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Les députés Komi Koutché, Barthélémy Kassa et Marcel de Souza ont été hués à leur sortie du parlement
Barthélémy Kassa et Komi Koutché divisent la mouvance parlementaire

Barthélémy Kassa ou Komi Koutché. L’un d’entre les deux devra passer à la trappe au détriment de l’autre pour briguer la présidence de l’Assemblée nationale. Le camp Yayi toujours divisé, n’est donc pas unanime sur le choix d’un candidat pour faire face à l’opposition plus que jamais unie derrière Adrien Houngbédji.

La course au Perchoir révèle une profonde division au sein du camp Yayi Boni. Deux groupes s’affrontent. D’un côté, il y a ceux qui soutiennent le ministre de l’Economie et des finances, Komi Koutché et, de l’autre, les partisans de Barthélémy Kassa qui, faudrait-il le rappeler, a prétendument annoncé sa démission à la tête du ministère en charge de l’Eau et de l’énergie. Sauf désistement, ou préférence du chef de l’Etat pour l’un, le duel risque de durer jusqu’à l’élection du président de l’Assemblée nationale et des membres du bureau prévue pour ce jour. A quelques heures de ce rendez-vous, l’atmosphère est tendue au sein des Fcbe et leurs alliés. Les partisans de Komi Koutché, en infériorité numérique, comptent sur le dernier mot du chef de l’Etat pour renverser la tendance. Et s’il arrivait que Yayi Boni élimine Barthélémy Kassa, il n’aurait pas écouté la voix de la majorité qui penche du côté de ce dernier. A vrai dire, plus d’une vingtaine de députés s’opposent à la candidature de Komi Koutché et auraient porté leur choix sur Barthélémy Kassa. D’où la question : est-ce le candidat idéal ? Le passé semble le rattraper au sujet de la gestion de l’appui financier des Pays-Bas dans le secteur de l’eau. Un scandale de près de trois milliards de Fcfa lui colle au dos et cela est arrivé au mauvais moment. En attendant qu’un Audit international clarifie cette affaire, de sérieux soupçons pèsent sur trois ministres de Yayi Boni à savoir, Komi Koutché des Finanaces, Marcel de Souza du Développement et très lourdement sur Barthélémy Kassa. Le hic, dans ce scandale, c’est qu’on assiste à une accusation du dernier contre les deux premiers. En effet, Barthélémy Kassa accuse le ministre des Finances et celui du Développement d’avoir ourdi un complot contre sa personne dans le but de le disqualifier pour la course au Perchoir. L’os qu’ils lui ont mis dans la gorge est le dossier des trois milliards de Fcfa. Des indiscrétions, il ressort que la révélation du scandale a été planifiée au sein de ce même gouvernement. L’objectif est d’éliminer Barthélémy Kassa au profit de Komi Koutché. Mais, quand vous décidez de mettre le feu à la case du voisin, la vôtre n’est pas à l’abri de l’incendie. Les deux sont dans de beaux draps. C’est la situation qui prévaut dans l’entourage du président de la République. Yayi Boni fait la sourde oreille à toutes les pressions et menace de leur retirer réellement leurs attributions ministérielles et de ne pas les positionner pour le Perchoir. Accueillis par des sifflets de manifestants sur l’esplanade de l’Assemblée nationale à Porto-Nouveau, lors de l’installation des membres de cette institution, 7ème mandature, les deux députés positionnés têtes de liste Fcbe ont le mérite d’avoir raflé tous les sièges en jeu lors des élections législatives du 26 avril 2015, dans leurs circonscriptions respectives. Mais cela n’est pas un feu vert pour qu’ils rêvent de devenir président de l’Assemblée nationale. Le Bénin ne mérite pas ça. Au regard de l’ambiance qui caractérise leurs relations, les choses se compliquent pour le chef de l’Etat.

 Mauvais signe  

 Les choses étaient déjà compliquées pour Yayi Boni et ses poulains en ce qui concerne les tractations. Pendant que l’opposition serre ses rangs en réunissant plus de députés (déjà 43/83), Yayi Boni peine à trouver le nombre de voix qui puissent lui garantir le Perchoir. Alors que l’opposition affiche cohésion et fait montre d’une unité retrouvée, avec au passage la réconciliation entre le député transfuge du Prd, Atao Hinnouho et son ancien mentor, Adrien Houngbédji, les ministres et députés du chef de l’Etat, minés par des querelles internes, continuent de multiplier les manœuvres pour débaucher des élus de l’autre camp. Mais, ils n’arrivent pas à atteindre leur but. Afin de s’occuper lui-même des dernières tractations, le président de la République a dû annuler le lancement de la campagne agricole à Banikoara qui était prévu pour hier lundi. Personne ne peut dire ce qui va se passer au cours des dernières heures, étant donné que Yayi Boni a décidé de jouer ses dernières cartes en visant du côté de certains députés « opposants » de la 23ème circonscription électorale. Selon les échos qui nous parviennent, les émissaires de Yayi Boni, devenus coffre-fort ambulant, ne font pas économie de moyens et de promesses pour attirer les trois élus de la Renaissance du Bénin et le seul de l’Union fait la Nation. Ce serait peine perdue, annonce-t-on du côté des députés ciblés.

 Fidèle Nanga