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Yayi s'est fait huer par les populations de Comé
Le gouvernement Yayi doit faire le point de la campagne cotonnière

Sous Yayi Boni, le coton se cultive sur les écrans de la télévision nationale. Mais pour la campagne cotonnière 2015-2016, son gouvernement a simplement choisi de ne pas faire un battage médiatique autour des opérations concernant le point de la mise à disposition des intrants, la superficie emblavée et autres. Ce qui pousse à une question : est-ce un aveu d’échec ? Surtout que les producteurs se plaignent des quantités d’herbicides et de pesticides jugées insuffisantes.

Personne n’a jamais été d’accord avec le gouvernement sur sa méthode de gouvernance du secteur cotonnier, de même que sur les chiffres qu’il balance dans l’opinion publique. On a souvent démontré que sa politique débouche sur un gouffre financier et que finalement le coton, une culture de rente qui doit renflouer les caisses de l’Etat, pompe plutôt les deniers publics. C’est ce qu’ont révélé les dernières campagnes cotonnières, mais le gouvernement n’a jamais reconnu son échec. Sa propension à la désinformation, son amateurisme et ses choix ont contribué à mettre l’or blanc à genou. Après plusieurs campagnes marquées par un battage médiatique orchestré par Yayi Boni et son équipe, les mêmes problèmes sont d’actualité et sautent à l’œil. Le chef de l’Etat et son organe opérationnel, la Sonapra, continuent d’allouer des subventions au secteur, de livrer des herbicides et des pesticides qui ne font pas le bonheur des producteurs. Bref, le gouvernement n’a pas arrêté d’appauvrir les producteurs et d’endetter le pays. Il n’a pas cessé d’étaler son manque de professionnalisme. A la différence que cette année, les points de presse, les communiqués du gouvernement, les comptes rendus tronqués et mensongers, qui passaient en boucle sur certains médias ont disparu. En effet, si les différentes étapes de la campagne 2014-2015 ont nécessité un battage médiatique orchestré par les organes ad hoc qui s’éternisent, la campagne en cours n’a pas connu un tel intérêt au niveau des médias. Le gouvernement a observé un silence plat sur la mise à disposition des intrants, la superficie emblavée, sans oublier son insensibilité face aux préoccupations du monde des producteurs insatisfaits des pesticides et des herbicides. Si l‘on doit y voir de près, c’est parce qu’il doit y avoir un problème. Il faut s’interroger là-dessus, voire s’en inquiéter. Le gouvernement a sans doute peur de se faire rattraper par le passé, étant finissant, il ne pourra plus continuer à maquiller, par des chiffres irréalistes, ses erreurs et son mensonge. Compte tenu de la gestion opaque actuelle du coton, il y a urgence qu’un point soit fait sur les différentes zones d’ombre évoquées. Ainsi, l’équivoque serait levée et ceux qui demandent des comptes aux gestionnaires de la filière pourront apprécier le bilan au moment venu.

 Abdourhamane Touré