Spread the love
adrien-3
Adrien Houngbédji loin du bout du tunnel

Le leader du Parti du renouveau démocratique (Prd), Me Adrien Houngbédji a fait le choix de sortir de l’opposition pour justifier son ralliement à Lionel Zinsou. Après les grandes tendances de la Commission électorale nationale autonome (Céna), Adrien Houngbédji est encore loin de son rêve.

Le Parti du renouveau démocratique (Prd) n’est pas au bout de ses peines. Le rêve caressé par Me Adrien Houngbédji et ses militants de ne plus faire l’opposition est hypothétique avec les premières tendances du scrutin du dimanche 6 mars 2016. En effet, depuis septembre 2015, Adrien Houngbédji et les siens cherchaient l’issue favorable pour sortir de l’opposition et de participer à la gestion du pouvoir. Les assises de l’université de vacances n’ont pas apporté une solution à la préoccupation. Le conseil national de décembre de la même année n’a rien révélé. Trois options se présentaient au Prd. Premièrement, façonner de toute pièce une candidature à l’interne pour ne pas prendre position en faveur des candidatures les plus en vue. Deuxièmement, accepter l’offre de l’un des opérateurs économiques en compétition ou de celle des banquiers Abdoulaye Bio Tchané ou Pascal Irénée Koupaki. Enfin, s’acoquiner avec le candidat du pouvoir. Parmi les trois possibilités, Me Adrien Houngbédji, le leader du Prd a préféré le raccourci en s’alliant avec le candidat des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe). Avec la présence de la Renaissance du Bénin (Rb), il avait estimé qu’ils feront un très bon score qui ouvrirait le boulevard à ses poulains de participer à la gestion du pouvoir. Erreur ! L’issue est totalement étroite. Car, la situation est telle que le candidat Lionel Zinsou, fortement décrié a reçu, pour le compte du premier tour, tous les soutiens qui lui sont favorables. C’est à juste titre qu’ensemble, ils ont dénommé la coalition « alliance républicaine ». Ceci, espérant que le candidat tirerait son épingle du jeu de ces joutes. En face de cette « grosse machine politique », il y avait les candidats de la rupture qui jouaient « les primaires ». Au terme du vote, la hiérarchie s’est réalisée entre les candidats de la rupture. Le premier d’entre eux devient de fait le porte-étendard du groupe. Car, au-delà du prestige du pouvoir et des avantages, ces candidats partagent un idéal commun : déraciner le système pervers des dix ans de la gestion du président Yayi Boni. Cela devra se traduire par le renforcement de la démocratie et de l’Etat de droit, la réconciliation du peuple avec lui-même, la prime au mérite et la gestion de l’administration publique suivant les normes universellement admises. Il en découle que les candidats de la rupture restent un bloc solidaire. La somme des suffrages recueillis par chacun d’eux est largement suffisante pour leur garantir la victoire. Est-il possible encore à Adrien Houngbédji de faire une volte-face en soutenant le candidat de la rupture au second tour ? C’est la seule issue pour ne pas faire l’opposition. Or, il semble bien, suivant le sens du vote du dimanche dernier, que le peuple a indiqué la voie à suivre. Le pouvoir a résolument pris le chemin de la rupture radicale.

 Jean-Claude Kouagou