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Patrice Talon a accepté la main tendue de Martin Rodriguez

La rencontre de réconciliation entre le chef de l’Etat, Patrice Talon et l’opérateur économique, Martin Rodriguez, mercredi, le 26 avril au Palais de la présidence, suffit-elle  pour  permettre aux deux hommes de filer le parfait amour, après avoir entretenu pendant longtemps des relations conflictuelles ? Cela paraît trop juste.

Patrice Talon a incontestablement une autre vision de la gestion du pays. L’un des éléments forts de cette vision, c’est de préserver l’unité nationale. Lors de son investiture le 06 avril 2016, il l’a si bien souligné dans son discours en évoquant que de la Nation, il gardera à l’esprit, la conviction qu’elle est une et indivisible, étant persuadé que le pays ne sera fort que s’il reste uni. Or, il est de notoriété publique   que durant les années Yayi, le pays a longtemps souffert de cette unité qui a toujours été l’une de ses qualités. Cela dit, la différence entre un Talon ouvert et  un Yayi fermé sur lui-même et imbu de sa personnalité, est notoire et connue. En vertu de cette vision de la gestion du pays,  le chef de l’Etat a reçu en audience, mercredi 26 avril 2016, Martin Rodriguez, qu’on ne présente plus. Son adversité et son activisme à ternir l’image de Patrice Talon et à l’empêcher de prendre le pouvoir n’ont eu de limite. De plus, Martin Rodriguez a refusé de contribuer à la campagne cotonnière à l’arrivée de Patrice Talon, fermant  les portes de son usine d’égrenage de coton à Nikki, sans qu’on ne sache les raisons profondes de son refus. Mais toujours égal à lui-même, Patrice Talon a répondu à ses invectives par un silence assourdissant. Une telle attitude met en relief la grandeur de l’homme et malgré  sa position actuelle de chef de l’Etat, il ne se tient pas à l’écart de cette qualité. C’est pourquoi, il a accepté la main tendue de l’un des plus virulents adversaires, qu’il a  connu, non seulement dans le monde des affaires, mais aussi sur le terrain politique. Pour le plus grand nombre de Béninois, c’est un acte historique, un fait inédit. Cependant, une certaine opinion se veut méfiante et estime que recevoir, ne veut pas dire accepter. En ouvrant les portes de la Marina à Martin Rodriguez, Patrice Talon a sans doute marqué positivement les esprits, mais on se demande ce qu’il en fera. Aujourd’hui, les rapports de force sont déséquilibrés, largement en faveur du président de la République. Martin Rodriguez est en position de faiblesse avec la dégringolade de ses affaires, son hôtel Bénin Marina ramené dans le patrimoine de l’Etat, son usine d’égrenage de coton à Nikki menacée d’isolement, ses ennuis avec les banques. Sa situation actuelle ne lui permet pas de tenir tête aux nouvelles autorités du pays. Il a bien intérêt à faire leur jeu. La rencontre du 26 avril dernier est beaucoup plus bénéfique pour lui qu’à Patrice Talon. Et puis, le non-dit est ceci : il a supplié plusieurs chefs d’Etat africains pour qu’ils négocient cette rencontre avec le N°1 béninois. Son but, c’est de convaincre Patrice Talon à lui restituer Bénin Marina Hôtel et si possible, obtenir une bouffée d’oxygène au profit de sa  société Mci, en difficulté. On ne connait pas encore la réponse du chef de l’Etat, mais certains conseillers proches de ce dernier ont confié que la méfiance est de mise du côté du Palais de la Marina. Patrice Talon avisera.

Fidèle Nanga