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 Le chef de l'Etat Boni Yayi
Il risque de perdre le contrôle du bureau de l’Assemblée Nationale

Le Bénin n’est pas à sa première expérience pour l’élection du président de l’Assemblée nationale, mais il vit des moments particulièrement pathétiques à cause de cet évènement, à l’image de l’ambiance de la présidentielle. On dirait que c’est le 2nd tour de la présidentielle de 2011 qui aura lieu aujourd’hui.

L’élection du président de l’Assemblée nationale n’a jamais suscité autant d’intérêt et d’engouement au sein de la population. Après les évènements malheureux des 04 et 06 mai 2015 à Cotonou, tous les regards sont braqués sur le Palais des gouverneurs, siège du Parlement béninois. Pendant que les tractations se déroulent dans tous les sens, les populations brûlent d’envie de savoir ce qui se passe et veut se faire une idée de celui qui va rivaliser avec le candidat de Yayi Boni pour la conquête du Perchoir. Que ce soit dans leur conversation dans la rue, au niveau des kiosques ou même dans leurs échanges avec les acteurs politiques et ceux de la Société civile, on sent que cela fait l’objet de leurs préoccupations. Le public dénonce le vote par procuration et la stratégie du régime en place, appelle à une entente entre toutes les forces se réclamant de l’opposition pour faire échec au plan de Yayi Boni. Il s’emporte contre les faits de corruption commis par le gouvernement, exagère parfois dans les commentaires contre les ministres soupçonnés de méfaits et députés nouvellement élus. Il tient des discours qu’il sait trouvera un écho auprès des députés qui militent dans l’opposition. La population va jusqu’à mettre en garde les opposants qui tomberont d’accord avec Yayi Boni pour lui donner le Perchoir. Ça se passe comme si l’on était en période d’élection présidentielle et qu’ils ont tous affaire au chef de l’Etat. Tout cela n’est pas tombé dans les oreilles de sourd. Les états-majors des partis et alliances de partis brisent le silence et le secret des tractations pour déclarer leur soutien au seul candidat de l’opposition. Le Résoatao dirigé par le député Atao Hinnouho s’est livré lundi 18 mai à cet exercice de clarification à travers une conférence de presse. Après quelques moments d’hésitation, il déclare être de l’opposition. L’Alliance Rb-Rp, sous l’égide de Léhady Soglo, premier adjoint au maire de Cotonou, a d’emblée affiché son soutien à Me Adrien Houngbédji. L’Alliance And de Valentin Aditi Houdé, dont trois des élus sont sous la pression de Yayi Boni ont rejoint le camp des Fcbe, a dénoncé les manœuvres du Pouvoir en qualifiant les actes posés de pur vol. Ces différentes réactions ont tendance à renforcer la cohésion de l’opposition et rassurer le public qui souhaite que le massage qu’il a envoyé à travers les élections du 26 avril 2015 soit entendu, et qu’il soit le même que lors de l’élection du président de l’Assemblée nationale, le 19 mai 2015.

 Comme le 2ème tour de la présidentielle de 2011

 Les électeurs sont nombreux à confier et, cela s’est traduit dans les urnes qu’ils en ont marre du président Yayi Boni à qui ils ont donné la chance, mais il ne s’est pas mis au service du peuple. Ils estiment qu’il prend les jeunes en annonçant qu’il va leur trouver de l’emploi, mais ce sont les gens d’un clan qu’il choisit. Ils accusent son gouvernement d’être corrompu, manipulateur, maladroit devant les situations. On se croirait en campagne électorale où les termes évoqués sont souvent utilisés quand il s’agit de la présidentielle. Et puis, on a comme l’impression que la population qui s’impatiente à voir la fin du mandat de Yayi Boni arrivée, considère l’élection du président de l’Assemblée nationale comme le deuxième tour de la présidentielle de 2011 que le régime et la Cour constitutionnelle de Robert Dossou ont empêché d’avoir lieu en s’accordant sur un KO. Ironie du sort, ce deuxième tour devrait opposer Yayi Boni à Me Adrien Houngbédji, alors candidat unique de l’opposition. Le revoilà candidat unique de l’opposition pour s’emparer du Perchoir face à la machine de Yayi Boni. On sait déjà celui pour qui les uns et les autres veulent voter. Me Adrien Houngbédji a la faveur des pronostics, parce que de l’Union fait la Nation au Résoatao en passant par les Alliances Soleil, Rb-Rp, Abt, And diminuée, Fdu, et le Prd, toutes ces voix rassemblées donnent carte blanche à l’homme qui connaît les rouages du Perchoir pour l’avoir assumé déjà à deux reprises de 1991 à 1995 et de 1999 à 2003. Bonne chance !

 Fidèle Nanga