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Le député Rachidi Gbadamassi s’en prends aux 22 députés du rejet de la révisions et à Ajavon

Le député Rachidi Gbadamassi, à travers un point de presse tenu à Sun beach hôtel, est monté au créneau hier, dimanche 23 avril 2017, pour fustiger la démarche des 22 députés qui ont voté contre la prise en compte du projet de révision de la Constitution. Parla même occasion il fait le procès de Sébastien Ajavon, président du Patronat et l’invite, à jouer pleinement son rôle afin de permettre le mieux-être des populations.

L’air grave, le visage pâle et serré, le député Rachidi Gbadamassi n’est pas allé du dos de la cuillère pour pourfendre les vingt deux (22) députés qui ont voté contre la prise en compte du projet de révision de la Constitution du 11 décembre 1990. Le député de la 8ème circonscription électorale a qualifié de politique la démarche des 22 députés qui ont rejeté le projet de révision de la Constitution. Après avoir reconnu le travail technique combien noble fait par la commission des lois, Rachidi Gbadamassi a soupçonné une main politique derrière cette volte-face de certains de ses collègues qui ont voté en commission pour la recevabilité du texte. Selon lui, ce rejet est purement politique et ne vise aucunement les intérêts du peuple, contrairement à ce qui a été propagé pour polluer l’opinion. Remonté contre la position de ses collègues qui n’ont pas apporté leur caution à la révision de la loi fondamentale du pays, le député Rachidi Gbadamassi a fait observer dans sa déclaration que le projet de la révision de la Constitution est un texte révolutionnaire qui vient remettre les pendules à l’heure. Selon lui, le Ghana, le Nigeria et la Côte d’Ivoire pour ne citer que ces pays là, sont déjà en avance sur le Bénin en la matière. Et c’est parce cette réforme n’arrange pas une certaine classe politique qu’elle aurait tout mis en œuvre pour faire échec au projet. Après avoir remercié Léon Bani Bio Bigou et Chabi Sika qui avaient abattu un travail formidable et légendaire dans ce sens, le principal orateur de la rencontre a invité le chef de l’Etat à ne pas abdiquer. Il a demandé au président Talon de ne pas courber l’échine, mais d’engager les réformes sur la base desquelles le peuple lui a confié les destinées du pays. Mieux, il a promis parcourir monts et vallées pour expliquer aux rois et autres dignitaires du culte endogène le bien-fondé de la démarche du Chef de l’Etat. «J’expliquerai aux garants de la tradition que ce sont les 22 députés qui ont voté contre la prise en compte du projet de révision de la Constitution qui sont contre le développement. Le texte a pris en compte le statut de la chefferie traditionnelle et lui a même accordé une part belle», a expliqué Rachidi Gbadamassi.
 Adjavon a trahi la confiance du peuple
 Appréciant la sortie médiatique du président du Patronat, Sébastien Ajavon, le conférencier a fait observer qu’il aurait dû se taire. Pour Rachidi Gbadamassi, le roi de la volaille est passé à côté de la plaque. «Le président du Patronat ne peut pas affirmer qu’il a regretté son choix en 2016», a-t-il confié. Faisant partie de la coalition politique ayant accompagné Sébastien Ajavon lors des dernières élections présidentielles, Rachidi Gbadamassi a estimé que le combat politique qui avait été mené était d’une part, pour la consolidation des acquis démocratiques de la Conférence des forces vives de la nation et, d’autre part, contre le néocolonialisme qui fait le lit au sous-développement de l’Afrique. Mais au regard du développement des dernières actualités politiques, a-t-il fait observer, il n’y a pas de doute que notre idéal politique a été trahi. «Le combat politique que nous avons mené, pas pour les milliards de quelqu’un, mais pour sauver le peuple au péril de nos vies, a été galvaudé et noyé dans les querelles personnelles et la vaine rancœur. C’est pourquoi lorsque le président Ajavon dit qu’il regrette son ancien bourreau, je me demande s’il se souvient de nos sacrifices, nous Abdoulaye Gounou, Sabaï Katé kidnappé à cause de son engagement en sa faveur, Janvier Yahouédéhou, Valentin Aditi Houdé, bien d’autres», a-t-il déploré. Il a saisi l’opportunité pour demander à Sébastien Ajavon d’oublier la personne de Talon et de tenir compte de ses ambitions pour un Bénin révélé. «Le développement du Bénin ne doit pas être un combat de personne», a-t-il insisté. A l’en croire, cette posture est mieux que le rôle d’opposant qu’on veut faire jouer au président du Patronat. Du point de vue de son statut, Ajavon doit faciliter le travail au chef de l’Etat dans le milieu des affaires pour le mieux-être des populations. «Ramener le combat politique à sa seule personne, à celle du Chef de l’Etat et aux démêlés qu’on a avec lui est une erreur capitale qui causerait des dommages à toute la nation», a indiqué Gbadamassi. « Lorsque le président du Patronat affirme avec fermeté que la douane béninoise a déposé de la drogue dans ses conteneurs, il ternit consciemment ou inconsciemment l’image du port autonome de Cotonou qui est le poumon de l’économie nationale et peut faire fuir les investisseurs », a estimé le conférencier avant d’inviter le président du Patronat à former un tandem avec le Chef de l’Etat pour le renforcement de l’économie nationale et non pour nourrir l’inimitié dans le but de mener son combat politique.
A l’endroit de la mouvance présidentielle, il a exhorté à pleinement jouer son rôle de conseiller averti aux côtés du président de la République afin de l’aider à terminer en beauté son quinquennat.
 
Odi I. Aïtchédji
(Coll)
 
Extrait de la déclaration du député Rachidi Gbadamassi  
Mon propos s’articulera autour de deux principaux points à savoir :
I) analyse du contexte du rejet de la prise en considération du projet de révision de la constitution,
II) appréciation de la dernière sortie médiatique du président du patronat. Je finirai par quelques exhortations et souhaits.
Chers invités, Mesdames et messieurs, qu’il vous souvienne que dernièrement, le bloc des 22 s’est activé et a manœuvré pour rejeter la prise en considération du projet de révision de la constitution. Ce qui s’est passé est trop important pour passer inaperçu. En effet, la commission des lois a abattu un travail technique préalable qui a recommandé à la plénière la recevabilité du projet. Précisément, 15 députés sur 16 que compte la commission des lois, excepté l’honorable Guy Mitokpè, ont jugé le projet digne d’être reçu en vue d’un examen minutieux par la plénière. A l’Assemblée nationale, les Commissions Techniques se positionnent comme des laboratoires qui éclairent et orientent la plénière. La pratique parlementaire a prouvé que très souvent, les avis émis en commission se confirment en plénière sans pour autant orienter le choix des députés. Ce qui ne revient évidemment pas à ôter à la plénière sa souveraineté. Je persiste et je conclue qu’il y a eu pression sur certains collègues sinon comment comprendre qu’ils aient voté pour en commission et se dédisent en plénière en votant contre. Et tout ceci en l’espace d’une semaine, c’est-à-dire entre le 30 mars et 04 avril 2017. Pour preuve, voici l’avis technique de la commission des lois (lecture de l’avis technique de la commission des lois).    
Dans le cas d’espèce, nous avons observé un déni de législation dont les ressorts sont politiques et non techniques. En clair, le vote du projet de révision de la constitution par la minorité est purement politique et ne vise aucunement l’intérêt général. Le parlement béninois vient de manquer une fois encore l’occasion de légiférer pour consolider sa démocratie ; et renforcer les bases de son développement.   
Contrairement à ce qui a été propagé partout, la constitution du 11 décembre 1990 légalise l’impunité des gouvernants. En effet, en l’état actuel des choses, un ministre en fonction ou non ne peut être jugé. Il bénéficie carrément d’une immunité à vie. La preuve est que depuis son installation et malgré les nombreuses affaires évoquées, la Haute Cour de Justice n’a pu juger un ancien ministre. A contrario, le projet de révision introduit par le Chef de l’Etat au parlement a voulu régler ce problème en soumettant les anciens ministres aux tribunaux ordinaires sans nécessité des 2/3. En conclusion, il y a une catégorie d’acteurs politiques qui considèrent que ce projet révolutionnaire et ambitieux n’arrange pas leurs affaires. Ils ont donc fait feu de tout bois, avec leurs complices, pour le bloquer.  
En outre, avec le projet du président Talon, les chefferies traditionnelles et la royauté seraient prises en compte en vue de la valorisation du patrimoine culturel national. En Afrique, les rois et les chefs traditionnels jouent en effet un rôle important pour la paix et la stabilité sociopolitique. C’est pourquoi des pays comme la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigéria, etc. ont déjà légiféré sur la question. Notre pays, en souvenir du sacrifice suprême de ses valeureux fils Béhanzin, Kaba, Bio Guerra et en raison de la contribution des chefs traditionnels à la vie nationale ne devrait-il pas s’inspirer de ces exemples édifiants ?  Je profite de cette occasion pour rendre hommage au professeur Léon Bani Bio Bigou et au docteur Karimou Chabi Sika qui abattaient depuis des années un important travail dans ce domaine. En ce qui me concerne, je prendrai les dispositions nécessaires pour susciter un débat parlementaire sur cette question d’envergure nationale sans clivage régionaliste aucun. C’est dans ce cadre d’ailleurs que j’irai à la rencontre des têtes couronnées pour leur expliquer que le Président de la République son excellence Patrice Talon a tenu sa promesse en inscrivant la question des chefferies traditionnelles dans son projet. J’en profiterai évidemment pour leur dire aussi qui sont ceux qui sont contre leurs intérêts et qui ont ainsi fait échouer le projet. En tout cas, ce n’est qu’une bataille qui est perdue et non la guerre.
Face à toutes ces opportunités de réorganisation, de réformes positives et surtout de développement, il est indiqué d’accompagner et de soutenir la vision du Chef de l’Etat plutôt que de ramer à contre-courant. C’est pourquoi, contrairement à ce qui a été véhiculé, si héros il y a eu à l’Assemblée Nationale le 4 avril dernier, ce sont bien les 60 députés qui ont voté pour la prise en considération du projet. Toute autre lecture serait erreur et usurpation. Mais la bonne nouvelle pour nous, c’est que ce vote du 4 avril sonne un nouveau départ dans le nouveau départ.    
 
Mesdames et messieurs,     
En ce qui concerne la dernière sortie médiatique du président du patronat Monsieur Sébastien Ajavon, je tiens à dire un mot parce que je me sens concerné, étant donné que je fais partie de la coalition politique l’ayant accompagné lors de l’élection présidentielle de 2016. La vision politique que nous avions portée et le combat politique que nous avons mené, avaient pour objectif de consolider les acquis démocratiques de la Conférence nationale et d’empêcher le néocolonialisme qui fait le lit au sous-développement de l’Afrique.
Au regard des faits actuels et avec surtout la naissance et la consolidation du bloc Yayi – Ajavon, il n’y a pas de doute que notre idéal politique a été trahi. Le combat politique que nous avons mené, pas pour les milliards de quelqu’un mais pour sauver le peuple au péril de nos vies, a été galvaudé et noyé dans les querelles personnelles et la vaine rancœur. C’est pourquoi lorsque le président Ajavon dit qu’il regrette son ancien bourreau, je me demande s’il se souvient de nos sacrifices, nous Abdoulaye Gounou, Sabaï Katè kidnappé à cause de son engagement en sa faveur, Janvier Yahouédéhou, Valentin Aditi Houdé, bien d’autres et moi y compris (improvisation sur mon état de santé dans le temps).  
S’allier maintenant à son adversaire d’hier pour combattre aujourd’hui son partenaire d’hier que l’on a porté en triomphe avec ferveur n’est guère une preuve de conviction mais un reniement de soi-même qui laisse croire que l’on était réellement le plan B de l’autre. C’est pourquoi nous estimons que la vraie conviction est de notre côté puisque nous avons maintenu notre position de départ et continuons par défendre la coalition politique que nous avons contribué à mettre en place en mars 2016 en vue de libérer le peuple souverain. 
Ramener le combat politique à sa seule personne, à celle du Chef de l’Etat et aux démêlés qu’on a avec lui est une erreur capitale qui causerait des dommages à toute la nation. Lorsque le président du patronat affirme avec fermeté que la douane béninoise a déposé de la drogue dans ses conteneurs, il ternit consciemment ou inconsciemment l’image du port autonome de Cotonou qui est le poumon de l’économie nationale et peut faire fuir les investisseurs. C’est pourquoi le président du patronat, de mon point de vue, doit former un tandem avec le Chef de l’Etat pour le renforcement de l’économie nationale et non pour nourrir l’inimitié dans le but de mener son combat politique.
Chers invités, Mesdames et messieurs, au regard de tout ce qui précède, je demande au président du patronat Monsieur Sébastien Ajavon de jouer efficacement son rôle de consolidation du système économique national et de développement de notre pays. C’est d’ailleurs une noble fonction dont il porte mieux les attributs que l’actuel rôle d’opposant qu’on veut lui faire jouer à ses propres dépens et dont il n’a pas conscience. Savoir garder le silence en politique est une vertu et un atout considérable !
J’exhorte le chef de l’Etat à ne pas ranger définitivement le projet de révision de la Constitution. Je l’exhorte respectueusement à poursuivre les réformes et les actions de développement qu’il a courageusement engagées. Le redressement économique, les réformes les plus profondes dans tous les pays du monde engendrent toujours des remous et des grincements de dents. Mais après, lorsque le peuple sera en train de récolter les fruits des privations et sacrifices consentis, la vision de l’homme politique affûté sera saluée et sollicitée à nouveau. Après tout, le dicton dit : « La patience est amère mais ses fruits sont très doux ! »
Je demande humblement au peuple souverain de faire confiance au président Patrice Talon qu’il a élu et porté en triomphe en mars 2016. Le génie des hommes politiques se révèle effectivement lorsqu’ils ont la certitude qu’ils ont le soutien total de leur peuple. La réussite de Patrice Talon constitue notre réussite à nous tous. C’est à cela que nous devons tous travailler.
 Vive la concorde !
Vive la démocratie !
Vive le Bénin !
Je vous remercie.
Cotonou, le 23 avril 2017