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Jacques Ayadji confond syndicalisme et politique

Jacques Ayadji ne sait plus à quel Saint se vouer.  Ce qui est sûr, il n’est plus dans le rôle d’un syndicaliste,  quand il se permet, dans une émission dominicale sur une radio privée, de disqualifier certains candidats à l’élection présidentielle au profit d’autres.

Depuis quelque temps, les déclarations tonitruantes de Jacques Ayadji intriguent et n’amusent plus personne. Dans le cas d’espèce, c’est moins la teneur de ses déclarations qui pose problème, que le contexte et la forme choisis.  Car, osons le dire tout de suite, Jacques Ayadji n’est plus du tout dans le rôle d’un syndicaliste, dont le premier objectif est la défense de la cause des travailleurs. Certes, la cause syndicale et la cause politique peuvent se croiser, et parfois se confondre. D’ailleurs, à cause de ses prises de position dans un passé récent, l’homme a séduit plus d’uns par ses analyses osées et audacieuses. Il s’est même fait un dénonciateur et un pourfendeur infatigable des excès et des dérives du pouvoir « yayi ». Mais depuis, l’eau a coulé sous le pont,  et Jacques Ayadji semble avoir perdu de son mordant, préférant pondre des  commentaires qui manquent totalement d’objectivité. Sa sortie sur une radio privée de la place le week-end dernier rentre dans cette logique, et ressemble pour beaucoup à un coup d’épée dans l’eau. Puisque, à moins d’être en mission pour quelqu’un, et à moins d’avoir noyé son sens critique dans des intérêts personnels inavoués, Jacques Ayadji ne peut pas comparer trois personnalités politiques de grande envergure et d’horizons divers, et ensuite les disqualifier de la course présidentielle, avec des motifs peu exigeants. On peut ne pas aimer un homme politique. C’est permis. On peut aussi avoir son propre camp et ses idées. On peut aussi ne pas apprécier le projet de société d’un candidat. Mais, à quelques semaines d’une échéance politique majeure, on ne doit, sous aucun prétexte fallacieux, tourmenter et distraire un peuple déjà suffisamment brimé par l’aveuglement politique de ses dirigeants. Jacques Ayadji doit donc faire au peuple béninois,  l’économie de ses professions de foi à l’emporte-pièce. Sinon, pourquoi Pascal Irénée Koupaki, Patrice Talon ou Lionel Zinsou ne doivent-ils pas prétendre diriger leur pays? Que leur reproche-t-on ? Ou bien, de quoi a-t-on peur? Pourquoi veut–on exclure les meilleures alternatives politiques à l’après Yayi. Le débat sain doit se faire à propos des idées et des projets de société. Ce sont les idées qu’ ‘il faut combattre et non les hommes qui les portent. C’est là que notre ancien frondeur se méprend et perd un peu les pédales.

 Le  faux procès évident

 Avec ses déclarations, Jacques Ayadji donne finalement raison aux détracteurs qui le traitent de tous les noms sur tous les réseaux. Car, fort de son expérience politique, et à la lumière de la gifle flanquée aux Fcbe pendant les dernières législatives, il devrait savoir que le peuple n’est pas dupe. Les populations, contrairement aux pseudos – analyses, sait là où il va.  Le premier responsable du malheur des Béninois, c’est Yayi Boni. Il a fait perdre un précieux temps à son pays. Le chaos institutionnel et la paupérisation rampante dans lesquels végètent les Béninois,  sont la résultante directe de l’ « autisme » de leur chef d’Etat, dont la politique se résume aux scandales et au clientélisme ethnique. Pascal Irenée Koupaki,  Lionel Zinsou ni d’ailleurs Patrice Talon ne sont,  en réalité,  responsables de rien. Peut-être pour avoir,  une fois dans leur vie,  croisé celui que l’ancien ministre et beau-frère, Marcel de Souza a surnommé le « Maradona national »,  roi de la dribble. C’est ce que le syndicaliste ou activiste ne semble pas comprendre. Sinon, certains présidentiables, dont ils ne citent pas le nom,  sont tout aussi coupables par leur silence. Par exemple, Sébastien Ajavon, doit tout autant être disqualifié puisque pendant tout le temps il est resté silencieux devant le drame qui se joue devant nos yeux. Et pourquoi donc Jacques Ayadji ne disqualifie pas Sébastien Ajavon? Il y a anguille sous roche.

 AT