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L’équipe de sensibilisation face aux producteurs de Parakou

La mission de sensibilisation des producteurs de coton dans le département du Borgou s’est achevée vendredi 3 juin 2016. Les responsables de l’Association interprofessionnelles du coton (Aic) et cadres du ministère de l’Agriculture ont redonné espoir aux acteurs de la filière coton.

Les producteurs du coton des Communes du Borgou sont rassurés du bon déroulement de la campagne 2016-2017. Ils s’attelent à dépasser les performances réalisées la saison écoulée. C’est le fruit de la sensibilisation menée par l’Association interprofessionnelle du coton (Aic) et des cadres du ministère de l’Agriculture. Sékèrè, Sinendé-centre, Sikki, Fô-Bouré, Tchaourou, Tchatchou, Kika, Bètèrou, Sanson, Pèrèrè, Sontou, Kpébié, Guinagourou, Gninsy, Sakabanssi, Ouénou, Suya, Tasso. Ce sont entre autres localités sillonnées par les équipes de sensibilisation des producteurs de coton. Le message apporté était toujours le même : informer les principaux responsables des organisations des producteurs de coton sur les dispositions prises par l’Etat pour leur faciliter la production et la commercialisation du coton au titre de la campagne 2016-2017. Aussi, était-il question pour ces équipes d’apaiser les producteurs. A chaque étape, les membres de cette mission ont été rassurés sur le fait que les producteurs de la campagne dernière sont tous entrés en possession de leurs fonds que devait l’ancien régime. Des impayés de 19,5 milliards sont entièrement soldés par le premier gouvernement du président de la  Patrice Talon. Dans les  échanges, les membres de la mission ont levé l’inquiétude évoquée par les producteurs sur la satisfaction totale de leurs besoins en intrants coton que sont les semences, les herbicides, les engrais et les insecticides. Pour ce qui concerne la commercialisation du coton-graine de cette campagne qui démarre, ils leur ont précisé que les dus seront payés par décade. Mais avant, l’évacuation de leur produit sera assuré par des transporteurs mis à leur disposition à l’avance par les acteurs de la filière. Tous les producteurs ont accueilli avec enthousiasme la bonne nouvelle du rétablissement de l’accord-cadre entre l’Etat et l’interprofession cotonnière au sein de laquelle ces producteurs se retrouvent pour une gestion transparente de la filière. Au nombre des préoccupations des responsables d’organisations de producteurs, reviennent toujours le non-paiement de leurs prestations, le rapprochement des intrants au niveau des villages et hameaux, la défectuosité des pistes rurales, la mise en place des intrants en qualité et en quantité suffisante, la mise en place d’un fonds de crédits aux producteurs, le relèvement du prix du kilogramme et même des intrants tels que les engrais, les herbicides et insecticides.

Hervé M. Yotto

Réactions de quelques acteurs de la filière

Nouhoun Amadou, Secrétaire Cvpc de Nikki-Kpérou à Parakou : « Tous ces ratés font que le producteur est toujours perdant au bout du rouleau »

« Le producteur, après avoir cultivé, rassemble sa production parterre. Cette production est aussi livrée aux intempéries et parfois même  au feu. Après avoir subi les affres des intempéries, ce coton de premier choix change automatiquement de qualité arrivé à l’usine, alors que cette variation n’émane pas du producteur. Mais avant, l’engrais était devenu un produit rare. Et lorsqu’il le trouve difficilement avec retard, cela fausse le rendement escompté à la récolte. Lorsque le cotonnier fleurit, le producteur est aussi confronté au problème d’approvisionnement d’insecticides pour le traitement alors que le cotonnier, dans son évolution, va de pair avec les différents traitements. Mais par défaut du respect des traitements phytosanitaires, le rendement devient très bas. Tous ces ratés font que le producteur est toujours perdant au bout du rouleau».

Kadhidjatou Mama Djougou, Rdr/Parakou : « Cette campagne se déroulera sans faille »

« Par rapport à la campagne agricole 2016-2017, je crois, nous sommes à pied d’œuvre pour sa réussite. A ce sujet, nous avons déjà dans mon secteur de compétence procédé à la sensibilisation des producteurs. Et vue les dispositions qui sont en train d’être prises par le gouvernement, il y a plus d’engouement de nos producteurs. Pour cette campagne, notre prévision est à la hausse par rapport à la campagne écoulée. Beaucoup de producteurs hésitaient, mais actuellement, on a espoir que ça prendra corps sur le terrain. Présentement, nous avons reçu des stocks résiduels en semences coton et les herbicides. La quantité disponible peut couvrir, pour le moment, nos prévisions. Pour l’engrais, on a encore du temps et nous croyons qu’il sera disponible à temps et en quantité suffisante. Pour la reforme, plusieurs missions du gouvernement et de l’Aic sont passées recueillir nos difficultés. Je crois également que cette campagne se déroulera sans faille. Et puisqu’on a de la matière première, on démarre bien. Le reste de nos besoins suivra certainement à bonnes dates comme promis. »

Bio TourouBani Gouda, membre d’une équipe de sensibilisation : « Ils ont aussi évoqué le problème d’insuffisance de terres »

Au terme de la mission, je pense, dans l’ensemble, que la sensibilisation s’est bien passée. Ce que nous retenons essentiellement s’articule autour de trois points. Premièrement, l’inquiétude des producteurs pour la mise en place à temps des intrants en quantité et en qualité au niveau des coopératives. Ce problème a été soulevé presque partout. Pourquoi ? Parce que la mise en place des intrants coïncide avec les préparatifs des semis. C’est un handicap qui empêche aussi d’avoir un bon rendement. Deuxièment, ils ont aussi évoqué le problème d’insuffisance de terres. Et vous savez, nous n’avons pas la compétence  de régler ce problème. On n’est pas bien placé pour parler de terres, mais nous avons pris acte de leurs doléances et on les soumettra à qui de droit. Troisièment, c’est au niveau de la gestion des  crédits-intrants au sein de leurs coopératives. Il s’agit de donner des intrants à des producteurs fictifs ou à des producteurs incapables qui n’arrivent pas à solder le coût de leurs intrants. Conséquence, ce sont les meilleurs producteurs qui en pâtissent. Ça aussi constitue un gros problème pour les producteurs par rapport à l’engouement pour la filière. Une autre préoccupation aussi des producteurs est la commercialisation jusqu’au paiement des fonds. Après la récolte, il faut mobiliser des ressources pour pouvoir évacuer le coton à l’usine. Les transporteurs leur prennent suffisamment d’argent. Et lorsqu’ils finissent de vendre, il leur faut attendre des mois. Et parfois, ils n’arrivent pas à entrer en possession de la totalité de leurs sous. Voilà autant de problèmes qui sont évoqués et on n’a pas manqué de leur dire qu’aujourd’hui, la priorité du gouvernement et  surtout de son chef, est d’aider à régler tous les problèmes des producteurs et ces problèmes sont bien connus de lui ».

Propos recueillis par Hervé M. Yotto