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talon-et-josephAprès le lancement de son programme d’actions pour son quinquennat, le chef de l’Etat a désormais la lourde mission de concrétiser les projets déclinés. Mais il risque de faire face à un premier obstacle : la Constitution du 11 décembre 1990. Sa révision devient un impératif pour favoriser les autres réformes  phares du président Patrice Talon.

Lors de la présentation du Programme d’actions du gouvernement, le projet de révision de la constitution a figuré en bonne place dans les réformes annoncées. Telle est l’ambition du président de la République qui a fait de cette question, une priorité. Patrice Talon avait fixé l’échéance de cette révision à la fin de cette année. Mais tous les ingrédients  n’étant pas encore réunis, il a dû reculer, pour mieux sauter. Pas en raison des critiques  des opposants, mais parce que le moment n’était pas encore arrivé. Aujourd’hui, cela devient un impératif pour lui sinon bon nombre de réformes annoncées ne verront pas jour. En effet, la pratique démocratique en cours depuis l’historique Conférence nationale de février 1990 de même que l’exercice du pouvoir d’Etat ont révélé les insuffisances de la Constitution du 11 décembre 1990. Lesquelles faiblesses sont liées à la super domination du chef de l’Etat  sur les institutions de contre-pouvoir. On observe alors un déséquilibre entre les institutions, la non prise en compte des enjeux de développement, l’inexistence des instruments juridiques favorables au développement humain, social et économique. Il va falloir corriger cette situation en adaptant la Constitution aux besoins actuels. Il est aujourd’hui important, sinon urgent de passer à la révision de la Constitution. Le contexte et le temps l’imposent. Le Pag lancé vendredi dernier repose sur trois piliers, sept axes majeurs, 45 projets phares, 95 projets sectoriels, 19 réformes institutionnelles doit être soutenu par une Constitution améliorée non seulement adaptée aux enjeux d’aujourd’hui, mais aussi de demain. Au nom du tout premier pilier, qui est la consolidation de la démocratie et de l’Etat de droit,  du programme d’actions, les réformes politiques et institutionnelles sont annoncées et la révision de la Constitution constitue l’un des chantiers à réaliser impérativement en 2017. Le rapport de la Commission Djogbénou qui a travaillé sur le projet en définissant les champs qui doivent faire l’objet de la révision est dans les tiroirs du chef de l’Etat. Soumis aux critiques à cause de l’option du mandat unique qu’il préconise, il n’est pas soupçonné d’être un projet opportunisme qui permettra à l’actuel président de s’éterniser au pouvoir. Et alors, à l’abri de ces intentions malveillantes, la révision sous le président Patrice Talon doit être soutenue par la classe politique toute entière et le peuple en vue de doter le Bénin d’une loi fondamentale qui puisse le mettre sur les rails de développement. C’est le moment plus que jamais pour que les forces vives de la nation soutiennent le projet.

AT