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ASSEMBLEE-2Les secrétaires généraux des Confédérations et Centrales syndicales, ainsi que la société civile, ont pris part le lundi dernier à l’audience publique sur le Budget Général de l’Etat, exercice 2017, au Palais des gouverneurs, à Porto-Novo. Devant la commission des Finances, ils ont pris connaissance des innovations contenues dans le document et fait des observations pertinentes. Au nombre des innovations, figure la taxe sur le transport qui varie de 20 à 60 mille Fcfa. Autrement  dit, les véhicules 4 roues de transport en commun ou personnel, seront astreints au paiement annuel de ladite taxe. La conséquence directe de l’instauration de cette taxe, c’est l’augmentation des tarifs de transport dès l’année prochaine. La Cstb, la Cgtb et la Csa sont les confédérations et centrales qui ont pris part à cette audience, au titre des syndicats, Social Watch et Alcrer au titre de la société civile. Ce jour, les audiences se poursuivent avec le patronat, la Ccib, l’Ancb et la chambre d’agriculture.

Réaction des participants à l’audience du lundi

Gustave Assah, président/Social Watch-Bénin: « Nous avons exprimé des inquiétudes »  

« (…) Nous avons exprimé des inquiétudes en ce qui concerne la formulation de ce budget, non pas sur les dépenses, mais sur les recettes parce que nous savons que, depuis un certain nombre d’années, nous n’avons pas pu faire des recettes à la hauteur de ce qui est projeté pour 2017. Des discussions que nous avons eues avec les députés, nous avons compris que le tout ne suffit pas de faire des propositions sentimentalistes. Il faut faire des propositions beaucoup plus en amont, c’est-à-dire mettre en place un dispositif qui soit en synergie avec le rôle des parlementaires et le rôle des Ministres sectoriels, parce qu’effectivement, les députés n’élaborent pas le budget général de l’Etat ».

Anselme Amoussou, Sga /Csa-Bénin : « Le gouvernement est resté dans une logique de refus de dialogue social »

«… Nous avons eu une bonne écoute des députés qui ont pris l’engagement de faire en sorte que nos préoccupations soient prises en compte par le gouvernement dans le cadre de l’étude du projet de budget,  gestion 2017. Ils nous ont juste demandé quelques précisions, notamment un document de synthèse de toutes nos préoccupations. A travers ce projet de budget, le gouvernement est resté dans une logique de refus de dialogue social. Nous avons apprécié cette pratique instaurée par la Commission budgétaire de l’Assemblée nationale qui consiste à écouter les syndicats des travailleurs avant l’étude et le vote du budget. Nous n’avons pas été associés en amont à l’élaboration de ce projet de budget. Ce qui fait qu’en ce qui concerne les mesures sociales, il n’y en a pas de fortes pour prendre en compte le taux de pauvreté grandissant dans notre pays. Avec l’arrivée du nouveau régime, il y a des mesures qui ont été prises et qui suppriment des avantages aux travailleurs (…) Nous avons évoqué la question du Régime d’assurance maladie universelle (Ramu). Le gouvernement, sans avoir fait une évaluation de l’application du Ramu, sans avoir faire appliquer la loi votée sur le  Ramu, s’est plutôt vu obligé d’abroger cette loi. Les députés devraient interpeller le gouvernement sur cette question, parce que le Ramu est un formidable outil de solidarité nationale qui prend en compte les plus pauvres. Nous n’avons pas vu des mesures phares pour la lutte contre la corruption. Au contraire, le gouvernement a fixé d’autres taxes comme cette nouvelle taxe qu’on appelle taxe sur le transport routier et qui doit être payée par tous les usagers de la route. Nous avons déjà, sur les axes principaux de notre pays, des postes de péage et de pesage. Quelle est cette nouvelle taxe qu’on crée et qui peut aller jusqu’à 60.000 FCfa pour certains véhicules ? Nous avons déploré le fait ».

Martin Aïhonnou (Coll)