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CAKPO-MAHOUGNON
Cakpo Mahougnon tout aussi déçu que bon nombre de citoyens de la gouvernance Yayi

Amertume, dépit, la rage du Président du Mouvement pour un sursaut patriotique (Msp) Mahougnon Cakpo sur le plateau de télévision Canal 3 contre le régime Yayi est sans ambages. Il affirme que la politique érigée par le Chef de file des cauris avait pour seule visée de diviser les fils et filles de la 18 ème circonscription électorale. Il la qualifie de malsaine mais se réjouit de l’unité qui est en cours et qui va être conquise selon lui sous la bannière de la nouvelle Alliance Fdu.

Zone franche : Vous êtes membre du Parti Upd Gamèsu, le parti va participer aux élections législatives à venir sous la bannière de Fdu (Force démocratique Unie), une alliance inconnue jusque-là. Vous avez opté pour la discrétion. Pourquoi cela ?

 Cakpo Mahougnon : Ce n’est pas une question de discrétion mais de grande précaution et de grande préparation. L’Alliance intitulée Force démocratique Unie a été constituée en vue non seulement de briguer les élections législatives, mais aussi pour œuvrer à la conquête du pouvoir d’État.

 Pourquoi aviez-vous été très prudents ?

Très prudent parce que le Professeur Mathurin Coffi Nago n’est pas quelqu’un qui improvise. C’est un homme de la réflexion et d’analyse. C’est pour cela que cette alliance avait été conduite avec une très grande préparation. Le contexte politique national aussi l’exige parce qu’à partir du moment où on sait que vous êtes avec telle ou telle personnalité politique, on se rue sur la personnalité pour l’arracher à coup de promesses et bien d’autres choses que vous connaissez. Vous connaissez la pratique actuelle dans le pays.

 Un parti politique ou un mouvement ou Alliance c’est d’abord la croyance en certaines valeurs. Vous pensez qu’il est possible de se laisser débaucher aussi facilement comme cela ?

Il ne s’agit pas seulement des membres du Parti Upd Gamesu. Nous parlons d’Alliance et vous savez qu’en matière d’alliance, c’est plusieurs partis politiques, plusieurs mouvements qui sont aussi rejoints par plusieurs personnalités. Vous savez que les convictions politiques et idéologiques ne sont pas au même degré à tous les niveaux. Ni au niveau des partisans, ni au niveau des personnalités et à partir de ce moment-là, certains peuvent facilement être débauchés.

 Est-ce que finalement vous adoptez les mêmes stratégies que les Fcbe qui pendant longtemps ont eu du mal à dévoiler leur liste.

Ce n’est pas une question de prudence. La prudence à ce niveau, c’est pour qu’il n’y ait pas de problèmes de contestation. Nous avions eu à faire une analyse de la situation politique nationale et cette situation nous amener à constater que ce regroupement initial était conduit de façon très hasardeuse avec beaucoup d’improvisation, avec non respect des principes partisans et démocratiques et aussi avec des principes qui ne sont point démocratiques et que nous ne sauront tolérer. A partir de ce moment-là, la plupart de ces partis ont pris leur distance vis-à-vis de ce regroupement (les Fcbe) et ont décidé de se mettre en alliance afin de sauvegarder et de promouvoir les principes et acquis démocratiques.

 A part le Professeur Mathurin Nago, Dakpè Sossou et Hélen Aholou Kèkè, qui sont les autres ?

Je vous annonce que l’Alliance sera lancée d’ici la semaine prochaine de façon officielle. Mais les dispositions ont été prises de façon légale pour que l’Alliance puisse déposer sa liste ce qui a été fait. Par rapport aux autres membres de cette alliance, il y a une dizaine environ de partis politiques avec les mouvements. En dehors de l’Upd Gamèsu dirigé par le Professeur Nago, vous avez l’Unvr Cocari dirigé par l’Honorable Bani Samari, vous avez le Pdp de Bathélémy Agnan représenté par Noel Koussé, vous avez le Pds dirigé par Egounlety Pédro, vous avez le Pdmd dirigé par le Docteur Sossa Charles, vous avez également l’Ubs de Monsieur Valentin Agbo et bien d’autres partis, mais aussi beaucoup d’autres mouvements dont le principal est le Mouvement pour un sursaut patriotique que je coordonne sur le plan national.

 Vous dites que vous êtes préparés mais ce n’est pas l’impression que cela donne. Tout est pratiquement terminé mais c’est la semaine prochaine que vous allez lancer l’Alliance.

C’est ce que peut être traditionnellement vous avez l’habitude de constater. Le lancement n’est pas le lieu de naissance de l’alliance. Le lieu de naissance de l’alliance c’est la déclaration officielle au niveau du ministère de l’intérieur. C’est en ce moment-là que naît l’Alliance réellement. C’est comme cela que nous avons procédé d’abord. Nous avons été ensuite préoccupés par l’organisation des listes électorales. Vous avez vu vous-mêmes que certaines listes ont connu de problèmes et que la plupart des grandes formations n’ont pu obtenir le même jour, leur récépissé provisoire à la Cena. Ce n’est que le lendemain. Cela n’a point été le cas de l’alliance force démocratiques unies.

 On note de façon général que ceux qui forment cette Alliance, ce sont les déçus, les frustrés des Fcbe. Est-ce que ce n’est pas un réveil tardif ? Pendant 9 ans vous y êtes restés quand même.

Il ne s’agit point d’un réveil tardif. Le problème est que vous avez pris des engagements, vous vous engagez dans un processus avec les amis. Des amis que vous croyez sincères. Mais au fur et à mesure que vous évoluez, vous constater qu’il n’y a plus de sincérité. A partir de ce moment-là, lorsque vous avez l’esprit d’un enseignant, vous prenez du temps et vous tentez de régler les choses. Mais lorsque vous constatez définitivement que le caractère ne peut être modifié, vous prenez vos distances.

 La sincérité dont vous parlez est à quel niveau ?

 La sincérité c’est du côté de pouvoir. Lorsque vous êtes dans une équipe, l’équipe doit fonctionner de façon démocratique. Lorsque les principes démocratiques ne sont pas respectés, il y a des conciliabules qu’on tient, des réunions qu’on fait. Mais lorsque après cela, les mêmes problèmes se posent et se répètent, vous vous rendez-compte que cela ne peut fonctionner ainsi.

 Vous êtes restés dans votre sincérité pendant pratiquement 9 ans au sein des Fcbe et pourtant les critiques fusaient depuis.

 C’est ce que l’opinion peut croire. C’est-à-dire répondre à chaque claquement de doigts. Cela n’a jamais fonctionné ainsi. Le principal intéressé sait que cela n’a jamais fonctionné ainsi. Il n’y a jamais eu de Pin pan en réalité et ne saurait jamais avoir de pin pan parce que celui dont il est question, c’est quelqu’un de très réfléchi. Il ne saurait bafouer sa personnalité en s’inscrivant dans un jeu de Pin pan. Toutes les fois qu’on a dit cette histoire, vous l’avez jamais entendu répondre à cela ? Lorsque vous êtes dans une équipe c’est que vous essayez de régler les problèmes entre vous d’abord avant d’amener les divergences sur la place publique. Les divergences en moment-là étaient en train d’être réglées, mais n’étaient jamais réglées. Finalement on se rend compte qu’on ne pouvait jamais rien régler dans ces conditions-là.

 Qu’est-ce qui n’a pas fonctionné. Quels ont été les contrats occultes….

Il n’y a jamais eu de contrats occultes. Ce qui n’a pas fonctionné c’est ce sur quoi on s’engage et qu’on ne respecte pas.

 Ce sont les nominations ?

Ce n’est pas seulement cela. Les questions de principes démocratiques. Lorsque vous parlez tout à l’heure de claquement de doigts, ce qui était défendu à ce moment-là, c’était la démocratie. C’est-à-dire qu’un changement de comportement de la part du Professeur Nago aurait pu faire basculer notre démocratie en ce moment. Vous n’avez pas oublié tout ce qui s’était passé lors de la sixième législature chez nous. Mais ce qui a été défendu c’était la démocratie. Aujourd’hui ce qui est également défendu, c’est également la démocratie. Ce sont les principes démocratiques qui sont défendus. Parce que ce que nous avons de plus cher, c’est la démocratie.

 C’est l’analyse que vous faites de la gestion du Chef de l’Etat ?

Lorsque vous êtes au niveau de l’Etat, vous ne pouvez pas fonctionner comme si vous étiez seuls. Parce que pour que vous puissiez arriver là où vous êtes, il y a bien d’autres qui ont contribué. Vous êtes accompagnés. A partir de ce moment, pour faire certaines choses, vous devez forcément prendre l’avis de ceux avec qui vous êtes. Vous ne devez pas vous lever et prendre des décisions et penser que les autres chaque fois vont vous suivre. Vous pensez que tous ceux qui sont contre la façon dont les choses se passent aujourd’hui dans notre pays n’étaient pas des gens sincères. C’était des gens bien sincères et qui avaient cru en quelque chose. Mais ils ont constaté qu’ils avaient été floués.

 Vous dites qu’il faut consulter les gens avant de prendre des décisions lorsqu’on est dans un ensemble. Faites-vous allusion à la révision de la constitution ?

Non, je ne parle pas forcément de la révision de la constitution. La révision de la constitution est encore un autre problème.

 Que visent les partis qui constituent votre Alliance. C’est objectif législatives ou au-delà ?

Cette alliance n’est pas seulement une alliance constituée pour un feu de paille. Non. C’est pour non seulement aller aux élections législatives mais également pour conquérir le pouvoir d’Etat.

 Mais l’expérience a montré que les Alliances qui naissent à la veille des élections ont toujours été des feux de paille.

On peut prendre exemple sur ces cas pour pouvoir faire d’autres analyses. Et lorsque vous êtes un acteur politique et que vous connaissez ces exemples, vous essayez de prendre des dispositions pour que cela n’arrive point. Lorsque vous êtes dans une alliance et que cette alliance n’est pas structurée, organisée et que les décisions ne sont jamais prises de façon collégiale et ne sont jamais exécutées de façon collégiale, vous arrivez au résultat que nous avons aujourd’hui. Je crois que les initiateurs de l’Alliance Fdu ne sauraient prendre des risques qui pourraient faire disparaître cette alliance au lendemain des élections.

 On sait que le Président Mathurin Nago est tête de liste au niveau de la 18ème circonscription. Quels sont les critères qui ont milité en sa faveur.

Les critères qui ont milité en sa faveur, c’est l’expérience qu’il a accumulée pendant plusieurs années. C’est quelqu’un qui a été député depuis la deuxième législature (1995, 1999) et puis après, il a rengainé avant de revenir et de faire deux mandats. Il pense qu’il peut toujours continuer de relever le défi.

 Il se retrouve dans la même posture qu’Emmanuel Golou qui aspire à d’autres fonctions et a préféré se retirer. N’était-il pas un exemple à suivre.

Non, les objectifs ne sont peut être pas les mêmes et la stratégie n’est pas la même. Lorsque vous envisagez d’atteindre un objectif, vous prenez les dispositions pour. Aller aux élections n’est pas une fin en soi. Mais stratégiquement, cela peut signifier quelque chose pour atteindre d’autres objectifs. C’est évident. Pourquoi ? Parce que vous avez suivi la guerre tout récemment. Le processus de diffamation de dénigrement du Professeur Mathurin Nago au niveau de certains cadres et fils de la même localité qui disent qu’il ne vaut rien dans sa région. Il n’a qu’à aller maintenant pour montrer à tout le monde qu’il a toujours pu. C’est cela la stratégie.

 Donc, c’est plus qu’un challenge.

Evidemment. C’est un défi qu’il doit relever, sinon ce serait trop facile de permettre aux autres de continuer de dire que c’est eux, alors qu’au moment même où ils le disent, ceux pour qui ils le disent les ont fatalement abandonnés. Vous avez vu les listes.

 A-t-il les chances de réussir ?

Avant les élections, tout candidat est toujours bon. Tout candidat se dit qu’il va réussir. Mais attendons.

 Est-ce que vous y croyez. N’avez-vous pas des doutes ?

Aucun doute. Parce que celui qui est aveugle et qui vous menace de vous jeter un caillou, s’il n’a pas ce caillou sous les pieds, il l’a dans la main.

 Mais vous n’êtes pas positionné. Mais il est révélé que vous avez eu l’ambition et que vous n’avait pas eu de place pour vous.

Il n’a jamais été question de ma candidature sur cette liste. Jamais. Parce que nous connaissons la stratégie que nous utilisons.

 A part le Professeur Mathurin Nago, qui sont les autres sur la liste ?

Sur cette liste, vous avez le Professeur Mathurin Nago qui est tête de liste, vous avez le Maire de Lokossou Dakpè Sossou qui est en 2ème position et ensuite, vous avez le docteur Michel Mègnaglo.

 On a quand même vu Dakpè Sossou faire allégeance au Chef de l’Etat. Qu’est ce qui justifie son ralliement à Nago ?

C’est qu’il a compris la manipulation dont les nôtres sont victimes. Ils sont victimes d’une manipulation parce que le système politique actuel pratiqué par le pouvoir fonctionne par la division. La division des frères, la division au sein des foyers, la division au sein des villages et des maisons. Le Maire Dakpè Sossou a compris la stratégie. Mais bien d’autres sont en train de comprendre cette stratégie. Vous avez vu comment les choses se déroulent au niveau de la confection des listes au niveau de notre circonscription électorale. Tout le monde a compris que c’était de la manipulation et qu’il n’est point nécessaire de continuer de vivre dans cette manipulation. C’est pourquoi le Maire a dit non en allant s’expliquer avec le professeur Mathurin Nago. Et comme ils ont compris qu’ils étaient dans la même dynamique et dans le même combat, ils se sont mis sur la même liste. Ils sont dans le même combat et ce combat avait déjà commencé depuis les dernières échéances électorales.

 Mais fondamentalement, pourquoi chercherait-on à abattre Mathurin Nago ?

C’est justement à ce niveau qu’il y a la question. C’est un phénomène paradoxal. C’est-à-dire quelqu’un qui vous a supporté, qui vous a défendu contre vents et marées, qui a su préserver pour vous le pouvoir politique, qu’est-ce que vous en faites ? C’est du machiavélisme en réalité. Et ceux dont nous parlons sont de fidèles lecteurs de Machiavel. Vous comprenez que celui-là qui a su magistralement et avec dextérité vous sauver et sauver votre pouvoir politique, vous commencez à lui en avoir parce que vous vous dites, ah, et s’il se retournait contre moi ? A partir de ce moment-là, la stratégie machiavélique consiste tout en étant avec lui à lui couper les bases, à le détruire, à la saboter et à financer des frères proches contre lui et à débaucher ceux qui pourraient constituer sa force sur le terrain. C’est ce qui a été fait de façon cynique et cela depuis 2008. C’est-à-dire dans cette période chaude où le combat au niveau de la cinquième législature était atroce et ou on ne savait pas si le Président de l’Assemblée allait être destitué ou pas. C’est dans cette période là au moment où celui-là qui est en train de vous soutenir vous commencez à lui saper les bases.

 Voulez-vous parler des Soussia et autres ?

Ce n’était pas dans ce type de nomination en ce moment là. En ce moment-là ce qui se disait c’est exactement ceci : Je voulais bien vous nommer, mais c’est vote frère qui a refusé. Lorsqu’on est dans un combat politique, on attend des retombées n’est-ce pas ? Mais celui là qui peut vous permettre d’avoir ces retombées là on vous dit que c’est lui qui vous empêche de l’avoir. Par conséquent qu’est ce que vous faites ? Lorsque vous êtes à un poste et qu’on vous enlève, vous dites que votre frère qui est là n’est pas capable de défendre vos intérêts. Lorsque vous avez des projets de développements dans votre localité et que ces projets de développement ne viennent jamais à terme, et qu’on vous dit que c’est parce que celui que vous avez là n’arrive pas à vous défendre correctement, toute la population s’érige contre vous. Voilà l’une des stratégies.

 La stratégie vous surprend ?

Non, elle ne me surprend pas, mais c’est malsain. Absolument peu sincère. Ce n’est pas parce que nous sommes en politique que nous n’allons pas observer une certaine éthique politique.

 Transcription: Hospice Alladayè