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un-et-prdL’Assemblée nationale connait à nouveau une crise qu’on ne pouvait prévoir. Entretenue par les groupes parlementaires (Prd et Un) de la majorité dans le cadre du processus de désignation des représentants du Parlement au Cos et aux Cca, elle révèle la fragilité de cet ensemble.

Le Prd et l’Union fait la Nation  qui se réclament proches du Pouvoir ont renoué avec leurs vieilles querelles en se livrant à un spectacle digne de groupes hétéroclites rassemblés sur la base des  intérêts opposés qui se révèlent au grand jour. Ces deux géants de la majorité parlementaire sont dans un duel comique pour ce qui concerne le processus de désignation des représentants de l’Assemblée nationale au Cos-Lépi et aux Cca. Les évènements successifs qui se sont produits depuis le début des travaux jusqu’à ce jour le prouvent à suffisance. D’un côté comme de l’autre, les lignes ne bougent pas, malgré les discussions ouvertes entre les responsables des deux forces. L’Union fait la Nation emmenée par Antoine Idji Kolawolé estime qu’elle a droit à deux postes au sein du Cos-Lépi.  Sous la direction de Augustin Ahouanvoébla, ancien responsable du Cos-Lépi, où il compte repartir pour un nouveau bail, le Prd s’y oppose et ne compte pas laisser filer entre ses doigts l’occasion d’envoyer également deux de ses membres dans l’organe. Les positions sont difficiles à concilier, car aucun groupe ne compte fléchir devant l’autre. La chose est d’autant plus compliquée que le groupe Un ne s’est pas fait prier pour déposer les noms de ses deux représentants sur le bureau du Parlement. Le Prd non plus ne recule pas. Tout cela a l’air d’une bataille rangée montrant deux forces qui ont décidé d’aller jusqu’au bout. Conformément à la clé de répartition adoptée par les députés, la majorité parlementaire  composée de l’Union fait la Nation, le Prd, l’Union paix et démocratie, et Nation unité et développement a récolté cinq postes sur les neuf de l’Assemblée, les quatre autres appartenant à la minorité. Au sein de la majorité, la guéguerre qu’entretiennent le Prd et l’Union fait la nation est une course effrénée vers le plus grand nombre de places que les autres. Or, le problème ne se pose pas avec les deux autres groupes ( Union paix et démocratie, Nation Unité et Développement) qui sont conscients qu’ils doivent désigner chacun un représentant. Entre le Prd et l’Un, soit c’est le premier qui désigne deux représentants au détriment du second, soit l’inverse. Dans cet ordre d’idées, l’Un qui compte 13 députés donne du poids à ses arguments, contrairement au Prd riche de dix élus. Si à la plénière le débat peut être tranché sur ces détails, il revient de déplorer ce à quoi l’on assiste au sein de la majorité.  C’est une situation qui constitue un mauvais signe  pour sa solidité et son avenir. Quand les intérêts sont en jeu, on oublie l’esprit de groupe et de consensus. Ce précédent grave n’a fait qu’affaiblir cet ensemble et montrer de quoi chacun est capable, ce que les uns et les autres sont en mesure de faire pour sauvegarder leurs intérêts en détruisant ceux de l’ensemble. S’ils sont capables de cela pour désigner leurs représentants dans les organes du Cos, ils peuvent le pire quand on abordera des questions qui mobilisent plus d’énergie et de ressources financières.  A l’analyse, il manque un leader pour contenir les ardeurs et canaliser les manœuvres de certains membres. Si la crise persiste, on est en droit de demander des comptes au président de l’Assemblée nationale, Adrien Houngbédji qui refuse  toujours de jouer son rôle, car quoi qu’on dise, il a été porté au Perchoir par cette majorité en proie à une guerre d’intérêts. Et si jamais cette majorité qui aujourd’hui s’apparente à un château de cartes s’écroule, il en dossera la responsabilité pour n’avoir pas, en sage, calmer les ardeurs.

F.N