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athanase-boco2Dans cette interview qu’il nous a accordée, le président délégué des Requins de l’Atlantique, Athanase Bocco, se réjouit de l’élection du Malgache Ahmad Ahmad à la tête de la Confédération africaine de football (Caf). Selon lui, la mauvaise gestion du football africain sous Issa Hayatou n’avait jamais rien arrangé. Lisez plutôt…

Issa Hayatou battu par Ahmad à Addis-Abéba. Avez-vous prévu une telle issue pour ces élections à la Caf ?

On pouvait prévoir comme on peut ne pas prévoir une telle issue des élections. Vous savez, comme on le dit souvent, on ne peut pas faire des omelettes sans casser des œufs. C’est une révolution qui parle d’elle-même et puis il fallait s’y attendre. J’avais dit qu’en 2017 on notera ces gens de mutations. Donc, ça ne m’étonne pas. Je profite pour vous dire tout de suite que j’en suis très content.

Content ! Pourquoi… ?

Simplement parce que, en fait ce que vous ne savez pas, le problème de la Caf est un problème interne au Cameroun. Et je vous l’explique aujourd’hui. C’est un problème purement politique. Si Hayatou est maintenu à la tête de la Caf, c’est pour que le président camerounais ait la paix chez lui entre « Haoussa » et « Bamiléqué ». Vous n’êtes pas sans savoir le problème d’Ayidjo. Ce n’est pas pour rien qu’au dernier moment, ils ont appelé les autres Chefs d’Etat pour maintenir Hayatou encore à la tête de la Caf. Prochainement, attendez-vous à une autre révolution à l’interne, au Cameroun. Ce n’est pas un « baobab » qui est parti pour moi, mais je vous concède que c’est le « baobab » du match qui s’en est allé. Si vous me dites que c’est le « baobab » de l’expérience, c’est nul. Je profite pour vous dire que le Benin a pris une grande part dans ces tractations. Cela me fait très mal aujourd’hui que le Bénin ne soit pas à la pointe de ces révolutions

Voulez-vous dire que c’est le football qui vient d’être libéré ?

Quand vous prenez la Copa America, l’Euro et consorts, et dernièrement au Gabon, vous n’avez pas vu les matchs où les gens courent et après s’arrêtent puis courent. Mais le niveau n’y est pas et c’est à cause de qui ? C’est à cause de la Caf, à cause de la mauvaise gestion dans les Fédérations, c’est la non continuité des championnats nationaux. Il y a toujours des crises au niveau des Fédérations, ce  qui fait que le niveau est à ce stade-là. Vous voyez, on ne peut pas comparer. Il n’y avait rien de positif.

En quoi cette débâcle de Hayatou est-elle une surprise ?

Tout est parti de l’élection d’Infantino à la tête de la Fifa, c’est normal de s’attendre à une révolution.  On balaie toujours partout.  La conférence nationale ici, vous avez vu comment ça a balayé l’Afrique. C’est parti de là-bas, il ne fallait pas voter pour Infantino et puis, d’autres ont dit non pourquoi ne pas voter pour lui ? On choisit qui on veut. Et puis les autres ont dit, les vieux n’ont  qu’à partir afin qu’on puisse révolutionner les choses, la jeunesse, les institutions du football. Malheureusement, quand on est prince, on sort toujours par la grande porte.  Mais quand un prince sort par la petite porte, c’est ça qui est honteux.

Vous avez poussé un ouf de soulagement quand le résultat est tombé. Peut-on désormais parler de la fin d’une époque ?

Je suis bien placé pour vous parler de ça aussi, car j’étais là-dedans. Je voyais comment les lettres pleuvaient. On appelle la Caf pour dire, je veux telle lettre et  la Caf disait quelle lettre tu voulais et on envoie. Puis, on met ça sur papier et on met l’entête. Après, on dit que cela vient de la Caf. Et puis nous aussi on y croyait, c’est ce qui fait que la population a été dupée pendant longtemps. Moi, je me rappelle quand on a signé le protocole d’accord avec le Chef de l’Etat à la présidence le 23 décembre 2016. Je me rappelle que quelqu’un bien ancré dans le football disait que la Caf va mettre tout ça en l’air. J’ai rigolé. Ils n’ont pas pu le faire car les lettres ne sont pas venues. Parce que c’était la Caf qui demandait à la Fifa d’envoyer les lettres et ça a changé à la Fifa aujourd’hui. Vous avez remarqué que nous ne recevons plus les lettres comme ça.  Ça a au moins diminué…

Quel doit être le mode de gestion du nouveau président ?

Ahmad Ahmad a été un joueur, un entraineur, après il a été ministre de son pays. Donc, ce n’est pas n’importe qui. Il a assuré de hautes responsabilités. Il faut qu’on n’arrête de dire n’importe quoi. Il va surement révolutionner le milieu. Il n’y aura pas un grand bouleversement au Bénin, car, je ne vois plus  ceux à quoi vont servir ces gens, qui se disent fils d’Hayatou. Actuellement, plus personne n’est roi. On sera libre désormais. Vous avez vu qu’on a perdu le poste de l’Afrique de l’ouest, on a été battu par le Nigérian par un score impossible 32 contre 17 seulement. Et quand vous voyez, le jeu a été bien joué. Demandez-moi pourquoi un grand comme Constant Omari qui est venu semer la pagaille ici, a eu 35 voix. Il passe parce qu’il est dans leur jeu déjà. Que vous le veuillez ou non, il y aura un impact sur le Bénin parce que ça  va arrêter la crise au Bénin. Et le Comité va faire son travail pour les dix-huit mois. On a déjà fait trois mois, donc il ne nous reste que quinze mois pour travailler. On fera les dix-huit mois et il n’y aura pas une seconde de plus. En plus, cela nous est possible aujourd’hui de mettre en doute le poste du président, parce qu’il faut être représentatif. Le président d’une Fédération doit mettre en place une institution qui puisse remettre en place un championnat cohérent dans notre pays. On dit que nous allons jouer deux matchs sans un championnat. Il faut que cela cesse.

Propos recueillis par

EAB