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Yayi-Boni
Les agitations du président Yayi dépassent l’entendement humain

L’omniprésence, ces derniers jours, de  l’ex chef de l’Etat dans certaines structures de l’administration publique attire l’attention des Béninois. A la limite de délit inqualifiable par le droit, des médecins trouvent que les bougeottes de Yayi Boni résulteraient d’une pathologie.

« L’habitude est une seconde nature », dit-on souvent. Ainsi peuvent aussi se traduire les comportements de l’ancien président, Yayi Boni. Hyper-activisme, omniprésence dans le fonctionnement régulier des institutions, tournées incessantes dans le pays, voyages sur le continent et même hors de l’Afrique, Yayi Boni ne s’est pas encore donné une retraite politique. Même pas une trêve. Il se « préoccupe » de la vie des conseils communaux. Il rend visite aux têtes couronnées. Il visite des infrastructures publiques comme si elles étaient ses chantiers personnels. Décidément, entre le nouveau président élu et investi le 06 avril 2016, et son prédécesseur, les Béninois se demandent celui qui dirige le pays. Face à cette attitude inhabituelle au Bénin depuis le renouveau démocratique, toutes les couches se posent l’unique question : « de quoi souffre l’ancien président ? » S’il est vrai que l’ancien député, médecin de formation, André Dassoundo avait déjà diagnostiqué que Yayi Boni est « émotif et réactif », il est aussi vrai que ces symptômes sont ceux de la bougeotte. Une analyse socio-politico-médicale laisse entrevoir que l’ancien président de la République Yayi Boni, souffre sérieusement de son départ inattendu du pouvoir. Car, l’ex « demi dieu » des Béninois ne fait plus émouvoir personne. Et, cela, il ne l’admet pas encore. Ses actions actuelles, frisant à la limite le ridicule, n’impactent plus aucun de ses compatriotes. Dès lors, aux plans sociologique et politique, Yayi Boni s’étonne qu’ici, soit le Bénin, qui a inspiré le professeur Albert Tévoédjrè au lendemain de la présidentielle de mars 2016. Un pays au destin politique exceptionnel sur le continent africain en général et en Afrique de l’Ouest et francophone en particulier. Les actes quelque peu répréhensibles du leader des Cauris, sur le plan du droit, incitent simplement à la rébellion. Mais au plan médical, tant qu’un examen n’est pas effectué, il est impossible de trouver ce dont souffre l’homme qui a consacré sa vie au service de la nation pendant une décennie.

Un plan secret à déjouer

Les agents de renseignements de la République ont de la matière. Ils doivent être très vigilants et être en alerte maximum. L’ancien président qui proclame qu’il reviendra dans 5 ans, a certainement quelque chose derrière la tête. Ce plan de reconquête du pouvoir est inquiétant, parce qu’anticonstitutionnel. Il n’exclut pas de sales et basses besognes pour atteindre le vil dessein. Les concours de circonstances permettent de soutenir la préparation d’une telle machination. Son ancien ministre de l’agriculture, Fatouma Amadou Djibril rappelait inopportunément que le 32ème président des Etats-Unis d’Amérique, Franklin Delano Roosevelt fut le seul président américain à être élu à quatre reprises. Elle tirait la conclusion selon laquelle c’était possible au Bénin, si le peuple le désirait. Un médecin approché, pour apprécier le comportement actuel de Yayi Boni, fait savoir que l’ex-chef de l’Etat ne réalise pas encore qu’il n’est plus en fonction. Ce professeur enseignant de la psychanalyse rappelle le cas Habib Ben Ali Bourguiba, le père de l’indépendance tunisienne qui est resté au pouvoir de 1957 à 1987. Soit 30 ans au service de son peuple. « Quand Bourguiba a quitté les affaires, il avait toujours le réflexe du dirigeant et donnait même des ordres par endroits. Il a fallu que le nouveau président Zine El-Abidine Ben-Ali prenne ses responsabilités pour arrêter  « l’usurpateur » du pouvoir. Sur les débats politiques, certains sbires de Yayi Boni visent et citent l’article 66 de la Constitution pour en finir avec le président Patrice Talon. Alors, on se demande, à la lecture de cette disposition constitutionnelle, si l’élection de Talon est un putsch pour que l’article 66 soit souvent visé. Sur vox Africa, Yayi lui-même tentait de faire comme Idriss Deby, Dénis Sassou N’Guesso, en se maintenant  à la tête du Bénin par un putsch électoral. Mais comme le disait le président Nicéphore Soglo, « Yayi se trompe de pays et d’époque ».

Yayi veut se priver de liberté

Lorsque le navire a perdu la boussole, il chavire et les occupants capitulent. Ce qui est évident, c’est qu’il n’y a pas deux capitaines dans un même bateau. Sur le plan juridique, l’omniprésence de Yayi Boni frise une usurpation de pouvoir. Ses agissements sont assimilables à de l’insurrection, à l’incitation à la rébellion, à la violation de la constitution, à de la provocation. Ces infractions à caractères généraux sont opposables à l’ex chef de l’Etat. Et, par ces faits, Yayi Boni pourrait être retenu dans les liens d’une détention préventive, pendant quelques mois, le temps que les juristes définissent et qualifient avec exactitude les faits dont l’ancien  demi dieu béninois se serait rendu coupable. L’une des erreurs graves et préjudiciables de Yayi Boni, c’est qu’il oublie qu’il est demandeur d’un pardon à Abidjan. Lui-même l’avait dit à Patrice Talon en 2012, « le pouvoir peut lui faire mal ». En décidant de violer délibérément le gentlemen agreement conclu devant Alassane Ouattara et Faure Gnassingbé, Yayi Boni se fait hara-kiri. Même si l’habitude est une seconde nature, il doit désormais se rendre à l’évidence qu’il n’est plus au pouvoir depuis plus de 4 mois. En conséquence, il doit faire l’effort de cesser de se pavaner dans le pays. Le président Patrice Talon quant à lui, devrait instruire tous les services à ne plus accueillir la visite de cette hôte qui ne se rend pas service. L’erreur est humaine, mais la persévérance dans l’erreur est diabolique. A force de récidiver les provocations, Yayi Boni finira par heurter la sensibilité du chef de l’Etat, Patrice Talon. Or, tout le monde le sait bien, la patience a des limites. Dans cette hypothèse, si Yayi Boni recommence, les procédures judiciaires de droit commun pourraient lui faire perdre le privilège d’aller et venir. Et il ne devrait s’en prendre qu’à lui-même.

Jean-Claude Kouagou