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Patrice Talon: l’homme de consensus

Précis et concis, le célèbre exilé a surpris nombre de ses compatriotes par la qualité de ses propos et la pertinence de sa vision. Mais, il y a un terrain sur lequel il était très attendu : celui de sa candidature ou non aux prochaines élections présidentielles. Sa réponse à ce propos est sans ambages : l’homme tient à une large concertation, avant de se jeter à l’eau…

Dans le combat pour la reconstruction de la cité, Patrice Talon tient à prendre sa part de feu, quitte à y sacrifier sa vocation et son confort. Devant nos confrères, il l’a martelé avec forte conviction. Et l’homme d’affaires a d’abord tenu à justifier sa forte implication dans le débat politique. Au-delà de l’intérêt général qui en est l’essence, « l’essor ou le déclin d’une nation, estime-t-il, est toujours tributaire de la bonne ou mauvaise gouvernance politique ». Et ce passionné de compétitions a toujours soutenu différentes chapelles politiques de notre pays, rien que pour raviver la flamme de la contradiction, naturellement source de lumière. Passons sur ses différentes propositions pour sortir notre pays de la « misère et de la honte », intéressons-nous aux ambitions de l’homme, pour la magistrature suprême. L’immense majorité des téléspectateurs de ce lundi soir attendait la réponse de Patrice Talon à ce propos, tant les rumeurs étaient devenues folles…Et sur ce volet, on peut affirmer que l’homme d’affaires, a révélé un pan de l’animal politique, qui sommeillait en lui. Il n’a pas éludé la question. Loin s’en faut! Mais il a donné une réponse qui malgré sa clarté, n’a peut-être pas comblé les attentes de ceux qui sont férus de détails.

 Il nourrit bel et bien des ambitions

 Et pourtant, tout y est : « Je n’ai jamais, affirme-t-il, été autant actif que ces dernières semaines, dans mes échanges avec les leaders politiques de mon pays, pour apporter une réponse concertée et adéquate à cette question ». Autrement dit, Patrice Talon nourrit bel et bien des ambitions présidentielles, mais il les soumet à des conditions précises. C’est pourquoi, depuis quelques semaines, il est en pleine concertation avec différents leaders de notre classe politique, afin de trouver un terrain d’entente à défaut d’un consensus qui, fatalement n’est pas des plus évidents. On en déduit que l’homme ne veut pas être un candidat solitaire ou isolé. Il se veut le porte-étendard d’une large frange de notre classe politique. Ce serait franchement parlant, une lapalissade de dire que Talon connaît notre classe politique. Il l’a amplement démontré, lors de l’élection pour le perchoir. Et il n’est un secret pour personne, que nombre de « présidentiables », ne juraient que par lui, avant le grand orage…Face au risque évident d’émiettements en face de l’ogre présidentiel, Patrice Talon a décidé de prendre ses responsabilités et toutes ses responsabilités. En fin stratège, il a décidé de s’appuyer sur une bonne partie de la classe politique nationale, sans écarter d’autres composantes de notre société. Il sait mieux que quiconque, que cette « mère de toutes les batailles » que constituent les présidentielles, ne se gagnent que dans le rassemblement, et ceci, dès le premier tour… Il est aussi payé pour savoir qu’il ne fera pas d’emblée l’unanimité ! Quelques jusqu’au-boutistes iront jusqu’au terme de leur logique. Mais l’essentiel sera de ratisser large. La dynamique de la victoire aidant, certains rattraperont le wagon en route. Et il est déjà certain que leçon sera tirée de l’expérience de la fameuse candidature unique de l’Union fait la Nation, aux Présidentielles de 2011. Le contexte, il est vrai, est assez différent de nos jours. Nous sommes en fin de mandat avec tout ce que ceci comporte de reniements, de renoncements ou de revirements, aussi spectaculaires les uns que les autres. Et un des atouts majeurs du rassemblement prôné par le très probable candidat, c’est d’abord et surtout sa propre détermination, qu’il décline par ces mots magiques : « j’ai un âge et je suis désormais à un stade où l’on a envie de tout donner… »Si ce n’est pas là un « cheval gagnant, çà y ressemble…

 Abdourhamane Touré

 Après le pardon de Patrice Talon, La bonne foi de Yayi mise à l’épreuve

Patrice Talon, au cours de l’entretien télévisé qu’il a accordé à la presse lundi dernier, a démontré sa magnanimité et ses dispositions d’homme d’Etat au caractère bien trempé. Son pardon, et le coup de balai passé sur ses relations tumultueuses passés avec Yayi Boni, constituent un grand pas vers l’apaisement de la tension politique. La balle, est désormais dans est le camp du chef de l’Etat.

L’homme d’affaires béninois, Patrice Talon, accusé par le pouvoir, contraint à l’exil forcé, puis lavé de toute accusation par plusieurs juridictions, est disposé au pardon. C’est ce qui ressort de l’entretien du lundi 17 août 2015. Nombreux étaient les Béninois à suivre l’homme qui, depuis trois ans, a été contraint à vivre la douloureuse expérience de l’exil, pour avoir refusé de cautionner une « révision opportuniste » de la Constitution. Pour que les Béninois gardent effectivement un souvenir lointain des dossiers « Tentative d’empoisonnement du chef de l’Etat ou de coup d’Etat ». Cela dépendra de Yayi Boni. Le pas que Patrice Talon doit faire pour rassurer, il vient de le faire, à la satisfaction de tous les Béninois. C’est une occasion en or que le chef de l’Etat, le premier magistrat du pays, doit saisir pour devenir encore le maître du jeu. A l’étape actuelle, en réalité, ce serait injuste de ne pas accorder du crédit au gouvernement parce qu’en suivant le compte rendu fait à la presse à l’issue du conclave gouvernemental du Directeur de l’émigration-immigration le même jour de la diffusion de l’entretien de Talon, tout porte à croire que le gouvernement est dans cette dynamique d’œuvrer pour la paix. C’est une bonne chose et cela rassure. Mais il va falloir aller plus loin. Le Bénin est à sept mois d’une transition politique. Dans ces conditions, il est du devoir du gouvernement de faire en sorte que Patrice Talon oublie vite tout ce qui peut encore amener de nouvelles frustrations. Personne n’a rien à gagner dans un bras de fer contre un opérateur économique de cette trempe. En tout cas, ce qui est important, c’est que Patrice Talon s’est montré ouvert à la réconciliation et au pardon. C’est le contraire qui aurait suscité inquiétude. Il est question à présent que sages, notables, tous ceux qui peuvent œuvrer pour l’apaisement du climat social agissent.

AT