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Gbadamassi ébranle Yayi

Yayi, aux abois, brandit la peur. Le disc des communiqués incohérents orientés contre des personnalités politiques est rayé. Yayi, en fin de mandat, doit changer de méthode d’influence pour éprouver les Béninois, car ils sont déjà tous anesthésiés.

Le communiqué du régime finissant de Yayi présente, comme toujours, des faiblesses légendaires. La première difficulté se trouve au niveau de la forme. On serait à l’aise s’il s’agissait d’un communiqué des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) car les propos du député ont indexé Lionel Zinsou en qualité de candidat des Fcbe et non de Premier ministre. L’intéressé est candidat d’une Alliance et le respect des formes veut que le communiqué émane du Parti qui l’a désigné et non d’un gouvernement qui est une institution de la République. Au-delà de ce préalable important, il faut reconnaître que tout Béninois a le droit de se présenter à une élection dès lors qu’il remplit les préalables constitutionnels. Les questions d’identités ne doivent pas être des prétextes politiques. Ceci, tous les Béninois le savent. Le gouvernement de Yayi n’a pas à le rappeler et même à juger les propos des autres. Tout le monde sait que Gbadamassi est un appui politique important des Fcbe et que son départ provoque l’ire de Yayi. On sait que lorsqu’on n’est plus prêt à s’agenouiller devant Yayi, il se sert du pouvoir d’Etat pour brandir la peur. Les mobiles de ce communiqué sont politiques. Gbadamassi a toujours injurié l’opposition. Yayi n’a jamais dit que ses propos sont anticonstitutionnels. Il a traité les opposants de tous les noms d’oiseaux. Le Chef, dans son salon, jouissait devant les écrans de sa télévision. Maintenant qu’il se décide de le quitter, il fronce les sourcils et trouve qu’il est raciste. Le disc des communiqués est rayé. Il faudra impérativement que Yayi nous le change.
 Il n’a pas parlé de Boko Haram
 Nul part Rachidi Gbadamassi n’a dit que la candidature de Lionel Zinsou est de nature à susciter la colère de Boko Haram. A moins que le Secrétaire général du gouvernement dispose d’une autre bande. Ce qu’on croit avoir écouté est exactement ceci : « Quand vous prenez les quatre départements du Nord, ils sont plus proches du Nigeria. Quand vous prenez le camp nigérian, j’ai des informations au sujet de leurs réticences par rapport à la candidature de Lionel. Zinsou, Président de la République du Bénin, c’est une menace pour la sécurité et la paix sociale ». Les mots sans doute sont forts, mais à aucun moment l’intéressé n’a évoqué le nom de la secte islamique. Mais au fond, le gouvernement veut faire la morale à qui ? Lorsqu’en 2014, le Chef de l’Etat, depuis Boko dans le nord du Bénin, a fait des déclarations suffisamment graves sur la secte, est-ce qu’il avait conscience qu’elles étaient de nature à menacer la paix au Bénin. Lorsque dans ses interventions dans les conférences internationales, il se permet de déclarer qu’il faut anéantir le terrorisme, il ne s’est pas rendu compte de la gravité de ses propos. C’est maintenant qu’il découvre que les déclarations de Gbadamassi sont  « de nature à susciter la haine contre notre pays et à le jeter en pâture à la colère terroriste ». Ce gouvernement est spécial. L’autre péché du communiqué est qu’il tente de défendre ce qu’il combat. Tout le monde est unanime sur le fait que les questions identitaires sont à bannir, mais le gouvernement s’embourbe encore dans des justifications sans fondement  en tentant de démontrer que Zinsou est un franco-béninois à l’instar de Hubert Maga, Nicéphore Soglo, Robert Dossou. Inutile d’entrer dans les détails. Les deux derniers personnages citées pourront certainement, le moment venu, expliquer si la comparaison vaut la peine.
AT
Extrait des propos de Rachidi Gbadamassi
« Les moutons se suivent mais n’ont pas le même prix. Au sein des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), il y a deux sons de cloche. Vous pensez que si c’était un homme comme Komi Koutché, ou Kassa ou Arifari, qui est candidat, je serai contre ? Je ne vais pas trahir la mémoire du président Mathieu Kérékou. Je ne trahirai pas la mémoire de Bio Guéra, de Maga, de Kaba, de Béhanzin. Je sais ce que mon maître pense de la colonisation. La recolonisation, je dis non. Le candidat Lionel Zinsou, pour moi, n’est pas le candidat des Fcbe. C’est un candidat qui nous est imposé. Je ne suis pas convaincu. Il me manque d’éléments d’appréciation politique. Lorsque le choix du candidat Lionel Zinsou nous a été imposé, je suis venu à Parakou. J’ai fait des consultations au niveau des jeunes. Les gens ne veulent pas du candidat Lionel Zinsou. Les têtes couronnées m’ont dit : « Si c’est la députation, nous allons toujours voter pour toi. Mais ce que tu amènes là, nous n’allons pas voter ». On ne fait pas du forcing. J’ai l’obligation morale de dire la vérité. Mais les gens qui sont autour de lui, compte tenu des postes qu’ils occupent, ne peuvent pas lui dire la vérité. C’est à cause de leurs postes. Le candidat Zinsou est ramené pour régler un compte. Il y a aussi la question de la sécurité de nos frontières. Quand vous prenez les quatre départements du Nord, ils sont plus proches du Nigeria. Quand vous prenez le camp nigérian, j’ai des informations au sujet de leurs réticences par rapport à la candidature de Lionel. Zinsou, Président de la République du Bénin, c’est une menace pour la sécurité et la paix sociale. C’est la mauvaise gestion politique sur le plan international qui fait que partout dans le monde il y a des attentats. Nous avons besoin d’un président qui va nous rassurer sur le plan de la sécurité. Je suis comptable du régime en place, mais il ne faut pas que cela continue. Yayi Boni, c’est Yayi Boni. Là, il ne s’agit pas de Yayi Boni. Il s’agit d’un autre candidat. Le jour où nous allons faire notre mobilisation à Parakou il va comprendre que beaucoup ne sont pas avec lui. Celui qui m’a dit d’aller vers Ajavon, je le dirai le moment venu ».