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Le passé rattrape l’ancien président et ses hommes

L’opération de détection des faux diplômes dans l’Administration publique, les résultats des enquêtes sur la gestion des deniers publics, les personnes épinglées par l’audit des redevances des véhicules d’occasion en transit,  les degrés de responsabilités établies dans le dossier des concours frauduleux. Tout cela révèle les supercheries et les actes de corruption qui ont émaillé la gouvernance Yayi. D’autres opérations en cours risquent d’alourdir la note et de mettre plusieurs barons de l’ancien régime sur le banc des accusés.

Les résultats des premiers audits  lancés  par le régime du Nouveau départ donnent raison à ceux qui ont appelé de tous leurs vœux à ce qu’on demande des comptes à l’équipe dirigée par Yayi Boni. Beaucoup ont demandé aux nouvelles autorités d’enquêter sur les forfaits présumés de cette équipe et en cas d’actions illégales, d’entamer contre les responsables des poursuites. Plusieurs affaires et scandales dont on accusait le régime défunt étaient abondamment cités, mais n’ont jamais été élucidés. Icc-Services, machines agricoles, Cen-Sad, siège de l’Assemblée nationale, Dangnivo, Bernadette Agbossou, avion présidentiel, concours frauduleux….Le chef de l’Etat qui avait promis pendant la campagne qu’il luttera contre l’impunité se trouve ainsi renforcé par l’opinion publique qui exige que la lumière soit faite sur ces dossiers. A la date d’aujourd’hui, un seul parmi cette série a fait l’objet d’une enquête et les résultats sont connus. Deux anciens ministres : Komi Koutché et Yaya Aboubacar   et des responsables du ministère de la fonction publique sont sur le banc des accusés. De nombreuses personnes seront écoutées par la justice dans le cadre des poursuites qui font leur bonhomme de chemin. En ce qui concerne les faux diplômes, les fonctionnaires détectés risquent également gros pour leur liberté. Car, ils sont déjà radiés de la Fonction publique et devront répondre de leurs forfaits. La procédure pourrait s’étendre à leurs complices, tapis dans l’ombre pour le moment à consulter les astres pour ne pas être rattrapés par le passé. Il n’en est pas moins pour les barons du même régime défunt épinglés par l’audit des redevances des véhicules d’occasion en transit. En dehors des noms des gros bonnets qui sont cités, d’autres se cachent derrière des sociétés qui opèrent sur la plateforme portuaire, lesquelles sont dans le viseur de la justice saisie pour engager des actions contre les intéressés. Sauf le dossier relatif aux concours frauduleux,  les autres qui sont très attendus ne sont pas encore touchés, mais une bonne kyrielle d’intouchables sous l’ancien régime sont déjà sur le banc des accusés. On se demande ce qui adviendra si tous les dossiers évoqués venaient à être élucidés. Tous iront en prison. Beaucoup de Béninois rêvent de voir les caciques de l’ancienne équipe, menottes aux poignées et jetés en prison. Car, la plupart sont devenus trop riches et très vite. Ne pas lancer des poursuites contre eux et ne pas chercher à faire la lumière sur les autres dossiers, illustrera la faiblesse du système judiciaire et laissera une mauvaise image de l’actuel pouvoir.
 Une note salée
 Du Changement à la Refondation ! C’est une note bien salée, un bilan catastrophique matérialisé par une gouvernance décevante et la faillite des bonnes pratiques et l’éthique. Les accusations contre l’ancien régime, l’image ternie de tout un peuple ont  suscité le réveil d’un pays fatigué d’un pouvoir couvert de crimes et responsable, en grande partie, des maux des errances qu’on connait et qui ont pour noms : la corruption, le tribalisme, la gabegie, la politique du copinage, l’absence de contrôle dans la gestion des affaires publiques….. Sous le signe du Nouveau départ, le régime du président Patrice Talon veut assainir l’administration publique et instaurer une nouvelle gouvernance qui inspire confiance et débarrassée de tous ces maux. Malgré la promesse du chantre du Nouveau départ de ne pas faire la chasse aux sorcières, les occasions de demander des comptes à l’ancienne équipe se sont présentées d’elles-mêmes et obligent les nouvelles autorités à enquêter sur la gestion de l’ère Yayi. Au-delà de ce que tous les ingrédients étaient réunis pour fouiller dans le passé de ceux qui ont rendu le pouvoir le 06 avril 2016, il y a les promesses de campagne du candidat de la Rupture, Patrice Talon. Il avait fait de la lutte contre la corruption et l’impunité, la modernisation et la dépolitisation de l’Administration des thèmes de campagne qui ont trouvé un écho favorable auprès des électeurs. Il ne sert à rien de promettre et, une fois au pouvoir, de ne pas tenir parole. Depuis qu’il est arrivé à la tête du pays le 06 avril 2016, Patrice Talon travaille sans désemparer et affiche sa volonté de changer les choses. Le peuple a assez souffert, et il faut le soulager en lui rendant justice.
FN