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LIONEL4Avant 1960, les pays sous le joug du colonial étaient dirigés par des administrateurs métropolitains. Il y avait des ministres des territoires d’outre-mer. 55 ans après ce cynisme révoltant qui constitue un crime contre l’humanité, le Bénin est loin de prendre sa destinée et de se démarquer des Gaulois. Et pour cause. La candidature à la présidentielle de 2016 d’un Franco-béninois qui n’est nullement imprégner des réalités socioculturelles africaines.
Le Bénin de l’ère Yayi Boni retourne inexorablement à l’époque coloniale. La colonie dahoméenne était, pendant ces années de triste mémoire, sous le joug de la France. Le territoire dahoméen subdivisé en cercles (équivalents des communes), était dirigé par des administrateurs Blancs. Et l’ensemble du territoire était entre les mains d’un gouverneur que la métropole nommait. L’administration de l’ensemble du territoire des Béhanzin, Bio-Guéra et Kaba, était commandée par les Colons qui recevaient et mettaient en pratique la volonté esclavagiste des maîtres français. A titre illustratif, le recrutement forcé des enfants nègres pour la scolarisation ; mais qui en réalité, était une pépinière pourvoyeuse de bras valides à l’effort de guerre au cours de la seconde guerre mondiale, la servitude pour les travaux de construction de lignes téléphoniques ou des ouvrages de franchissement sur les cours d’eau, la construction de logements, leurs équipements et leurs embellissements au profit du Colon, étaient le traitement affligeant et dégradant imposé à l’homme noir. Ce dernier, n’avait ni parole ni volonté devant le Blanc. La culture de l’homme noir a été avilie et il lui a été imposé, la langue de Molière et la tenue vestimentaire de Louis Napoléon. Voilà l’héritage et le passé sombre qui continuent d’être un véritable frein au décollage de l’Afrique et du Bénin. C’est à juste titre que les jeunes militaires révolutionnaires, après avoir analysé la situation politique du Dahomey, de 1960 à 1972, ont trouvé que « la caractéristique fondamentale et la source première de l’arriération du pays est la domination étrangère ». Le président Nicéphore Soglo a toujours souligné le mérite de ces jeunes révolutionnaires qui ont pu faire un tel diagnostic. A une soixantaine de jours de la présidentielle de février 2016, le choix de Lionel Zinsou, par le président Yayi Boni, s’inscrit bien dans la logique de la gouvernance des années d’avant les indépendances en Afrique. Ce choix aussi étonnant que traumatisant, ne manquerait pas de raisons de la part du leader des Cauris qui tient à s’assurer une retraite politique paisible. Seulement, le choix de son poulain contraste avec les attentes des militants de son propre camp et fait reculer le pays au plan des considérations politiques de plus de 55 ans.
 Lionel Zinsou s’est trompé de Nation
 Le prophète Martin Luther King a souhaité, à travers son rêve, que les Etats-Unis d’Amérique soient dirigés un jour par un Nègre. Cet idéal qui puise son essence dans les luttes contre les injustices sociales et la discrimination raciale au pays de l’Oncle Sam, s’est finalement réalisé avec l’avènement du premier président noir-Américain, Barack Obama. L’homme a ses origines paternelles en Afrique et précisément au Kénya. Mais, il est né aux Etats-Unis. Il y a fait ses études. Il y a vécu. Il a des collègues avocats américains. Il a tout de la culture des Américains. Les Etats-Unis lui ont tout donné. C’est dans l’ordre normal des choses qu’en retour il sert le pays au plus haut niveau à la Maison Blanche. Obama a bien la double nationalité. Mais cet illustre personnage qui sait bien communiquer, sait aussi qu’il ne peut jamais prétendre diriger le pays de son Père qui fut un grand homme politique Kényan. Il n’en a aucune culture. Il ne connaît que les membres de sa famille paternelle. Il n’est collègue de personne dans ce pays montagneux de l’Afrique de l’Est qui fait la fierté du continent dans l’athlétisme. A l’aune de ces réalités, Lionel Zinsou, peut-il prétendre devenir le locataire de la Marina ? N’est-il pas recommandable qu’en reconnaissance de tout ce que la France, (dont il se réclame plus au détriment du Bénin), lui a donné qu’il sollicite les suffrages des Français ? Il lui serait plus facile de briguer un mandat à l’Elysée. Car, Lionel Zinsou est très redevable à la France. Il ignore tout des réalités béninoises. Il est encore temps de changer d’option pour ne pas insulter l’intelligence des Béninois. Georges Sorel, disait que « les chefs ont des sentiments actifs, et la jalousie se transforme chez eux en une soif d’arriver, coûte que coûte, aux positions les plus enviées, en employant tous les moyens qui permettent d’écarter les gens qui gênent leur marche en avant » Dans une telle logique, l’attitude du candidat des Fcbe, qui tend à défoncer les portes, s’apparente à une recolonisation 55 après les indépendances et le retrait du Colon des affaires publiques qui concernent les Nègres.
Jean-Claude Kouagou