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Francis Zossou entouré des autres membres du collectif

 Les réalisateurs et acteurs béninois ayant représenté le Bénin à la 24ème édition du Festival panafricain du cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco) ont fait le point de leur participation à cette biennale qui célèbre le 7ème art. C’était à travers un point de presse qu’ils ont organisé le vendredi 13 mars 2015 dans les locaux de l’Institut supérieur des métiers de l’audiovisuel (Isma) à Cotonou.

Au sortir de cette grande messe du cinéma africain, cinéastes et acteurs béninois ont déploré le sort réservé à l’industrie cinématographique au Bénin. Ayant séjourné à Ouagadougou au Burkina faso du 28 février au 07 mars dernier, ils ont pris conscience de la nécessité d’attirer, une fois encore, l’attention des autorités à divers niveaux sur les maux dont souffre le cinéma béninois. Prenant la parole au cours de ce point de presse, le doyen du Collectif des festivaliers béninois au Fespaco 2015 (Cfbf 2015), et réalisateur de la série « Courses pour la vie », Francis Zossou, entouré de Dimitri Fadonougbo, Samson Adjaho et Kombert Quenum, a rendu public la déclaration de ce collectif. Il a d’abord rappelé les diverses productions béninoises qui ont été nominées au Fespaco 2015. « Nous avons participé de façon active et remarquable au Fespaco au regard de ces nombreuses productions. Certes, aucun des six films n’a été auréolé de trophées ni de prix spéciaux. Le Fespaco n’est pas seulement une question de trophées », a-t-il précisé. Le Bénin a également enregistré quelques succès qu’il a énumérés. Il s’agit selon lui, du 1er prix du concours de pitch obtenu par le béninois Christian Whannou, la diffusion acquise de la série « Courses pour la vie » sur le bouquet « See Africa » ainsi que des propositions de contrats de diffusion de certaines productions cinématographiques sur des chaînes internationales. Le second volet de ce point de presse consistait à faire part des conditions particulièrement difficiles dans lesquelles la délégation béninoise a participé à ce grand rendez-vous du cinéma africain, et du manque d’engagement politique autour du cinéma béninois. « Pour une biennale dont on connaît la périodicité, notre gouvernement n’a pu mobiliser, à temps, les ressources nécessaires pour notre participation. C’est donc sans frais de mission que les membres de la délégation ont effectué le voyage sur Ouagadougou. Sur les lieux, la délégation béninoise s’est juste contentée de la présence de deux directeurs techniques, alors que les autres Nations se sont déplacées avec leur ministre et ambassadeur », a-t-il confié. Au regard de ces dysfonctionnements, le collectif a fait des recommandations à l’endroit du gouvernement béninois. Entre autres, il s’agit de mettre fin à l’impréparation qui caractérise la participation du Bénin aux rencontres internationales, d’adopter le Code de la cinématographie pour sécuriser le secteur et d’investir conséquemment dans la production cinématographique.

 Valentine Bonou Awassi

Le cinéma béninois souffre d’un engagement politique

 Le Bénin vient de boucler, une fois encore, sa participation au Festival panafricain de cinéma et de la télévision de Ouagadougou (Fespaco). Le bilan de cette participation est plus ou moins négatif parce qu’aucune des six productions nominées n’a reçu un prix. Invité au Fespaco avec trois productions cinématographiques réalisées par les étudiants de l’Isma, un court métrage de Kossi Ayéchero et deux séries télévisées, le Bénin n’a pas pu convaincre les différents jurys par ses productions. Sur les lieux à Ouagadougou, la délégation béninoise s’attendait au moins à un prix spécial du jury, mais ça n’a pas été le cas ! Nos diverses investigations menées sur le terrain ont permis de toucher du doigt les réalités. Le cinéma béninois souffre encore de certaines lacunes au niveau de la qualité des productions présentées, aussi bien au Fespaco que dans d’autres grands festivals. Ils ont été nombreux à le reconnaître, ceux-là qui ont effectué le déplacement de Ouagadougou et qui ont eu la chance de comparer le travail effectué par d’autres pays à celui du Bénin. Les réalisateurs béninois doivent amener tous les acteurs du domaine cinématographique à prendre conscience du travail à effecteur pour sortir le cinéma béninois de l’ornière. Ils en sont conscients et des actions sont même envisagées pour les tout prochains jours. Mais au-delà de la défaillance relevée au niveau des productions cinématographiques béninoises, il faut noter qu’il n’y a aucun engagement politique autour du cinéma béninois. Pour preuve, le Code de la cinématographie souffre encore dans les tiroirs, ce qui constitue un blocage pour les nombreuses actions qu’envisagent mener les acteurs du cinéma béninois.

 VBA