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Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral
Dans quelques heures Yayi va convoquer le corps électoral

A quelques semaines des élections législatives, le Pouvoir de Yayi Boni attaque sur tous les fronts en s’en prenant aux opposants, en l’occurrence ses alliés d’hier qui dévoilent son plan de révision opportuniste de la constitution. Sa stratégie qui vise à les coincer, révèle plutôt sa marche forcée vers la modification de la loi fondamentale.

Depuis quelque temps, le régime de Yayi Boni lance plusieurs offensives qui de loin participent d’une stratégie qui vise à réduire l’influence de ses anciens alliés, aujourd’hui déçus de sa gouvernance. Plusieurs personnalités politiques se retrouvent dans son viseur. Les exemples ne manquent pas. Le président de l’Assemblée nationale, Mathurin Koffi Nago arrive à survivre face à des tirs à bout portant provenant du régime. Plus que jamais remonté contre Yayi Boni, il est devenu l’une des cibles à abattre avant les prochaines élections. Son péché, c’est d’avoir accusé le gouvernement de détourner les fonds devant servir à la réhabilitation de la bretelle de Bopa  et récemment  il a enfoncé le clou en évoquant les intentions du chef de l’Etat d’opérer  une révision opportuniste de la constitution. Il a vendu la mèche d’un système auquel il a appartenu pendant longtemps, donc au parfum de tout.  Coordonnateur national de l’alliance des Forces démocratiques unies (Fdu),  Mathurin Nago a profité de la sortie officielle de son groupe  le samedi 14 mars 2015 au Palais des congrès de Cotonou, pour mettre sur la place publique quelques secrets du Palais de la Marina.  Un exercice courageux et profondément républicain qui lui a valu une série d’ovations nourries. Pour  lui répondre, le régime utilise maladroitement certaine presse pour publier des lettres confidentielles échangées entre les responsables au sommet de l’Etat au sujet du projet de révision. En révélant  la teneur des correspondances, l’objectif du régime, c’est de montrer à l’opinion publique que Mathurin Nago soutenait le projet de modification de la constitution de Yayi Boni. Une stratégie totalement irréfléchie et révélatrice du plan funeste que le Palais a monté sur le dos du peuple. Cette stratégie est irréfléchie, parce qu’elle risque de se retourner contre le chef de l’Etat, car elle ne fait qu’amener de plus en plus de Béninois à douter de la sincérité de Yayi Boni, les confidences entre Mathurin Nago et lui étant dehors. Le président de l’Assemblée nationale a confirmé les soupçons qui pèsent sur le chef de l’Etat. Et, pour montrer que son accusateur était favorable à son plan, le président de la République oppose à ses propos la teneur des correspondances qu’ils échangeaient. Ce n’est ni plus ni moins, de  l’aveu. L’accusé a plaidé coupable et du coup, les soupçons qui pèsent sur lui se confirment.

La profession de foi en question

Que vaut alors sa profession de bonne foi, renouvelant sans cesse son engagement devant les autorités religieuses et politiques du monde entier, le Pape Benoît XVI, les présidents Obama, François Hollande,  le Secrétaire général de l’Onu Ban ki Moon et le peuple béninois de n’avoir aucune intention de réviser la constitution pour rester aux affaires ? Ses promesses ne valent rien et les Béninois de même que la communauté internationale ne peuvent que se montrer méfiants vis-à-vis des engagements du Pouvoir de Cotonou. Non seulement, il donne raison à tous ceux qui le soupçonnent  de vouloir par tous les moyens garder les rênes du pays, mais aussi il a tendance à foncer tout droit vers la révision de notre constitution. Pour Mathurin Nago, il faut l’arrêter net. Le président du Parlement n’est pas le premier à proposer qu’il faut opposer à Yayi Boni une force pour tuer son rêve, mais il est le premier qui occupe ce rang, 2ème personnalité de l’Etat, à appeler à coincer le roi du Palais de la Marina. Il promet des révélations si la cabale organisée contre sa personne au sujet de cette révision se poursuivait.  Ses révélations sont très attendues, car il en a donné un avant-goût lors de la création officielle du Fdu, en faisant allusion  des cadavres dans les valises. Avant cette prise de position officielle du président de l’Assemblée nationale sur la révision, sa camarade de lutte Hélène Kêkê Aholou, avocat de profession et présidente de la Commission des lois du Parlement a déjà rejeté plus d’une fois le projet de révision. Ce que Yayi Boni ne lui a jamais pardonné. L’avocat a critiqué le projet plusieurs fois et sa Commission a montré sa fermeté à le jeter aux oubliettes. On soupçonne que cette position affichée  est à l’origine  des ennuis qu’elle rencontre dans une affaire du marabout Mohamed Cissé. Le régime lui en veut à mort et rêve de voir son image écornée par ce dossier. Cette stratégie de Yayi Boni n’épargne pas les autres autres membres de la Commission des lois. Antoine Dayori, Nicaise Fagnon, Sacca Lafia, Candide Azannaï, Zéphirin Kindjanhoundé, Léon Basile Ahossi, Bani Samari, Eric Houndété, qui ont voté contre le projet de révision en commission sont sur la liste noire du Palais. Hélène Aholou Kêkê apparait dans le lot comme la proie la plus facile à abattre, parce que son cabinet a géré le dossier Mohamed Cissé dans lequel, le gouvernement trouve qu’il a commis des méfaits. Cela a l’air d’un acharnement qui n’a pas commencé aujourd’hui.

Dans le sillage de Patrice Talon

On a longuement parlé des hommes politiques persécutés parce qu’ils se trouvent dans le sillage de l’opérateur économique, Patrice Talon, objet d’harcèlement pour avoir refusé de soutenir la révision de la constitution. Soupçonné par le régime d’avoir attenté à la vie du chef de l’Etat, d’abord par empoisonnement, puis par coup d’Etat, l’homme d’affaire a également survécu aux manœuvres du Pouvoir. La justice l’a blanchi, là où Yayi Boni pensait avoir sa peau, l’anéantir et le mettre hors d’état de nuire à son projet. Ces différentes affaires dignes d’un canular, sont liées à son refus d’accompagner un projet de révision opportuniste. Malgré le rejet à plusieurs reprises du projet, et malgré les  échecs de Yayi Boni dans ses différends avec Patrice Talon, les autorités de Cotonou ne sont pas prêtes abandonner leur programme et à revenir à la raison.  Elles ont défini l’ «axe du mal», fondé sur le rapprochement entre l’homme d’affaires béninois exilé à Paris et certaine classe politique. Il accuse cette dernière, d’être trop en contact avec son « ennemi ». Se retrouvent dans l’ «axe du mal» tous les amis de Patrice Talon dont plusieurs députés à savoir  Eric Houndété, Nicaise Fagnon, Claudine Prudencio, Candide Azannaï, Epiphane Quenum. Ce n’est pas tout. La liste noire du régime est longue et très longue et parfois, on y ajoute les noms de ténors du régime en place. Il a soupçonné l’ancien ministre de l’Economie et des Finances, Jonas Gbian d’être au service de Patrice Talon et  de Robert Gbian, candidat à la présidentielle de 2016. Considéré pendant longtemps comme l’homme de confiance du roi du Palais de la Marina, Jonas Gbian s’est retrouvé en délicatesse avec son Yayi Boni qui lui a retiré les attributions ministérielles pour les confier à Komi Koutché. Dans ses manœuvres, ce régime décide de combattre   le Gal Robert Gbian. Un homme du sérail pour avoir occupé de hautes fonctions dans l’Armée, mais surtout à la présidence de la République. Yayi Boni les soupçonne également d’avoir tissé leur toile jusqu’à paris où se trouve Patrice Talon. Vilipendé, harcelé, menacé par le Pouvoir qu’il avait pourtant servi, le général Robert Gbian  a survécu aux agissements de Yayi Boni, parce qu’il a réussi à se faire accepter par de nombreux clans très influents dans la partie septentrionale du Bénin. Le Pouvoir doit se rendre compte que sa politique qui vise à éliminer tous ceux qui constituent un obstacle pour lui à la révision de la constitution, ne marchera pas et du coup son rêve de vouloir aller plus loin doit s’arrêter. Il est absurde de penser que dans sa marche forcée vers la révision, tous ceux-là vont se plier devant lui.

Fidèle Nanga