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TALON417
Les réformes du chef de l’Etat passeront désormais à l’Assemblée nationale

La constitution au Parlement, jeudi 12 mai 2016, d’un bloc majoritaire pour soutenir le gouvernement, est une première. Ce fait politique majeur marquera à coup sûr la 7ème législature. Car,  les 59 députés du Bmp viennent de démentir  les tares reprochées aux politiciens béninois.

L’une des critiques souvent faites aux politiques béninois, c’est de privilégier l’intérêt personnel et égoïste au détriment du général, et d’agir en rang dispersé.  La preuve est la kyrielle de partis animant l’échiquier politique,  et dont la plupart ne sont, en fait,  que des clubs électoraux n’apparaissant qu’à la veille des échéances électorales. Mais, après quelques décennies de pratique démocratique depuis  la Conférence nationale, toutes  les  réflexions  vont de plus en plus dans le sens de regroupement des partis politiques autour de grands blocs politiques.  Ceci semble désormais une issue irréversible, pour éviter le chaos idéologique et le manque de vision d’ensemble.  C’est pourquoi, depuis la naissance,  jeudi 12 mai 2017, du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), l’horizon semble s’éclaircir pour le chef de l’Etat, Patrice Talon. 59 députés, toutes tendances confondues, sur 83,  sont disposés à accompagner le gouvernement dans la mise en œuvre du Pag.  Selon les députés du Bmp, le rejet de l’étude du Projet de révision de la Constitution, était un acte « manqué », aux conséquences incommensurables. Pour circonscrire le mal, et éviter que cela ne se répète à l’avenir, il faut dégager une majorité parlementaire stable, pour soutenir le gouvernement. « Conscients qu’il s’agit là pour notre pays, pour le peuple et pour la démocratie béninoise d’une occasion manquée, et qu’il devient en conséquence impérieux d’organiser et de stabiliser une majorité parlementaire pour soutenir véritablement le gouvernement dans ses différentes actions, nous, députés soussignés, décidons désormais de prendre nos responsabilités devant le peuple, pour mieux nous organiser afin d’accompagner le Président de la République dans sa volonté d’œuvrer inlassablement pour la mise en œuvre et la réussite du Programme d’actions du gouvernement (Pag)  et la réalisation efficace des principaux objectifs de démocratie, d’unité nationale et de développement », ont écrit les députés signataires dans leur communiqué.

Agir vite

Si l’on peut se réjouir que ce vœu cher au chef de l’Etat d’avoir une « majorité mécanique qui voterait les lois les yeux fermés », il faut dire que l’essentiel est ailleurs. Ce choix opéré par les députés étant d’abord stratégique. Notamment le ralliement inattendu de 15 députés Fcbe. On peut dire, sans risque de se tromper, que, la motivation sous-jacente à cet acte plutôt républicain, c’est de sauver la démocratie. Car, comme beaucoup aiment à le répéter, une démocratie qui ne nourrit pas ses citoyens, n’en n’est vraiment pas une, et ne peut durer dans le temps. Il faut donc permettre au gouvernement d’atteindre son premier objectif, celui de  régler le problème du quotidien des Béninois.  C’est ce que les 59 députés Bmp ont compris. En effet, il n’est pas rare d’entendre dans les rues des grandes villes et dans  différentes foras, que le régime Talon ne fait pas dans le social.  Autrement dit, à l’heure actuelle,  un grand nombre de  Béninois végètent toujours dans une certaine pauvreté et dans le dénuement.  Le rôle des politiques, c’est de trouver la solution pour sortir les concernés des caves de l’indigence. On ne peut le faire sans détermination. Pour ne l’avoir pas réussi,  Yayi Boni et sa clique avaient été purement remerciés et éjectés par la petite porte. « « Le Programme d’Actions du Gouvernement 2016-2021 en particulier est porteur d’espérance pour faire de notre pays un espace de développement durable et inclusif, de dynamisme économique et de progrès social. Donnant suite à nos échanges avec le Gouvernement et parvenus à une convergence de vues et à des engagements partagés, nous affirmons qu’à travers des réformes appropriées aux plans politique, institutionnel, économique et social, à travers une démarche pédagogique et inclusive, notre pays peut relever les défis de l’emploi, du bien-être social et du développement harmonieux et équilibré », ont reconnu les députés. Il faut donc agir vite sur ce levier, et permettre le bien-être des populations. Ce que, malheureusement, les uns et les autres ne disent pas, ce sont les causes de ce mal. Ni de situer les responsabilités. Ce qui est sûr, pour partager la richesse  et faire du social, il faut d’abord la produire. Avec la majorité de députés qui l’accompagnent, le gouvernement dispose donc des coudées franches pour mener sa politique.

W.N