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mer-grand-popo(Les autorités doivent parer au plus pressé)
L’avancée de la mer dans la Commune de Grand-Popo fait peser la menace de disparition de plusieurs localités dont Avlo, Agoué, Ayi-Guinnou, et surtout  Hillacondji. A cette allure, elle risque même d’emporter la route Inter-Etats, Bénin-Togo, à la hauteur de Grand-Popo.
Hillacondji est un village situé dans l’arrondissement d’Agoué. Dans cette localité, la mer avance inexorablement. Les maisons construites en  bordure du littoral et les cocoteraies subissent au quotidien les affres de l’Océan Atlantique. En dehors de ces dégâts, les baraques de fortune, les champs  et quelques habitations qui résistent encore, commencent par s’écrouler progressivement sous la pression de l’érosion. Mais, Hillacondji n’est pas le seul village à être menacé par l’avancée de la mer. Il y a aussi les localités d’Ayi-Guinnou et d’Agoué qui subissent aussi les affres des vagues de la mer qui  détruisent tout sur leur passage. Dans l’arrondissement d’Agoué, par endroits, la distance qui sépare la mer du fleuve Mono a été réduite considérablement. Selon les autorités communales de Grand-Popo, la mer a déjà emporté  une grande partie de cette côte et risque de faire disparaître de nombreux villages, si rien n’est fait. Mais chose grave, c’est la réduction de la distance qui sépare l’Océan et le fleuve Mono dans l’arrondissement d’Avlo qui préoccupe les populations de cette partie du sud-ouest du Bénin. Ces dernières s’inquiètent de l’ampleur des dégâts que crée l’érosion côtière. Que va-t-il se passer  lorsque ces deux étendues d’eau vont se rencontrer ? « Ce contact pourrait être fatal pour les populations qui sont situées dans les villages compris entre Avlo et Hillacondji. Lorsque la mer va se jeter dans le fleuve, le contact entre les deux étendues d’eau va provoquer des risques et des catastrophes naturelles. Ce phénomène peut faire disparaître  tous les quartiers d’Hillacondji et d’Avlo», a fait savoir le maire Anani Hlondji. Vu l’ampleur de ces dégâts, ses collaborateurs et les populations ont souhaité que les autorités nationales agissent le plus vite pour anticiper sur le danger qui guette cette partie du Bénin.
Les causes et les appels à l’aide des populations
Face à ce drame, les populations déplorent l’indifférence du gouvernement et souhaitent qu’il pare au plus pressé pour freiner l’ampleur des dégâts que cause cette érosion côtière. « On a beau tiré la sonnette d’alarme, nos appels au secours semblent tomber dans les oreilles de sourd. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Il faut que le gouvernement fasse quelque chose avant qu’il ne soit trop tard», a fait savoir le chef de village d’Illacondji, Seth Atakpa. A l’en croire, ce sont les actions entreprises par le gouvernement togolais pour freiner l’érosion côtière qui est à la base de ce phénomène. « Ce sont ces aménagements effectués par le régime togolais qui a accentué cette avancée de la mer », a-t-il supposé. Malgré les efforts du gouvernement béninois pour endiguer le phénomène, la mer continue d’avancer. A cette allure, l’élu local  s’inquiète de ce que la route inter-états sera engloutie par la mer d’ici peu, si rien n’est fait. « Lorsque la mer va continuer d’avancer, elle fera perdre au Bénin une partie de sa superficie. Malheureusement, la commune de Grand-Popo n’a pas les moyens pour lutter contre cette érosion côtière. Il s’agit d’un problème national qui interpelle au premier plan le gouvernement », a-t-il confié.  En attendant les actions hardies pour limiter les dégâts, les communautés installées le long de la côte interpellent le gouvernement. « Ce phénomène nous a soumis à un exode rural. Nous ne savons plus à quel saint nous vouer. Beaucoup d’entre nous ont immigré au Togo, à Cotonou et dans les autres villages de la commune », ont-elles confié. Face à cette situation, la première autorité de la commune confie que pour gagner la bataille de l’érosion côtière, le gouvernement peut faire le dragage. « Cette opération consiste, selon elle, à pomper du sable du littoral. Ainsi, une fois plus profonde, la mer restera dans son lit et sera plus calme. Ensuite, le sable pompé servira à refaire la plage. Il ne reste qu’au gouvernement de mettre en pratique cette solution », a-t-elle mentionné.

 Claude Ahovè

(Br Mono-Couffo)