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renaissance-du-benin-1Chaque audience porte son petit secret d’imprévu dans ce dossier Renais-sance du Bénin. Hier mercredi 19 juillet 2017,  les avocats du camp Léhady Soglo ont brandi une exception qui imposait le renvoi. Il s’agit d’apporter la preuve du statut d’avocat du Président Abraham Zinzindohoué. 
La question centrale qui a été une entrave à l’ouverture des débats sur le fond a été fondamentalement la qualité de l’actuel Président de la Renaissance du Bénin aile Réformateurs. Deux questions ont été soulevées. La première cherchait à savoir si Abraham Zinzindohoué est inscrit au barreau et la seconde posait le principe de la forme à respecter pour plaider contre un avocat. Pour les avocats du camp Léhady, Me Abraham Zinzindohoué n’est pas inscrit au barreau puisque, selon eux, son nom ne figure pas au tableau de l’Ordre. Me Sadikou Alao et Robert Dossou, tous deux avocats de l’aile Soglo s’accrochent et confortent le doute sur la qualité de « Maître » du Président Abraham Zinzindohoué. Le camp adverse, pratiquement ulcéré, réagit. Me Philibert Béhanzin, Brice Houssou et Prospère Ahounou avancent que le tableau de l’ordre est fait en 2014-2015 et qu’il ne faudra pas s’y fier. Les débats s’enflamment, la salle d’audience se chauffe. Après le calme, le camp Béhanzin constate un défaut de pièce au dossier : l’autorisation à plaider contre un avocat. En fait, la possibilité de plaider contre un avocat impose un formalisme : celui d’obtenir l’autorisation du Président de l’ordre des avocats. Cette autorisation faisant défaut, les avocats de la défense ont tôt fait de le soulever. Me Bocovo, avocat du camp Léhady, a déclaré avoir saisi le Président de l’Ordre, mais l’autorisation in fine n’a pas été obtenue. Le camp adverse saisit la perche et contre-attaque. Me Béhanzin affirme qu’il ne s’agit pas d’une autorisation simple du bâtonnier, mais d’une autorisation en vue de plaider contre l’avocat Abraham Zinzindohoué. Les  avocats de Léhady trouvent que le débat est déplacé et qu’il s’agit purement d’une question politique. Les échanges prennent l’allure de questions réponses interminables. La Présidente de séance, Eudoxie Acakpo, suspend les débats. A  son retour, elle renvoie le procès à mercredi prochain. Motif : obtenir l’autorisation.
Procès chargé d’incertitudes
On ne serait pas surpris d’observer un nouveau report le mercredi prochain. Il ne s’agit pas d’un pessimisme béat, car le contexte y convie sans relâche. En effet, le premier niveau de difficulté, c’est la preuve de la qualité d’avocat de l’actuel Président Abraham Zinzindohoué. Selon le principe connu de tous, la preuve incombe au défendeur. Très concrètement, il revient à la partie qui évoque un aspect d’apporter la preuve de ce qu’il avance. En l’espèce, les avocats de Léhady seront  donc amenés à prouver que Me Abraham Zinzindohoué n’est pas avocat comme ils l’ont avancé. Cette preuve ne consistera donc pas simplement à avancer que son nom ne figure pas au tableau de l’Ordre mais de l’établir véritablement. Une chose est sûre, cette brèche sera exploitée à  fond par le camp adverse. L’autre difficulté, c’est la possibilité d’obtenir l’autorisation dans le temps souhaité. Ces questions tout aussi préalables pourraient bien justifier d’autres reports.  Les prochains jours édifieront.
Hospice Alladayè