Spread the love

Aurelie-AdamLa ministre de l’Economie numérique et de la communication a délivré hier mercredi 2 mai 2018, dans le cadre de la Journée internationale de la liberté de la presse un message. Dans son adresse, Aurélie Adam Soulé a rassuré de la poursuite des dispositions qui sont en cours pour la vulgarisation du Code de l’information et de la communication et l’assainissement du secteur de la presse. Lire son message. 

 Message de la ministre de l’économie numérique et de la communication

 Aujourd’hui 3 mai 2018, le monde entier célèbre la 25ème édition de la Journée Mondiale de la Liberté de la Presse.

A l’occasion de cette importante journée initiée par l’Unesco et visant à protéger les médias contre les différentes formes de violences, je me fais l’heureux devoir de saluer avec beaucoup d’admiration les professionnels des médias de notre pays, en signe de reconnaissance de la qualité de leur contribution à la construction d’un Etat de droit au Bénin.

Par leur plume, leur micro et leur caméra, les hommes et les femmes qui exercent ce métier ne cessent de produire un travail qualitatif qui permet à notre démocratie de connaître des avancées notables.

La qualité de ce travail permet à notre pays d’être en phase avec le thème choisi par l’Unesco pour la célébration de l’édition 2018, à savoir «  Médias, justice et Etat de droit : les contre-poids du pouvoir ». Ce thème qui met en cohérence les médias avec les contre-pouvoirs, vise surtout à mettre en relief les interactions de nécessité qui existent entre les médias, le pouvoir judiciaire et l’Etat de droit pour le développement durable à l’horizon 2030. 

Des réflexions précises sont attendues par l’Unesco, à travers ce thème. Certaines méritent d’être mentionnées, à savoir :

la liberté de la presse et l’accès à l’information ;

l’appui du système judiciaire à un journalisme libre et sûr ;

la liberté d’expression en ligne et l’autoréglementation.

Je me réjouis qu’à l’occasion du classement de Reporters sans frontières, notre pays, une fois encore, n’ait pas été étiqueté comme un prédateur de la liberté de la presse. En effet, le Bénin ne compte pas de journalistes tués, de journalistes emprisonnés et d’arrestations arbitraires de journalistes et aussi bien le Gouvernement que les professionnels des médias sont invités à continuer les efforts.

Je félicite tous les acteurs, tous les partenaires techniques et financiers, tous ceux et toutes celles qui œuvrent  inlassablement pour l’amélioration de la situation du journaliste béninois. Je remercie tout particulièrement la Haac pour ses initiatives sans cesse renouvelées visant à renforcer la protection de la liberté de la presse. Je félicite aussi l’Union des professionnels des médias du Bénin, le Conseil national du patronat de la presse et de l’audiovisuel du Bénin, l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias qui font un travail profond pour renforcer l’assainissement de la corporation.

Quant au gouvernement et son Chef, le président Patrice Talon, ils poursuivront les efforts déjà en cours pour le renforcement des conditions d’exercice du métier de journaliste.  A cet effet, je voudrais indiquer que l’accès aux sources publiques d’information s’imposera progressivement à toutes les administrations et à toutes les sources publiques détentrices d’information. Des dispositions sont en cours pour la vulgarisation du Code de l’information et de la communication et l’assainissement du secteur de la presse. 

Par ailleurs, le projet phare de passage à la télévision numérique terrestre  qui est en pleine mise en œuvre avec le déploiement et la construction du réseau de collecte et de diffusion révolutionnera le paysage audiovisuel de notre pays. Ses différentes actions permettront de traduire dans les faits la détermination du chef de l’Etat, le président  Patrice Talon, d’« Assurer la liberté de la presse et l’accès équitable de tous aux organes de service public ».

 Vive la presse béninoise

Vive le Bénin

L’autonomisation des médias pour une vraie liberté

Le 3 mai de chaque année est consacré à la célébration de la journée internationale de la liberté de la presse. Cette célébration sera particulière  cette année au regard des acteurs des médias qui prévoient des formations et autres débats sur la question de la liberté. Les conditions pour une réelle liberté de presse suscitent autant de réflexions chez les hommes des médias. Mais la sécurité du journaliste ainsi que le volet social sont indispensables à cette  liberté.

Les conditions d’exercice d’une vraie liberté passent d’abord par l’autonomisation des médias. En tout cas, c’est ce que pensent la plupart des professionnels interrogés à ce sujet. Et cela pourrait passer selon eux, par le regroupement des entreprises de presse pour en faire de grosses entités. Cela va non seulement régler le problème des organes de presse à la solde de certains hommes politiques, mais également, l’épineux problème des arriérés salariaux.  Il serait donc souhaitable selon le directeur de la télévision Carrefour, Bertrand Mingbléto, « de mutualiser les efforts pour créer de grands regroupements d’entreprises de presse. Le thème de cette 25ème édition pourrait peut-être illustrée cette opinion : « Médias, justice et Etat de droit : les contrepoids du pouvoir ». Une thématique qui se penche sur l’interaction entre les médias, le pouvoir judiciaire et l’état de droit. Et à peu près dans le même sillage, le journaliste Tanguy Agoï de Canal 3  Bénin énumère trois conditions pour une jouissance parfaite de cette liberté. Le premier niveau concerne le journaliste lui-même. Sa liberté. Que ça soit du point de vue salarial ou sécuritaire. A partir même de l’Etat, qui doit lui garantir la sécurité comme le stipule la loi fondamentale. Ce qui n’est toujours pas le cas, surtout quand le journaliste se retrouve dans une certaine position qui n’arrange pas forcément un régime. Le second niveau aborde la gestion des organes de presse. « Si un organe de presse est tenu par le pouvoir de l’argent, et le pourvoir publique, on ne saurait parler de liberté ». La question de la conscience professionnelle doit aussi figurer au niveau trois, selon Tanguy Agoï. C’est dans ce sillage que le président de l’Observatoire de la déontologie et de l’éthique dans les médias (Odem), Guy Constant Ehoumi, explique: « La liberté de la presse fait référence à des conditions optimales d’exercice du métier de journalisme ». Il insiste surtout sur l’accès aux sources. « Il faut des textes qui encadrent le travail du journaliste mais qui lui garantissent par exemple, l’accès aux sources de l’information, sa sécurité et l’exercice de la fonction dans les conditions optimales ». Cette liberté que prône le 03 mai fait donc réfléchir bon nombre de professionnels. C’est certainement dans cet ordre d’idées que depuis trois ans, les professionnels des médias se retrouvent autour de l’initiative Journée des médias du Bénin (Jmb) pour penser à leur corporation et des pas à poser pour la liberté totale de la presse.

 Maximilienne Manodey

(Stag)