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La Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss) souffre de l’hyper-intelligence des hommes qui l’ont dirigée jusque-là. L’absence de vision de développement et les subsides que perçoivent les cadres auprès des banques, ont transformé la Caisse en une pétaudière que l’actuel Conseil d’administration remet à l’endroit sous fond de grand bruit.

Annulation de concours aux contours obscurs. Récusation de cadres suspicieux de siéger au sein d’une nouvelle commission devant désigner le cabinet de recrutement d’agents au profit de la Caisse nationale de sécurité sociale. Opposition à une gestion peu orthodoxe des finances de la Caisse… Il n’en fallait pas plus pour que le Conseil d’administration de la Cnss, présidé par Eustache Kotingan, fasse l’objet de cabale. Or, le président du Conseil d’administration de la Cnss émanant du patronat du secteur privé est non seulement dans la logique de la proactivité, mais encore, dans la logique de développement de la Caisse. Alors, Kotingan réfléchit sur comment rentabiliser les avoirs de la Caisse qui dorment dans les banques. Le pot-aux-roses découvert sur seize (16) milliards de francs Cfa logés dans une banque moribonde fait grand bruit.  D’anciens responsables de la Cnss en effet, ont déposé 16 milliards et ont perçu des prébendes de l’ordre de 400 millions de francs Cfa. Ce sont des ressources qui se chiffrent à des milliards de francs Cfa et qui peuvent financer la réalisation d’infrastructures de la Caisse.  Malheureusement, elles ont contribué au financement, contre intérêts personnels, de plusieurs projets de différents gouvernements sous forme de crédits. Mais les différents responsables qui se sont succédé à la Cnss n’ont eu de vision que de penser à leurs conditions sociales personnelles. Ces pratiques qui ont cours depuis 1956 du temps de la Caisse de compensation des prestations familiales à 2003 où l’établissement est devenu Caisse nationale de sécurité sociale (Cnss), ont rendu vulnérable la Caisse, malgré ses avoirs colossaux qui dorment dans les banques. C’est la conséquence d’une visite étriquée des dirigeants. Aucune vision de développement n’a sous-tendu la politique de cet établissement. Même le siège de la Direction générale dont la carapace impressionnante et feutrée force l’admiration n’est un véritable chef-d’œuvre. Il est déjà suranné après une dizaine d’années d’existence.

Un système de Ponzi combattu
 

Un système de Ponzi est un montage financier frauduleux qui consiste à rémunérer les investissements des clients essentiellement par les fonds procurés par les nouveaux entrants. Si l’escroquerie n’est pas découverte, elle apparaît au grand jour au moment où elle s’écroule, c’est-à-dire quand les sommes procurées par les nouveaux entrants ne suffisent plus à couvrir les rémunérations des clients. Pour ne pas perdre les créances de la caisse, qui s’élèvent à plus de 70 milliards de francs (Cfa), Eustache Kotingan a réclamé auprès des différentes banques, une lettre de confort afin de ne pas faire subir à la Cnss, les affres d’une éventuelle cessation des paiements. Car, les fonds ne sont revêtus d’aucune garantie. Alors, il faut être prévoyant. Depuis que le décret rendant plus autonome la gestion de la Caisse a été pris, la Cnss s’est affranchie de son statut de créancier chirographaire. Ayant les coudées franches, Eustache Kotingan a instauré une gestion qui tourmente les prédateurs de la Caisse. L’option en faveur d’une gestion axée sur des résultats et pour le développement de la Caisse qui peut minimiser les coûts des prestations et valoriser les taux de traitement des pensions entre en collision avec les pratiques anciennes. Kotingan étant déterminé à nettoyer les écuries d’Augias, c’est dans l’ordre normal des choses que ses détracteurs manipulent les valets de cadres qui sont en collusion avec les patrons de banques pour percevoir des subsides. Cette gouvernance n’est pas celle de Kotingan mû par le pragmatisme de chef d’entreprise du secteur privé. Aux dernières nouvelles, le compte rendu du Conseil des ministres révèle que la commission bancaire de l’Ueoma a constaté que 10 milliards de francs Cfa de la Cnss ont  été placés à la Bibe alors qu’elle n’est plus financièrement viable. C’est un gros risque de domicilier d’énormes fonds dans une banque en proie à des difficultés financières. Les auteurs de ces actes qui dressent le lit à la prévarication se retrouveront incessamment dans de beaux draps.

AT