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IRENEE-AGOSSA
Irenée Agossa

Le « Nationaliste » Irénée Agossa, directeur de la Sonacop, a offert un spectacle digne d’un cirque, l’après-midi de ce jeudi 27 août 2015. Usant de moult invectives, il était manifestement en mission pour décourager la candidature d’un opérateur économique, un compatriote qui plus est.

Alors qu’il arrive à peine à se dépêtrer de la situation de la « Sonacop », qui n’a d’ailleurs pas pu connaître une réelle émergence depuis qu’il est à sa tête, Irénée Agossa s’immisce à nouveau en politique. Celui que, par ironie, la presse béninoise a surnommé « qualiticien » a dégainé contre la candidature de Patrice Talon. Est-il en mission ? Pourquoi cette peur bleue dans le camp présidentiel depuis l’annonce de la candidature du patron du coton béninois ? Cette sortie politique qui évoque « la vengeance » et le « totalitarisme » étonne par sa légèreté, et le défaitisme qui a fini par prendre le dessus dans le rang de la mouvance. Pour une fois, le chef de l’Etat peine à trouver quelqu’un qui puisse porter son « agression » contre le magnat du coton. Or, Patrice Talon est béninois, et comme tel, dispose de la latitude de prendre part aux joutes électorales. Il peut, et c’est d’ailleurs un devoir moral pour lui de mettre son expertise et son carnet d’adresses à profit, pour redresser la barre de l’économie béninoise plongée dans un coma végétatif depuis 2006. C’est dire donc, qu’une fois de plus, la stratégie adoptée par le gouvernement, pêche par son amateurisme. Avec dix années au pouvoir, le camp Fcbe devrait avoir la fierté d’aller au combat. Un combat franc et direct sur le terrain politique. Vouer son adversaire aux gémonies, l’accabler de tous les maux, bien avant d’avoir combattu, c’est un aveu d’échec. On l’aura compris, la perspective de la candidature du plus célèbre des exilés politiques béninois, continue de donner de l’insomnie à la Marina. L’on ne sait plus à quel saint se vouer. Et pour avoir gouverné sans partage, seul maître abord du navire, le Chef de l’Etat, a oublié de préparer une relève de qualité. L’option Komi Koutché a du plomb dans l’aile, depuis le revirement spectaculaire de la Cour. Comme l’a précisé le maître des céans, la décision Dcc 15-156 ne remet en rien en cause l’article 44 de la Constitution du 11 décembre. Le fringant argentier devra donc prendre son mal en patience et attendre son tour.

 Une grande détresse dans le camp présidentiel !

 Il n’y a pas de génération spontanée en politique. Comment donc sortir du pétrin de 2016 ? C’est le dilemme dans lequel le pouvoir est empêtré depuis. Et pourtant dans l’entourage du chef de l’Etat, dit-on, il ne manque pas de personnalités à poigne, capables d’aller au front en 2016. Entre-temps, avec la tentation Lionel Zinsou, on avait pu comprendre que la mouvance présidentielle s’est tirée d’affaires. Les qualités de l’économiste béninois ne peuvent être remises en cause. En d’autres temps, et dans un contexte politique moins « pourri » par les scandales financiers à profusion, Lionel Zinsou est le personnage indiqué pour le job. En plus, sa candidature pourrait bénéficier de l’onction de Paris. Détail important, et pas des moindre. Mais, la greffe n’a pas pris. Comme, le reconnaît l’un des politiciens les plus chevronnés de l’échiquier politique national : Lionel Zinsou est venu trop tard dans un monde trop vieux. Selon des indiscrétions parues dans Jeune Afrique, le 1er magistrat ne serait pas très disposé à voir son mécène d’antan se présenter. Peut-être que la réponse de l’hôte élyséen n’a pas été très favorable à cette requête. Cela va s’en dire. Il n’y a pas d’ami en politique, il n’y a que des intérêts. Entre temps, l’Eglise aurait été sollicitée pour décourager des opérateurs économiques fortunés d’être dans la course pour l’élection de février prochain. Les raisons évoquées manquent simplement de sérieux et d’élégance. Les unes étant plus loufoques que d’autres. La détresse est grande dans le camp présidentiel. Mais, jeter de l’opprobre et du discrédit sur la candidature d’un adversaire politique n’est pas une stratégie politique efficace.

 Wilfrid Noubadan