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justicePetites disputes, coup sec et mort s’en est suivie. Un geste au début anodin coûte la vie alors qu’on pouvait bien éviter. L’auteur de ce geste fatal répond devant la Cour d’un Chef d’accusation de coup mortel. Au terme de l’audience, Jean Agbantchémey est condamné à 60 ans de travaux forcés. La leçon de sagesse que porte le dossier inscrit au rôle des assises vendredi 13 avril 2018 s’intitule « patience ». L’accusé,contrit,  n’a pas mesuré les conséquences de son acte qu’il avait de la peine à expliquer clairement au juge. Les faits remontent au 14 janvier 2012. Ce jour, l’accusé, pris de colère, a lancé une pierre qui a atteint le crâne de son vis-à-vis qui a succombé  par la suite. De quoi retourne l’affaire ? En fait, Jean est un manœuvre au Port autonome de Cotonou. En décembre 2011, il a été sollicité avec son ami Abel Daïpar le sieur Elias Boya dans le cadre d’une opération de déchargement de marchandises. Le travail a été bien exécuté, mais à la fin, Elias qui avait déjà reçu en leurs noms, les frais de déchargement qui s’élevaient à 20.000 FCfa et qui devraient les payer était devenu introuvable. Après plusieurs recherches infructueuses, Jean a finalement retrouvé Elias dans l’enceinte portuaire le 14 janvier. Selon les confessions de l’accusé, Elias n’a pas été courtois à son égard. Les disputes ont donc été inévitables et une bagarre a éclaté entre les deux hommes. « …. Il a été le premier à me gifler. Je n’ai pas supporté l’affront », fait-il savoir. C’est de là que Jean fit quelques pas en arrière, s’empara d’un morceau de pavé et lança à Elias. Selon ses déclarations, l’intention n’était pas d’atteindre une partie vitale, mais de le corriger. « Je n’avais nullement l’intention de le tuer. J’ai lancé le morceau de pavé, mais malheureusement c’est à la tête qu’il a été atteint », a-t-il déclaré. Evacué à l’hôpital, Elias est décédé des suites de ses blessures le 20 janvier 2012.  Au cours de l’interrogatoire, l’accusé a reconnu les faits et sollicité la clémence des juges. Le Ministère public a requis 7 ans de travaux forcés et souligné qu’il s’agit de coups et blessures volontaires sans intention de donner la mort. L’avocat de la défense a plaidé coupable et demandé la libération de son client. Après les débats, le juge a condamné l’accusé à 6 ans de travaux forcés. En détention depuis le 31 mars 2012, il recouvre sa liberté.

 HA