de se poser dans l’enceinte du stade. Au moment de l’atterrissage, un très fort nuage de poussière s’est soulevé tout autour de l’appareil dégradant immédiatement la visibilité. Le pilote dit sentir l’appareil rebondir sur le sol. Une procédure d’arrêt d’urgence a été effectuée et l’aéronef évacué par les occupants. Il n’y a pas eu de décès ni blessés graves. Par contre, l’aéronef a subi d’énormes dégâts de même qu’un pan du mur de la clôture du stade », a déclaré Gustave Sonon.  Sans être spécialiste, on peut lire à travers ces mots, un peu d’amateurisme ou du laisser-aller. Arguer, comme tente de le faire le ministre des Transports,  d’un manque de visibilité dû à l’harmattan est peu crédible. Si Eric  Duprez, le commandant de  bord comme le révèle le communiqué, totalise 8000 h de vol, il devrait être plus aguerri pour affronter l’harmattan. Il subsiste de nombreuses zones d’ombre dans ce crash. La sortie du ministre des Transports ne vient que les renforcer. « C’est vrai que nous sommes en précampagne électorale. Mais après tout, il s’agit de notre patrie, le Bénin. Seuls ceux qui ne font rien ne se trompent », laisse entendre le ministre. A entendre cette partie de  sa conférence, on comprend qu’il admet, sans l’avouer, que ce crash est dû à l’erreur humaine. Les responsabilités sont donc à situer.
Wilfried Noubadan