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Le ministre de la Santé, Alassane Séidou, doit envisager une nouvelle politique contre l’automédication

L’automédication est un traitement sanitaire sans avis médical. Dans les départements du Mono et du Couffo, nombreuses sont les populations qui pratiquent cette méthode pour se soigner. Elles ignorent tout des conséquences fâcheuses sur leur état clinique.

L’automédication constitue un problème majeur de santé publique. Elle  consiste pour un individu recourir à un médicament de son gré ou sur conseil d´un proche, dans le but de soigner une infection, sans avoir recours à un professionnel de la santé. Considérée comme un phénomène menaçant la santé de la population, l’automédication engendre d’énormes conséquences, dont les résistances microbiennes envers les médicaments, les accidents médicamenteux, les interactions médicamenteuses non bénéfiques. Malgré les impacts négatifs que l’automédication a sur la santé de l’homme, les populations du Mono-Couffo n’hésitent pas à s’adonner à cette méthode qu’elles appellent ‘’Premiers soins’’.  A en croire le médecin Bagnan Batassou, les risques que les patients courent en adoptant sont nombreux. Il y a les infections respiratoires, les infections mal traitées, le diabète, l’impuissance sexuelle, la cirrhose, les intoxications accidentelles, les hémorragies et les effets indésirables des médicaments. « Il peut y avoir également une aggravation sournoise de l’état du malade pouvant aboutir à la mort. Par exemple, celui qui souffre de la fièvre typhoïde et se traite avec les antipaludéens peut aggraver son mal et en mourir. Il en est de même pour celui qui souffre des infections urinaires et qui se traite avec des antiseptiques urinaires inadaptés », renseignent Dr Bagnan Batassou. Le spécialiste en santé ajoute : « Prenons encore l’exemple du paludisme. Si vous souffrez de ce mal et que vous prenez du paracétamol. Le Plasmodium étant dans le corps, cela peut entraîner le paludisme grave, le coma et même la mort.  Ainsi, la tension peut monter et vous allez en mourir ». Le médecin poursuit : « Si vous prenez un médicament qui traite de l’ulcère dont l’effet secondaire est l’avortement. Vous pouvez provoquer la mort de votre bébé. Le non-respect des prescriptions médicales ont souvent des conséquences graves sur la santé», déduit-il. Pour le médecin généraliste, Précieux Oké, en service au centre de santé de Comè, celui qui, sans l’avis d’un médecin, prend des Salicylées, peut aggraver les risques d’ulcère. « Il en est de même pour celui qui prend malencontreusement de la quinine. Il peut avoir des démangeaisons pouvant aboutir à la somnolence», fait-il savoir. Au regard de toutes ces conséquences, les médecins généralistes en service dans les départements du Mono et du Couffo ont indiqué qu’il y a des signes et symptômes qui poussent les populations à adopter cette attitude suicidaire.
 Causes et remèdes
 Les signes et symptômes qui amènent les populations à adopter l’automédication sont relatifs aux maux de tête,  au paludisme et aux vers intestinaux. Ils ont indiqué que parmi ces maladies, ce sont les maux de tête et le paludisme qui viennent en tête. « Lorsque les populations sentent ces malaises, elles se dirigent directement vers les vendeuses de faux médicaments pour les acheter afin de calmer leurs douleurs », confie le médecin généraliste, Précieux Oké. Selon lui, les premiers médicaments qui sont les plus recherchés par ces personnes sont les paracétamols, les antalgiques, les antibiotiques, les vermifuges, les anti-inflammatoires. Mais, les phénomènes qui favorisent l’automédication sont liés au faible pouvoir d’achat des populations, la prolifération des vendeurs de faux médicaments, le coût élevé de la prise en charge des malades dans les formations sanitaires, l’insuffisance en infrastructures et personnels sanitaires. Face à cette situation, il a plaidé pour un changement de comportement des patients qui s’adonnent à cette pratique. Pour une lutte efficace contre ce phénomène, il a invité les gouvernants à sensibiliser les populations qui ont l’habitude de prendre des médicaments sans l’avis des médecins, sur les risquent qu’ils courent. « L’Etat doit mettre en place un dispositif adéquat du personnel de santé. Les pharmaciens doivent jouer un rôle dans la maîtrise du fléau social de l’automédication. Les malades doivent également éviter l’arrêt des traitements avant terme », a-t-il suggéré.
 Claude Ahovè
(Br Mono-Couffo)