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insalubritéLa ville de Cotonou ne respire plus la propreté. L’insalubrité qui y règne   a atteint son paroxysme. Pourtant, elle est la première ville à statut particulier la vitrine du Bénin. Une incursion dans l’un des quartiers du  6ème arrondissement de Cotonou révèle les conditions de vie des populations.
Une odeur repoussante, des habitations en matériaux précaires entourées d’immondices. Non loin, des visiteurs hors du commun : des mouches qui bourdonnent çà et là et des porcs à la quête de leur nourriture. Nous sommes au quartier Ahouanssori-Towéta 1 vers la fin des collecteurs d’eau de Sainte Cécile. Les riverains de cette zone usent d’ingéniosité pour se trouver un espace pour se loger. Et pour y arriver, les ordures ménagères sont leur dernier recours afin de repousser les limites du lac. Une bombe écologique qui ne semble inquiéter les riverains.  » Nous demandons aux Ong de pré-collecte de verser les ordures pour nous aider à remblayer le lac ; ce qui nous permet de rester sur la terre ferme parce que nous n’avons pas d’argent pour prendre des camions de sable lagunaire « , dira Koudjo Nardin, un riverain. Mariam Moustapha, riveraine, ira loin et fait savoir que le coût du loyer dans la ville est au-dessus du Smig. Sur les lieux, nous avons surpris Jacques Aglizou, un agent d’une Ong de pré-collecte de déchets ménagers en train de déverser sa moisson du jour. Pour justifier son acte, il fait savoir que c’est  pour sortir les riverains de l’eau. De  même, il indique que parfois les riverains le leur demande contre une modique somme. Approché, Marcellin Akpété, Chef du quartier Ahouansori-Towéta 1 s’indigne de la marginalisation dont fait l’objet sa localité dans les projets d’assainissement conçu par la Mairie pour la ville. Il confie que toute la zone n’est pas lotie et que la situation d’insalu-brité de sa localité dépasse ses compétences, même s’il tente de sensibiliser ses administrés. A l’endroit des autorités municipales, son message est clair :  » Nous demandons à la mairie de construire des latrines publiques, de doter le quartier de plusieurs barques à ordures et d’accompagner les populations pour leur relogement « . Joint au téléphone, le chef du sixième arrondissement de Cotonou, Denis Gnonlonfoun, se dit conscient de la situation et dit attendre la mise en œuvre du projet « Grand Nokoué » qui contient le plan d’assainissement de la ville élaboré par l’Etat central.
 
Régis H. Gnalandjo
(Stag)