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bienvenueOn a vu s’organiser, presque partout dans le pays, l’élection des maires et de leurs adjoints. Beaucoup d’entre eux ont pris service. Mais dans les départements de l’Atlantique et du Littoral, les nouvelles autorités locales attendent la prise d’un arrêté préfectoral pour s’installer. Le poste du préfet étant vacant, on assiste à l’impasse.

A Cotonou où Léhady Soglo s’impatiente de s’installer dans le fauteuil de son père, à So-Ava où Sergio Léon Hazoumè a bénéficié de la confiance du Conseil communal, à Zè où on verra Joseph Dagbénon poursuivre l’expérience tout comme Sévérin Adjovi pour le compte de Ouidah, à Allada qui sera dirigé par Mathias Djigla, à Kpomassè, Torri-Bossito, Toffo où les nouvelles autorités sont connues et en attendant Abomey Calavi, c’est l’impasse. L’alinéa 2 de l’article 404 du Code électoral stipule que les résultats de l’élection du maire et de ses adjoints sont constatés par arrêté préfectoral publié au Journal officiel. Mais force est de constater que le poste du préfet des départements de l’Atlantique et du Littoral est vacant depuis la nomination de Placide Azandé au gouvernement en qualité de ministre de l’Intérieur, de la sécurité publique et des cultes. Il est vrai qu’après sa nomination, c’est le secrétaire général de la Préfecture qui gère les affaires courantes. Il a présidé les séances d’installation des nouveaux conseillers communaux et municipaux, de même que l’élection du maire et de ses adjoints. Mais, il n’est pas qualifié pour se substituer au préfet pour constater le verdict du processus comme l’exige l’article 404 du Code électoral. En la matière, ce dispositif ne crée aucune confusion. Il ne donne aucun pouvoir au secrétaire général à prendre un tel arrêté. De même, la loi n’a pas prévu, en cas de vacance du poste du préfet, que les résultats de ces élections soient constatés par son intérimaire encore moins par la Cour suprême, juge du contentieux des élections locales et communales. La loi est claire en précisant que c’est le préfet qui a compétence en la matière. Mais son successeur n’étant pas nommé, aucun arrêté ne peut être pris pour constater l’élection du maire et de ses adjoints dans les communes sous tutelle. Le gouvernement tarde à trouver un remplaçant à Placide Azandé et cela constitue le motif du blocage des passations de service au niveau des administrations locales qui ont changé de main. Au lendemain de la formation du dernier gouvernement en date sous Yayi Boni, le départ de Christian Sossouhounto de la tête du ministère de l’Urbanisme a laissé courir les rumeurs selon lesquelles, le chef de l’Etat l’a recasé à la préfecture et qu’il devrait succéder à Placide Azandé. Mais rien n’y fit. A partir de ce moment, il y a impasse partout où les élections ont eu lieu. En réalité, les choses avaient déjà mal commencé. Qu’on soit d’un côté ou de l’autre, tous admettent que les élections locales et communales ont fait tache d’huile dans le pays. Malgré des scrutins émaillés de fausses notes que la Céna a déclarés honnêtes, les conseillers élus ont été installés. De même, les maires et leurs adjoints ont été élus. Par endroits, le processus a fait l’objet de vives protestations et de contestations et on se demande si la Cour suprême aura l’indulgence de suivre les dérives des préfets et celles de la Céna ou elle remettra tout en cause.

 Fidèle Nanga