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Région de Houndé. Récolte du Coton.

Près de 451 000 tonnes de coton égrenées. C’est cette  production record qui a sanctionné la campagne 2016-2017. Assisté des acteurs de la filière, le président de l’Aic a présenté à la presse les raisons de cette belle performance. C’était le vendredi 09 juin 2017 à Azalai hôtel, devant les membres du gouvernement.

Selon les statistiques de l’Insae, la filière coton nourrit plus de 3,5 millions de Béninois. Le coton a, par ailleurs,  un important impact sur le taux de croissance de l’économie béninoise, car 50 000 tonnes entraînent  un (1) point de croissance. Dans ce contexte, le coton demeure au Bénin, la principale culture de rente, constituant du coup la base de l’économie rurale et agro-industrielle.En termes de valeur ajoutée, le coton contribue à 11/13 % du Pib, et représente 70% de la valeur des exportations, soit 45% des entrées fiscales. Malgré cet état de fait, la filière coton est toujours en butte à d’énormes difficultés.Face à la presse vendredi dernier, la direction de l’Aic a fait le point de la campagne 2016/2017, et montré les perspectives de celle à venir. En effet, parmi les contraintes actuelles à l’essor de la filière, il y a la dépendance aux pluies, le manque de système d’irrigation, une faible mécanisation et les difficultés d’accès au crédit. Selon Mathieu Adjovi, président de l’Aic, pour une bonne performance de la filière, il est nécessaire d’agir sur le niveau de rendementet de permettre au producteur de vivre décemment de sa production.  Malheureusement, avec la suspension de l’accord-cadre liant l’Etat à l’Aic intervenue sous le régime Yayi, l’Etat a assumé la gestion de la filière coton pendant  quatre campagnes, sans  bons résultats. « Durant ces années, les performances en termes d’emblavures, de production et de rendement n’ont pas été à la hauteur des moyens matériels et financiers mis en œuvre. Au cours de cette période, bien que les superficies aient augmenté, les productions ont connu un accroissement moins que proportionnel», a déclaré le président de l’Aic. Avant de  déplorer l’implication du chef de l’Etat, à l’époque, dans ces campagnes, avec à la clé une forte politisation de l’ensemble du secteur, la forte subvention de l’Etat aux producteurs, et l’attribution de marchés gré à gré « à des opérateurs peu vertueux et non spécialisés».Une réorganisation de la filière, la fixation de prix attractifs pour la cession des intrants et pour l’achat du coton graine, sont entreautres mesures prises par l’Aic pour faire de la campagne un succès.   Ainsi, après le paiement de 19, 5 milliards de francs Cfaaux cotonculteurs et 5 milliards  aux transporteurs et autres prestataires au titre des impayés de fonds coton de la campagne 2015-2016, le gouvernement a décidé de reconduire les prix de la campagne précédente », a expliqué Mathieu Adjovi. A la tête d’une délégation du gouvernement, le ministre d’Etat, Abdoulaye Bio Tchané n’a eu que des mots de félicitations à l’endroit de la chaîne cotonnière : « Nous voulons du succès, mais nous voulons également inscrire notre action dans la durée, en privilégiant la planification. Nous voulons rompre avec l’approximation et l’improvisation. Cette année, notre pays a battu tous les records de production de coton depuis les indépendances. Loin d’être le fruit du hasard, cette performance est le résultat de la combinaison des efforts des acteurs à chaque niveau de la chaîne ».
 
W.N