Spread the love

auguste-amoussouAuguste Amoussou alias « Super manager » est un manager professionnel exerçant depuis une dizaine d’années environ. Ayant coaché la carrière de plusieurs artistes au Bénin, il a acquis une expérience qui lui permet d’inscrire son nom dans le domaine du management. Il nous parle de son métier dans cette interview.

Le Matinal : Qu’est-ce qu’un manager ?

 Auguste Amoussou : Un manager  est un passionné de la musique et de la culture en général. Il n’est pas censé avoir un haut niveau intellectuel, mais il doit chaque fois se cultiver. Cela lui permettra de bien s’exprimer et de défendre ses intérêts et ceux de son artiste. C’est généralement un stratège. Il doit avoir d’expériences dans tous les domaines pouvant aider l’artiste à mieux remplir ses fonctions.

 Quel est le rôle du manager ?

 Le manager est le confident et le coach de l’artiste. C’est lui qui gère la carrière de l’artiste à court, moyen et à long termes en élaborant son plan de carrière et en développant toutes les politiques pouvant contribuer à la promotion de l’artiste.

 Existe-t-il au Bénin, une règlementation en vigueur qui encadre la profession du management ?

 Non, au Bénin, il n’existe aucune règlementation qui encadre les managers. Nous pensons à cela et nous prenons les dispositions pour que cela soit effectif.

 Nous constatons aujourd’hui que des managers rendent la vie difficile aux journalistes et autres acteurs culturels en voulant jouer leur rôle de protection des intérêts de l’artiste. Comment expliquez-vous cet état de choses ?

 C’est ahurissant. Moi personnellement, je n’accepte qu’aucun artiste ou un manager manque de respect à un communicateur, un animateur ou à un journaliste. De la même manière, je n’accepterai qu’aucun de ces derniers manquent aussi de respect à l’artiste ou au manager. L’artiste doit un respect total aux hommes des médias. De la même façon, le manager qui a de problèmes avec les journalistes est cuit. Les managers doivent être amis avec les journalistes. C’est un travail de complémentarité qui se fait entre nous. Ce que les managers doivent comprendre est que sans les journalistes ou les animateurs, votre artiste ne bénéficiera pas d’une bonne promotion de ses œuvres. Il faut que nous puissions nous comprendre afin que les managers n’empêchent pas les journalistes et animateurs de remplir leurs rôles.  Il ne doit pas avoir de conflits entre les managers et les professionnels des médias. D’ailleurs, je fais partie de ces managers qui pensent que quand l’artiste perçoit un cachet, qu’il doit accorder ne serait-ce que 5% aux hommes des médias.

 Que gagne un manager quand un artiste décroche un marché ?

 Le manager gagne 20% sur tout cachetnet qui revient à son artiste. Si l’artiste est en autoproduction, et il perçoit 100.000 Fcfa, le manager a droit automatiquement à 20.000 Fcfa. Mais quand l’artiste est avec un producteur, ce dernier gagne un pourcentage et le manager perçoit son quota dans ce qui revient à l’artiste, car il est au service de celui-ci.

 Vous êtes le secrétaire général et porte-parole de l’Association des managers culturels actifs du Bénin (Amacab). Quelles sont ses prérogatives ?

 Vous savez, c’est au cours d’une de mes sorties que l’idée m’est venue de mettre en creuset tous les managers culturels afin d’empêcher les artistes de s’autogérer. Le milieu culturel est un milieu où il existe des challenges, la jalousie et chacun veut travailler pour se faire un nom. Par ailleurs, nous avons fait un constat amer. Les associations culturelles ont été gérées par des artistes au détriment des managers qui sont chaque fois en contact avec les promoteurs de festival et autres acteurs culturels. Il y a aussi des managers qui exercent la profession sans détenir les diplômes requis. Ce qui ne contribue pas au développement du monde culturel béninois. Donc il faut que nous nous formions et nous participions aussi à la formation des autres collègues. C’est d’ailleurs le but principal de l’Amacab. C’est aussi une association qui permettra aux managers de respecter les normes du management sur le plan international. Les managers sont dans tous les domaines culturels. L’Amacab est né pour fédérer l’ensemble des managers dans un même creuset. L’autre objectif de l’Amacab est d’assainir le milieu des managers. Le bureau de l’association est composé de neuf membres. Il est présidé par Eusèbe Dossou.

 Quels sont les succès enregistrés par l’Amacab ?

 Nous avons fait des exploits. Nous avons initié une dizaine d’activités et de formations à l’endroit  des membres. Nous nous sommes affiliés à l’Association des managers de la France, et l’Association  mondiale des managers. Nous avons établi des partenariats avec beaucoup d’autres associations. Nous œuvrons chaque jour pour la promotion et la valorisation des artistes et des managers du Bénin. L’Amacab se bat également pour la présence des artistes béninois lors des grands rendez-vous musicaux au Bénin, en Afrique et  dans le monde.

 Revenons à votre profession. Auguste Amoussou a géré déjà la carrière de combien d’artistes?

 J’ai géré la carrière de beaucoup d’artistes. Actuellement, je suis un conseiller en management. Quand je sens qu’un artiste a du talent, mais qu’il n’a pas un bon manager, j’interviens afin d’aider le staff. Au nombre des artistes avec lesquels j’ai travaillé, on note GgLapino, Les frères Guèdèhounguè, V-phint, Jospinto, Miss espoir, Wilf Enighma et Kalamoulaye. J’ai aidé pleins d’autres artistes bien que je ne sois pas leur manager. Actuellement, je coache une vingtaine de managers. 

 Qu’est ce qui fait vos qualités ?

 En effet, j’ai fait carrière dans beaucoup de domaines. Je suis pluridimensionnel. J’ai fait l’audiovisuel, la caméra, le montage, la réalisation et le journalisme. Je me suis engagé dans beaucoup de formations. Je fais des recherches. Je lis beaucoup. C’est peut-être ça qui fait ma force.

 Que direz-vous pour finir cet entretien ?

Je demanderai que les artistes soient reconnaissants vis-à-vis de ceux qui contribuent à l’avancement de leur carrière musicale. Que ce soit manager, membre du staff, journalistes et animateurs. Il faut une union entre les acteurs culturels. Je vous remercie pour l’intérêt porté à ma modeste personne.

Propos recueillis par Mohamed Yasser Amoussa (Coll)