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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Yayi Boni à la recherche d’un parapluie pour une retraite paisible

C’est un Yayi Boni épuisé, visiblement avachi et très affecté par l’échec de Lionel Zinsou, son dauphin (son échec personnel aussi) qui s’est envolé hier en milieu d’après-midi pour Paris. Selon une source diplomatique, il devrait  s’entretenir  avec les autorités françaises après la proclamation par la Céna des grandes tendances qui  confirment l’élection de Patrice Talon à la tête du Bénin.

Yayi Boni a passé une nuit électorale bien difficile depuis son village natal à Tchaourou : d’abord très déçu par le score réalisé par Lionel Zinsou à ce second tour (score personnel de Yayi Boni, écrasé et humilié au nord par Patrice Talon) ; ensuite surpris par l’attitude de Lionel Zinsou qui en bon démocrate, a  reconnu sa défaite face à son challenger, l’homme d’affaires Patrice Talon à qui il a passé un coup de fil. Ce faisant, le candidat  malheureux aura déjoué plusieurs manœuvres des lieutenants de son propre camp qui s’apprêtaient à tirer sur la ficelle au risque de provoquer des troubles. Enfin, Yayi Boni a du mal à croire qu’il est effectivement fini. Qu’il n’a plus aucune légitimité. Le dimanche soir, son portable n’a plus sonné jusqu’au lundi matin. Sa cour royale a disparu et c’est pratiquement dans l’anonymat le plus total qu’il est allé prendre son hélicoptère pour se rendre à Cotonou. Hélicoptère hué par les femmes du marché Arzèkè de Parakou qui criaient ainsi leur ras-le-bol exprimé la veille dans les urnes.

 Une  dernière visite de chantier 

 Après la nuit blanche, Yayi Boni  a regagné Cotonou via Athiémé pour une visite d’un chantier de pont. L’une des dernières sans doute. L’homme n’aura pas mis pied au palais de la Marina hier. Aussitôt descendu de l’hélicoptère qui l’a ramené du Nord, il s’est entretenu avec quelques collaborateurs  avant  de monter à bord de l’aéronef  pour la capitale française aux environs de 16 heures.

 Que va chercher Yayi Boni à Paris ?

 De sources bien introduites renseignent que le Chef de l’Etat sortant va renégocier un parapluie juridique pour sa retraite imminente qu’il souhaite paisible. Aussi, devra-t-il expliquer le cuisant échec de Lionel Zinsou à qui il avait promis une élection  à la tête du Bénin par la voie des urnes. Des indiscrétions font état de ce qu’il avait assuré  Laurent Fabius et  Emmanuel Macron  fin novembre en marge de la Cop 21 mais également  François Hollande (le 6 février dernier) de peser de toute sa « popularité » pour que tout soit joué au premier tour. Des sponsors n’ont pas manqué d’accompagner le projet. Ils se sont manifestés en  France, comme dans les grands Lacs. Mais avec ce  double échec  et  ces piteux résultats, Yayi Boni  se fait du souci. Il tient à s’assurer qu’il peut  toujours compter sur le soutien de la France pour porter sa candidature au poste de secrétaire général adjoint de l’Onu chargé du changement climatique et des Objectifs de développement durable (Odd). « Somme toute, la promesse devrait tenir car la France veut aussi tourner définitivement la page Yayi », indique une source parisienne. D’ailleurs l’Elysée  a déjà adressé ses félicitations  à Patrice Talon à travers un communiqué rendu public en fin d’après-midi: « François Hollande adresse au Président élu du Bénin, Patrice Talon, ses meilleurs vœux de réussite dans l’exercice de son prochain mandat. Il se félicite du déroulement pacifique du scrutin et de la mobilisation citoyenne observée à cette occasion qui confirme la solidité de la démocratie béninoise…», précise ce communiqué. Combien de temps restera-t-il à Paris ? Une interrogation peut en cacher une autre. C’est au sujet de la nature du billet d’avion de Yayi Boni : un aller simple ou un aller-retour ?

 Abdourhamane Touré