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Le président Adam Boni Tessi et les conseillers en attente de satisfaction

Le président de la République, Yayi Boni, a reçu en audience les membres de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac). La rencontre qui a eu lieu le vendredi 02 octobre 2015, s’est soldée par la prise d’un nouveau rendez-vous pour ce jour ou demain mardi 06 octobre 2015.

Les problèmes de la Haute autorité de l’audiovisuel et de la communication (Haac), demeurent intacts. A l’issue de l’audience que le président Yayi Boni a accordée aux Conseillers de l’Institution, un nouveau rendez-vous est pris pour ce lundi ou demain mardi. Les membres de cette institution créée suivant les dispositions des articles 142 et 143 de la Constitution devront encore garder leur mal en patience. Vendredi dernier n’était pas le meilleur jour pour la résolution des problèmes de l’instance de régulation des médias. La rencontre faisait suite à un mouvement d’humeur qui a cours à la Haac depuis un mois. Son but était de dégeler la situation de grève en donnant des moyens roulants aux conseillers de la Haac, afin de leur permettre d’accomplir aisément leur mission. Qu’il soit rappelé à la mémoire de tous que le mardi 29 septembre 2015, les Conseillers à la Haac, convoqués pour prendre part à la seconde session ordinaire de l’année 2015, n’ont pu répondre à l’appel de leur président, Adam Boni Tessi qui s’est retrouvé seul. C’est donc pour pallier cet état de choses qui n’honore guère la République que le Chef de l’Etat a accordé aux Conseillers de la Haac, l’audience du vendredi 02 octobre. Seulement, au terme de cette rencontre, rien n’est à mettre sous la dent. La clef de voûte qui doit permettre de régler les nombreux problèmes de la Haac se trouve entre les mains du ministre en charge des finances, Komi Koutché qui était en mission hors du territoire national.

 Une institution humiliée

 Le traitement que subi la Haac de la part de l’Exécutif est des plus humiliant. Depuis la Conférence nationale, aucun gouvernement fut-il de Nicéphore Soglo ou Mathieu Kérékou n’a privé la Haac de moyens. A l’occasion de la cérémonie d’investiture du président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji, le vice-président de la Haac a été contraint de rebrousser chemin. En effet, il était à bord d’un véhicule banalisé, qui ne portait aucun attribut l’Etat. Les agents de sécurité ont dû l’obliger à ne pas prendre place parmi les officiels. Il a été humilié comme un vil individu. Et pourtant, il s’agissait bien de la 2ème personnalité de l’institution constitutionnelle de régulation des médias. Et comme un malheur n’arrive jamais seul, pour écouter les Conseillers à la Haac, l’attente a été très longue au Palais de la présidence de la République. Cela témoigne le peu d’intérêt que le chef de l’Etat accorde aux membres de cette institution. Dans les normes administratives qui exigent la courtoisie entre institutions de la République, il est indécent que le président de la République inflige une telle punition aux représentants d’une autre institution. Si ce n’est pas un mépris, c’est donc une question de mauvaise gestion de l’agenda. On ne saurait faire attendre indéfiniment dans les couloirs de la présidence, les membres d’une institution à qui on a fait appel pour un travail. La Haac mérite mieux et son image doit être restaurée à travers des actes qui la maintiennent dans la hiérarchie des institutions constitutionnelles.

 Jean-Claude Kouagou