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Claudine-Afiavi-PrudencioLa présidente de la Commission de l’éducation, de la culture, de l’emploi et des affaires sociales à l’Assemblée nationale s’ouvre à la presse dans le cadre de la Journée internationale de la femme (Jif). Dans cette interview, l’ancienne ministre jette son regard sur la situation des femmes en Afrique et plus particulièrement les violences dont elles sont victimes. Elle en profite pour faire des suggestions afin d’aider à une meilleure lutte contre ce phénomène.  
Quel est votre parcours professionnel et politique ?
. Je suis Juriste de formation. Précédemment, j’ai dirigé la Cellule des marchés publics du Ministère de l’Energie, des Mines et de l’eau où j’étais en service. Je me suis également beaucoup investie entre autres, dans les médiations internationales. Par la suite, j’ai embrassé une carrière politique qui m’a conduite là où je suis aujourd’hui.
Pourquoi, justement, êtes-vous entrée en politique ?
. Je me suis engagée en politique pour être au cœur des instances de prise de décision et influencer les orientations de politiques publiques en faveur des couches vulnérables de notre société. Je ne suis pas allée en politique pour m’enrichir, parce que Dieu m’a déjà comblée du minimum. Mon objectif principal est de contribuer à l’édification d’une cité un peu plus juste et équilibrée en faveur des femmes.
Quel regard portez-vous sur la présence des femmes dans l’arène politique au Bénin ?
. D’une manière générale, la participation des femmes à la chose politique au Bénin est encore très faible. C’est d’ailleurs pourquoi, récemment, l’Assemblée nationale du Bénin, avec l’appui de l’Union Interparlementaire, a organisé un séminaire sur la problématique. J’ai activement pris part à cette activité ensemble avec mes autres consœurs députées pour un impact positif.
Peut-on connaître vos ambitions pour le futur ?
. Vous savez, le plus important pour moi, c’est le présent. Seul Dieu détient le souffle et connaît le plan de chacun. Mais malgré cette réalité, l’homme doit faire des projections dans le futur. Je puis vous dire que mon plus grand défi actuel est de travailler à l’autonomisation des femmes et à l’épanouissement des jeunes. Au plan politique, je prends une part active dans la concrétisation  des réformes du Président de la République, Son Excellence Monsieur Patrice Talon, notamment celles du système partisan, et de la charte des partis politiques pour une meilleure animation de la vie politique au Bénin.
Quel est votre avis sur la situation des femmes en Afrique et plus particulièrement les violences dont elles sont victimes ?
. Dans la plupart des pays africains, les femmes continuent hélas de souffrir le martyr malgré les efforts des Etats africains appuyés par la Communauté Internationale, notamment les Nations Unions. Les violences auxquelles sont confrontées les femmes peuvent être d’ordre physique ou psychologique. La situation est particulièrement drastique dans les pays en situation de conflit.
Que préconisez-vous pour aider à une meilleure lutte contre ce phénomène ?
. Je pense que pour mettre fin ou si voulez pour amoindrir les violences faites aux femmes, les Etats africains devraient investir dans l’autonomisation des femmes. Il est également nécessaire de leur assurer leurs droits et l’accès à la justice. C’est certainement pour cette raison que pour célébrer l’édition 2018 de la Journée Internationale de la Femme, la Communauté Internationale a choisi thème : « le temps est proche: les activistes ruraux et urbains transforment la vie des femmes ». C’est d’une action concertée et généralisée, venant des villes et des campagnes que viendra l’amélioration du sort des femmes au Bénin et dans le monde.

Propos recueillis par AT

Message de Claudine Prudencio
Mesdames et Mesdemoiselles  mes chères sœurs, mes chères mamans, mes chères filles et mes chères amies ;
L’année 2017 au Bénin, aura été celle d’une série de réflexions orientées vers le renforcement de la participation de la femme à la vie publique dans notre pays. En effet, le thème de la journée internationale de la femme l’an dernier était : « Les femmes dans un monde du travail en évolution : pour un monde 50-50 en 2030 ». De ce point de vue, à travers divers séminaires, colloques, conférences, les pouvoirs publics du Bénin et les femmes d’influence, ont posé les jalons d’une présence plus effective de la gent féminine dans les plus hautes sphères de décision de l’Etat. Mais, vous le savez, le combat pour l’égalité de traitement et la fin des discriminations entre hommes et femmes, ne peut pas se gagner en un an. Déjà qu’un siècle de lutte n’aura pas suffi, et vous le savez.
Mesdames et Mesdemoiselles, mes chères sœurs…
Plutôt qu’une évolution de la situation des femmes sur le marché du travail comme espéré, l’année 2017 aura finalement été celle de la fin d’une omerta. La fin d’un silence longtemps gardé, la fin d’un cri longtemps étouffé sur les abus de nature sexuelle dont des millions de femmes sont victimes au quotidien dans leurs relations avec les hommes, au travail, en famille et dans la rue. Certes, cette révolte s’est passée sans tapage en Afrique et plus particulièrement au Bénin, mais elle est le signal que beaucoup de femmes attendaient pour dire « plus jamais ça ». Ce phénomène a sans aucun doute inspiré le thème de la journée internationale de la femme, édition 2018 qui n’est rien d’autre qu’un appel à la masse silencieuse des femmes, à prendre ses responsabilités pour aller de l’avant : « l’heure est venue, les activistes rurales et urbaines transforment la vie des femmes ».
C’est donc du plus profond des campagnes et des villes que doit s’élever dans le cœur et la conscience de chaque fille et chaque femme, la conviction d’être remarquable et respectable.  C’est à cela que je veux travailler en cette année 2018 qui au Bénin doit être celle de la femme. C’est à cela que j’appelle chacune d’entre nous en ce 08 mars 2018.
Cette date, je l’ai déjà dit par le passé, ne doit plus être seulement celle des célébrations festives. Elle doit être celle de la réflexion et de l’action, sans jamais se confondre à un combat contre les hommes, nos époux, nos frères, nos enfants. Il s’agit de leur faire admettre comme beaucoup l’ont déjà fait, notre place à leur côté, dans la société.
Sur ces mots, Mesdames, Mesdemoiselles mais aussi Messieurs, je vous souhaite une très bonne journée internationale de la femme 2018.
Je vous remercie.