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adjagboni gatienMembre fondateur de l’Union progressiste, Gatien Sèdami Adjagboni est un jeune acteur politique qui depuis quelque temps mène des offensives visibles dans la ville de Cotonou (16ème circonscription électorale). Sera-t-il candidat ou non aux prochaines élections législatives ? Peut-être oui, puisqu’il affûte ses armes comme le révèle cet entretien.

Seriez-vous candidat ?

 C’est possible pour ne pas dire que ce n’est pas impossible. Vous savez, nous sommes désormais dans un grand ensemble et la discipline de groupe m’oblige à avoir de la retenue. Retenez donc que c’est possible.

 Beaucoup disent que vous êtes un  pion du chef de l’Etat.

Vous savez, dans notre pays, nous sommes champion dans l’affirmation de ce que nous ne savons pas. Ce que je peux vous répondre est que je suis le pion de mes militants et de mes sympathisants. Autrement dit, je suis le pion des sages des quartiers dans le Littoral, des braves femmes dans les quartiers et dans les marchés, des artisans puisque je suis aussi un artisan, de certain cadres du Littoral, des enseignants car je suis né de parents enseignants, des associations et des jeunes.

 Cela veut dire qu’à priori vous êtes son poulain ?

Cette question revient souvent. Mais la première chose est la conviction. Puis que nous sommes convaincus de la méthode mise en branle par le régime actuel. Est-ce-que nous adhérons à cette méthode de travail ? La réponse est oui puisque de 1990 à ce jour, tous nos anciens dirigeants ont du mérite pour avoir dirigé le pays. Ce n’est pas un débat. Mais quels sont les résultats pour la nouvelle génération ? Les résultats sont difficiles à apprécier. Je ne veux pas qualifier les anciens dirigeants, mais aujourd’hui, nous avons besoin d’expérimenter autre chose. Nous savons que le régime actuel dirigé par le chef de l’Etat, Patrice Talon, a une approche différente de ce qui a été fait. Cette approche permet de partir sur des piliers beaucoup plus solides dont les résultats sont difficiles à apprécier tout de suite. Mais ce sont des résultats qui permettront à la nouvelle génération de se projeter dans le temps avec des résultats beaucoup plus concrets et durables. Il ne s’agit pas de faire un taux de croissance de 6% et d’applaudir. Mais il s’agit de faire un taux de croissance de 6%, de 7% et de 8%. C’est-à-dire d’avoir une politique économique qui va de bond en bond pour le bonheur des Béninois. Nous sommes dans la durée et non dans le one-man-show. Le chef de l’Etat actuel, c’est sa vision. Il n’est pas un populiste. Il a pris des décisions que vous savez impopulaires. Il n’est pas préoccupé tous les matins par sa réélection. Il est préoccupé par le bonheur des populations dans la durée. Même si une décision fait mal aujourd’hui, elle peut redresser le pays dans la durée, c’est ce qu’un chef d’Etat fait. Nous épousons cette vision. C’est d’abord une conviction.

 Au nombre de ces réformes entreprises, sous la gouvernance de Patrice Talon, qu’est ce qui vous a le plus marqué ?

Je ne vais pas me mettre à citer ce que le gouvernement a fait. Nous ne sommes pas  à la foire des actions. Nous devons éviter de tomber dans du populisme. Je dirai simplement ce qui a retenu fondamentalement mon attention est l’approche du travail. C’est la méthode. Je la décline en trois axes à savoir, une volonté affichée, une certaine méthodologie dans le travail et une diversification de l’économie nationale. Pour moi, c’est les trois axes de travail. C’est à cela  que j’adhère. Je parle de volonté parce qu’il y a des prises de décisions qui montrent bien que c’est la volonté de réformer pour le bonheur de la population. En guise d’exemple, il ya la fixation des chefs lieux de départements dès la prise de mandat. Mais pourquoi les anciens gouvernants n’ont pas pris cette décision ? Vous comprenez qu’il y a la volonté d’avancer.  Même si cela peut fâcher d’autres personnes, il faut avancer. Cela ne veut pas dire non plus que tel que c’est fait, c’est tellement parfait qu’on ne peut plus rien faire et améliorer. Non, ce n’est pas que c’est parfait, mais à un moment donné, il faut trancher et avancer. Diriger un Etat, c’est cela, c’est pour la volonté. Quand vous prenez la méthode de travail, on peut presque unanimement affirmer qu’il n’y a pas de précipitation dans les décisions. On peut affirmer que les acteurs clés de la communauté financière soutiennent le gouvernement actuel.  Je parle de communauté financière à l’international et non des banques au niveau local. Le Fmi, la Banque mondiale ne sont pas sous tutelle d’un gouvernement. Si ces acteurs clés de la communauté financière donnent des signaux forts et soutiennent les actions du gouvernement en place, cela veut dire que la signature du gouvernement est devenue crédible. Nous avons été notés par l’Agence « Standard& poor’s » et nous avons une notation acceptable. Le gouvernement n’est pas parti taper à la porte là-bas pour dire donnez moi telle notation. Ça veut dire qu’il y a de la méthodologie dans ce qui est fait. C’est ce à quoi nous adhérons. Je retiens aussi qu’en termes d’héritage économique, le gouvernement a hérité d’un Bénin avec un taux de croissance de 4% et en deuxième année on est passé à un taux de croissance de 5,6% et nous avons fini cette année avec un taux de 6% voire 6,5%. On ne peut pas obtenir cela sans méthodologie de travail. Au delà de toutes les critiques, n’oublions pas que nous venons de quelque part. Nous avons hérité d’un passé et c’est sur cette base que le travail démarre. Ce n’est pas de la magie. Si nous passons ces caps là, cela veut dire que quelque chose se fait. La signature du Bénin devient crédible, les actions sont posées pour obtenir ces résultats. Cela ne veut pas dire que tout est parfait. Cela ne veut pas dire que parce que nous avons quitté un taux de croissance de 4% pour 5,6% que tout va bien et que le panier de la ménagère se porte bien. Les Béninois ne se portent pas bien, mais ça ne veut pas dire que ça ne va pas s’améliorer demain. Mais pour que ça s’améliore durablement, il faut poser des actes forts. Il faut travailler pour que lorsque le panier de la ménagère va s’améliorer, cela ne soit pas pour deux mois, mais que ça soit durable. C’est de ça il s’agit et c’est pour ça que nous adhérons à cette manière de travailler du gouvernement actuel. Je vais finir par la stratégie de diversification de l’économie nationale. J’insiste toujours sur les trois axes pour que mes propos ne soient pas taxés de propos d’un mouvancier. Quand nous nous exprimons au Bénin, on est tout de suite traité de mouvancier ou d’opposant. On ne prend plus le temps de s’appesantir sur les vrais sujets de fond. On dit qu’il est mouvancier donc c’est normal qu’il dise ça. Il est opposant. Il y a des gens qui disent ça. Moi, je parle sur des faits. Tout ce que je vous dis est basé sur des faits. Sans méthode de travail, on ne peut pas lutter efficacement contre l’érosion côtière. Aujourd’hui au Bénin, ce pan a été oublié. Mais le gouvernement actuel a attaqué ce dossier et les travaux avancent et à grands pas. La côte est entrain d’être sécurisée. C’est des travaux qui se font à coût de milliards. Il y a la subvention des cantines scolaires. On n’en parle pas assez, mais nous sommes à une phase opérationnelle. Il y a le projet Arch qui montre l’ambition du gouvernement pour les plus pauvres. C’est la différence entre faire faire un rang aux populations pour les donner de l’argent. Ça ne règlera pas le problème de fond  de ces populations extrêmement pauvres. Il faut de vraies mesures durables. Il y a l’amélioration de la sécurité dans le pays, c’est un fait. Personne ne dit qu’il n’y a plus de braquage. Mais quand vous regarderez les chiffres et ce qui se passe avec la Police républicaine, il y a du mieux. C’est de ça je parle. Quels sont les actes que nous posons pour qu’il y ait du mieux durablement ? Il y a le microcrédit qui a repris. Le montant de base aujourd’hui est de 50 000 Fcfa la Ministre des affaires sociales a déclaré que quand les populations vont bien rembourser, les montants iront à 100 000 Fcfa. Des choses se font. C’est pourquoi je vous ai dit d’entrée qu’on ne pourra pas tout citer. Mais ce n’est pas ça le débat. Il ne s’agit pas de dire qu’on est mouvancier. Le débat se trouve dans les sujets de fond et de relever des éléments qui peuvent aider le pays à prospérer et à se développer. Il ne faut pas faire de la propagande inutile. Pour finir mes propos, je vais parler de la diversification de l’économie nationale. Pour moi, c’est un pan important de l’approche de ce gouvernement. Nous connaissons le coton et tout le monde se cantonne au coton, mais ce gouvernement s’intéresse au Port à travers sa stabilité, sa viabilisation. Il y a aussi l’industrie du bois et du tourisme. Des milliards de Fcfa sont investis pour rénover les palais royaux. C’est une pièce maîtresse du développement économique du Bénin. C’est une preuve que le gouvernement diversifie l’économie nationale pour avoir des ressources additionnelles pour le développement socio-économique du Bénin. Nous adhérons à une vision, à une idéologie à laquelle nous croyons.