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AJAVON-S.
Sébastien Ajavon officiellement candidat

L’idée, assez farfelue, agitée çà et là par les militants « Fcbe » d’un possible « K.o » au premier tour de l’élection présidentielle par Lionel  Zinsou, restera  un rêve et un vœu pieu. La probabilité d’une telle éventualité va être réduite à néant par la présence de Sébastien Ajavon dans les starting blocs. Il y de l’insomnie en perspective pour la mouvance et son candidat.

Sébastien Ajavon tient à être présent au rendez-vous du 28 février prochain. Le patron du patronat,  en se portant candidat ce dimanche 3 janvier 2016, est le premier  « gros calibre » à rentrer dans la danse pour la conquête de la Marina. D’aucuns disent volontiers,  qu’il est vraiment  déterminé à participer à la bataille pour le fauteuil tant convoité. Mais bémol,  l’accès à la Marina est tellement obstrué  et pris d’assaut par de véritables politiciens, qu’on se demande si  l’ « homme de Djèffa » pourra combler les attentes. D’autant plus que, comme  aime à le dire un observateur de la politique béninoise, une élection présidentielle est une véritable course de fond. Il ne faut pas y confondre vitesse et précipitation, et avoir assez de réserve d’énergie et d’endurance pour le sprint final.  Car, le président du patronat a toujours lorgné les politiques et leur monde. Plusieurs fois, il a répété être « business man » et pas un politicien. Mais, le voilà jeté dans la gueule du loup par la force des choses et des événements. Certes, avec les ralliements  dont il peut actuellement se prévaloir,  le magnat de la volaille et de la dinde, rentre dans le cercle fermé des sérieux prétendants  aux hautes fonctions de l’Etat.  Seul lui fait défaut, et ce n’est pas du tout négligeable, le concours des partis et alliances de l’échiquier  politique national. Le défaut du concours de ces grosses cylindrées,  est une pierre dans le jardin de Sébastien Ajavon. Car, le président du patronat aura fort à faire pour conjurer et vaincre cette  défaillance. N’étant pas un  habitué des sérails politiques, il va devoir ferrailler  dur pour s’y frayer un chemin.
 Une bataille rangée
 Or, un certain Patrice Talon, candidat à la même élection, est en meilleure posture. Pour avoir, depuis l’époque des présidents  Mathieu Kérékou et Nicéphore Soglo, pris langue avec la classe politique, l’ex-magnat du coton, devrait aujourd’hui logiquement bénéficier d’un retour de l’ascenseur.  Et, pourquoi pas, des fruits de ces investissements. C’est un fait.  De plus, il est connu pour être le vrai artisan, quoique préférant rester dans l’ombre,  des dernières victoires de l’opposition, notamment dans l’épique bataille pour le perchoir de la 7ème législature.  Mais, l’une des conséquentes immédiates de la candidature  de Sébastien Ajavon, c’est qu’il empiétera à coup sûr le terrain des Fcbe. L’Union fait la Nation (Un) et le Parti du renouveau démocratique (Prd), étant des partis d’opposition au régime « Yayi », leur électorat devrait se pencher pour un discours radical ou de rupture. Sébastien Ajavon avec une  posture de « modéré »,  va entraîner dans son sillage les déçus du « Yayisme » du camp de la mouvance. La preuve, le ralliement de Rachidi Gbadamassi. Or, la candidature du Premier ministre Lionel Zinsou, n’ayant pas obtenu le « consensus »  tant souhaité, il faut s’attendre à ce que la mouvance s’effrite davantage. Le départ assez tonitruant de Marcel de Souza, Alexandre Hountondji et de Chabi Sika,  ayant déjà  beaucoup de mal.  La bataille qui se préfigure actuellement, c’est donc une bataille rangée entre les soutiens de Lionel Zinsou et ceux de Sébastien Ajavon. Entre-temps l’opposition, selon les tractions actuelles,  devra faire front derrière son candidat naturel. Il n’est d’ailleurs pas exclu, dans cette perspective, de voir la Renaissance du Bénin (Rb), qui a parfois fricoté avec le Régime Yayi, rejoindre les rangs dans la dernière ligne droite, pour une victoire plus large.
Wilfrid Noubadan