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justice
Le Tpi de Cotonou appréciera la culpabilité ou non des présumés auteurs

L’audit commandité sur les redevances des véhicules d’occasion en transit a révélé une série d’irrégularités et de méfaits. Le peuple appelle à la poursuite des personnes qui seront reconnues coupables de ces crimes ayant provoqué la descente aux enfers de la filière.
Les révélations contenues dans le rapport d’audit sur les redevances des véhicules d’occasion mettent en scène les concernés. Depuis la sortie du ministre du transport et des infrastructures, Hervé Hêhomey, le 28 juillet 2016, plusieurs acteurs de la filière véhicules d’occasion montent au créneau, chacun pour se défendre des accusations qui pèsent sur lui et en rejetant le tort sur l’autre.    Le débat fait grand bruit, alimente les conversations dans les rues, les services, dans des cercles restreints,  aux marchés et fait les choux gras des journaux. Mais est-ce qu’on fera tout cela pour rien ? S’interrogent la plupart des Béninois. L’opinion publique  qui découvre en effet que l’affaire donne lieu à des accusations échangées  entre différents acteurs, (défenseurs du pouvoir exécutif, commanditaire de l’audit, anciens barons du régime défunt et les représentants des groupes épinglés), a les regards tournés vers la justice et se demande comment elle va gérer ce crime présumé. Assistera-t-on à la lenteur de la justice ou à son efficacité? Des informations récentes relayées par la presse locale ont fait état des manœuvres en cours au niveau de la justice pour convoquer les mis en cause, les écouter et engager des actions contre eux si les présumés délits sont constitués. Mais les juges, semblent-ils, ont pris la décision de retarder  toute procédure en vue de travailler tranquillement à l’abri de toutes sortes de pression, et surtout pour éviter que certaines informations leur échappent pour se retrouver dehors. L’instruction commencera sans doute bientôt, mais cela prendra le temps qu’il faut pour apporter toute la lumière dans le dossier, a rassuré une source judiciaire. L’audit a déjà identifié des irrégularités et établi les niveaux de responsabilités, mais il revient à la justice de dire le droit pour que des sanctions soient prises contre les personnes dont elle sera convaincue du délit. De toute façon, la justice est bien décidée à élucider l’affaire et le gouvernement s’en remet à elle pour situer les uns et les autres. La décision de l’Exécutif de remettre le dossier entre les mains de la justice est l’illustration parfaite de la volonté du chef de l’Etat de combattre  l’impunité et la corruption. Punir les auteurs des malversations et de divers crimes  a été l’un des atouts  du président Patrice Talon pour séduire les électeurs. La promesse de juger les crimes commis sous le régime défunt sans se retrouver sur le terrain de la chasse aux sorcières donne de l’espoir à une jeunesse désabusée, flouée et désenchantée par le pouvoir Yayi gangréné par la corruption et couvert de scandales.  La plupart des Béninois souhaitent que les ex-dirigeants du pays soient rattrapés par leur passé. L’actuel gouvernement veut faire de la bonne gouvernance une priorité et cela passera sans doute par le jugement de certains crimes commis sous Yayi Boni.  L’affaire des véhicules d’occasion apparait comme un gros scandale qui a permis à une poignée de gens de gruger le peuple et de détourner les deniers publics. Une dizaine de sociétés et des figures remarquables de la filière, de l’Armée et de la politique  sont épinglées par le rapport d’audit ; mais seule la justice confirmera si les faits à elles reprochés sont constitués et ensuite pourra décider de leur sort.

Abdourhamane Touré