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Bruno Amoussou et les siens s’opposent à la marginalisation de certains départements

Dans les grandes orientations du budget général de l’Etat, exercice 2016, trois départements sont écartés des grands projets de développement. Il s’agit des départements du Couffo, contrôlé par Bruno Amoussou, président de la coalition ‘’Union fait la Nation’’ (la plus grande au Bénin depuis des années), le Plateau, contrôlé par Séfou Fagbohoun, de la même famille politique et de la Donga, aujourd’hui sous le contrôle de Abdoulaye Bio Tchané. Ces localités qui ont toujours tenu tête au chef de l’Etat en période électorale, sont marginalisées dans la mise en œuvre des grands projets. Le groupe parlementaire ‘’Union fait la Nation’’ a attiré l’attention de qui de droit, mardi, à l’Assemblée nationale, avant de voter contre le budget de 2016.

Pour le groupe parlementaire Union fait la Nation, plus question pour la représentation nationale de continuer par donner les moyens à un Gouvernement qui baigne dans des actes de régionalisme et d’exclusion sociale. Les paroles données par l’Exécutif devant les députés quand il s’agit de voter les budgets  ne sont jamais respectées. « Durant les dix dernières années et à l’occasion des débats budgétaires, le Gouvernement a répété sa volonté d’inscrire son action dans le cadre retenu par les études prospectives à long terme Bénin Alafia 2025. Mais force est de constater que, malgré les recommandations constantes des députés, cette volonté est restée une déclaration d’intentions, sans le moindre début d’exécution. A ce jour, le Bénin ne s’est rapproché d’un pays phare, un pays bien gouverné, uni et de paix, à économie prospère et compétitive, de rayonnement culturel et de bien-être social. De fait, le Gouvernement n’a donné aucun contenu à son acte de foi », a remarqué le porte-parole du groupe parlementaire Un, mardi. A suivre leur déclaration, malgré tout le bruit qui se fait, il n’y a aucune volonté de tendre vers l’amélioration. Et le budget soumis au vote, cette année encore, comporte les mêmes distorsions: «La proposition de Budget général, gestion 2016, ne marque pas une rupture avec le passé. Au contraire, elle montre que la nouvelle équipe gouvernementale s’est confortablement installée dans les pratiques anciennes afin d’en assurer la pérennité », soulignent les députés de la plus grande coalition de l’opposition pour signifier que rien ne changera malgré « la lumière » annoncée pour Avril 2016.
En tout cas, il y a plusieurs exemples évoqués par les députés pour démontrer la volonté cachée du gouvernement de faire souffrir davantage les populations béninoises. « Le gouvernement affirme qu’il veut promouvoir les nouvelles technologies. Au même moment, il propose des mesures qui augmentent le coût des communications par téléphone portable et par Internet. Il veut développer les transports. Au même moment, il diminue le budget du Ministère des transports. Le gouvernement veut renforcer le développement local. Au même moment, il diminue l’argent destiné aux communes de 8.476.300.000 frs par rapport à 2015. Où se trouve la cohérence d’une telle politique », s’interroge l’Union fait la Nation avant de poursuivre : « Plus préoccupant, selon les projections du gouvernement, le sous-secteur « Education » va baisser de 25,7% et le sous-secteur Rural va baisser de 48,5%(page 34). Et pourtant, le Gouvernement affirme qu’il veut développer les ressources humaines et qu’il veut aider ceux qui vivent dans les villages. Où se trouve la cohérence d’une telle politique? ».
  Zinsou cautionne le régionalisme et l’exclusion
Lionel Zinsou, Premier Ministre de Yayi Boni et son régime était présent à la séance plénière au cours de laquelle les députés de l’opposition ont souligné les irrégularités contenues dans le projet de budget général de l’Etat, exercice 2016. Il est au Gouvernement depuis bientôt cinq mois et devrait avoir participé aux travaux d’élaboration dudit budget. Il n’a pas vu et soulevé ces incohérences, en sa qualité de banquier et de « développeur annoncé». Et pourtant, on nous le présente comme celui qui apportera de la lumière à sa deuxième patrie.
Dans ce qui a été présenté comme budget, il y a des localités qui, une énième fois, ont été exclues du plan de développement du Bénin. Lionel Zinsou n’en a rien dit. «… le Gouvernement se refuse à faire connaitre si ses actions assurent un développement équilibré du territoire national, comme en dispose l’article 153 de la Constitution. On comprend aussi pourquoi il refuse de faire savoir si l’exécution du Budget 2016 va corriger les inégalités que l’on observe dans les différentes régions en matière de taux de pauvreté… Pendant dix ans, la répartition des investissements publics a toujours réservé au Couffo la dernière place, au Plateau l’avant dernière place, précédé de la Donga. ». Indignation des députés de l’opposition qui n’ont pas manqué de dire leur position pour l’élection de 2016, de façon indirecte :  « Le Bénin a plus besoin de dirigeants qui connaissent les réalités nationales, capables de transformer les structures administratives et sociales, que de dirigeants qui peuvent ramener beaucoup d’argents sans être capables de les utiliser. » Ces phrases sont évocatrices et démontrent combien de fois cette opposition veut du bien pour son pays et serait prête à combattre tout acte d’exclusion et de menace sur la paix et la cohésion sociale.  « Ce ne sont là que des exemples car, dans toutes les zones réputées hostiles au gouvernement, il est aisé d’établir une longue liste d’actions de discrimination politique interrégionale, basée sur le soutien ou non au Gouvernement…. De telles orientations politiques préparent des conflits sociaux dont nous n’avons nullement besoin. Elles constituent de sérieuses menaces pour la paix ».
Un budget qui garantit la galère
Ici, l’opposition est bien précieuse avec des exemples concrets. Le budget voté malheureusement pour faire plaisir au régime en place est une grave menace pour le mieux-être et dresse le lit à la pauvreté et la souffrance. « Les populations peuvent-elles comprendre, qu’au 30 septembre 2015, le Gouvernement n’ait dépensé que 40 milliards de francs sur les 233,3 milliards d’aides extérieures inscrits pour cette année ? Comment leur expliquer que le Gouvernement veuille taxer les microcrédits dès que leur montant atteint 50.000 frs alors que nous voulons lutter contre la pauvreté ?…. Il faut un autre Budget pour satisfaire les besoins de nos populations. Maintenir l’ancienne politique, c’est choisir l’option d’aggraver la pauvreté, c’est continuer à pénaliser les pauvres comme le Gouvernement l’a commencé depuis 2008. Il avait supprimé les taxes sur les matériaux de construction pour les villas de standing et imposé aux pauvres le paiement des mêmes taxes sur le fer à béton, le ciment, les appareils sanitaires, les tôles pour couvrir les cases etc. Au plan sanitaire, n’est-ce pas exposer la vie de nos compatriotes dialysés, des femmes qui ont subi la césarienne, des indigents dans les hôpitaux publics lorsque les crédits inscrits ne sont pas utilisés ? ». Des vérités qui révoltent et qui, visiblement, vont éclairer le peuple béninois. « Le Groupe parlementaire l’Union fait la Nation en appelle par conséquent à tous les députés pour des concertations afin que le Budget de l’Etat devienne un instrument de justice sociale, d’aménagement équilibré du territoire, de renforcement de la cohésion nationale et d’instauration de la paix ». Un souhait de l’opposition.
Félicien Fangnon