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vandalismeLa ville de Bohicon a enregistré des incidents dans la matinée du  samedi  22 avril 2017 occasionnant cinq blessés et des dégâts matériels importants. Un malentendu entre deux conducteurs de véhicule, l’un nigérien et l’autre béninois est à l’origine du soulèvement qui a failli embraser toute la ville.

Bohicon a frôlé le pire, samedi dernier. A l’origine, une dispute entre deux chauffeurs. En effet, alors qu’un embouteillage s’est créé au carrefour, Zakpo, un conducteur de bus de la compagnie nigérienne de transports ‘’Nijma’’ et Alim Adam, chauffeur du camion poids lourd de la société ‘’Almo’’ transport du Bénin se sont mis à se disputer le passage. Selon des témoins, Alim Adam, a quitté Cotonou pour le Nord-Bénin quand, arrivé au carrefour Zakpo, il est tombé dans un bouchon. En voulant opérer un dépassement, il a été freiné dans son élan par le chauffeur du bus qui lui fit la main d’attendre. Mais chose curieuse, ce dernier était résolu dans sa manœuvre. Mieux, il aurait demandé à son apprenti de jeter un sachet d’eau au chauffeur du camion au motif qu’il ne voulait pas lui céder le passage. Habilement, Alim Adam, au volant, a esquivé le sachet d’eau. Des escalades verbales s’en sont suivies au point que, le conducteur nigérien a assommé Alim Adam au moyen d’une barre de fer. Atteint à la hanche, il est tombé en syncope puis transporté au centre de santé communal de Bohicon où il a reçu les premiers soins.

Les forces de l’ordre et le préfet face aux projectiles

Face à cet incident, la population de Zakpo dans un élan de solidarité, a décidé d’en découdre avec les voyageurs nigériens qui,  selon  elle,  n’ont  pas fait preuve de retenue dans leurs actes inhumains et à la limite barbares. Les manifestants, très remontés, ont barricadé la voie avec des pneus qu’ils ont brûlés. Le trafic est resté bloqué sur le carrefour pendant plusieurs heures. Armés de gourdins et  de pierres, ils vandalisaient tout sur leur passage. Informés  de la situation, un contingent de policiers et de gendarmes accompagnés du préfet du Zou,  Firmin Aimé Kouthon, a été déployé pour calmer les énergies. Au regard de la tension, les forces de l’ordre et les autorités ont tôt fait de rebrousser chemin pour échapper à  un lynchage. Dans cette ambiance de « sauve qui peut », un policier a été atteint au front par des jets de pierre. Cela n’a guère empêché les autres policiers d’arrêter le chauffeur du bus et de le conduire au commissariat.

Manque d’anticipation des forces de l’ordre

La descente des policiers et gendarmes déployés plus tard sur le terrain n’a pas pu empêcher les manifestants d’incendier un bus. Même s’ils ont fait preuve de professionnalisme pour éviter le carnage, ils n’ont pas su anticiper  sur les actes de vandalisme de la population bien qu’ils aient en leur possession des gaz lacrymogènes et autres matériels de défense. Etant des habitués de ces genres de mouvements d’humeur,  ils savent qu’en  de pareilles occasions,  des individus dans la foule cherchent  toujours à piller ou à détruire. Ainsi, ils devaient asseoir une mesure de sécurisation qui intègre cette éventualité. Car, ayant trouvé le champ libre, les manifestants ont poursuivi leur besogne jusqu’au village souterrain d’Agongointo où ils ont réussi à mettre le feu à un autre bus de la même compagnie ‘’Nijma’’ de transport après avoir intimé l’ordre aux voyageurs de vider le véhicule. Cette opération a duré plus d’une heure à l’insu des forces de l’ordre.  C’est après le forfait que les hommes en uniforme se sont dépêchés sur les lieux pour matraquer d’innocentes personnes. Les jets d’eau des sapeurs-pompiers appelés à la rescousse n’ont pu permettre de récupérer le véhicule  complètement calciné.

Zéphirin Toasségnitché

(Br Zou-Collines)