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Exercice périlleux à issue incertaine pour Bruno Amoussou et autres

Le malaise est profond. L’Union fait la Nation se porte très mal, en témoignent les contradictions qui la traversent. Le tout nourri par les intérêts égoïstes et personnels de ses ténors. Finalement, ce qu’on craignait est arrivé dans le cadre du choix de son candidat pour la présidentielle de 2016. Aucun candidat n’a été choisi à l’unanimité. Les cœurs des uns et des autres battent soit pour Patrice Talon, soit pour Sébastien Ajavon. Mais il y aurait un forcing en cours pour imposer le dernier à tout le groupe.

L’Union fait la Nation n’avait pas fini de gérer ses contradictions internes quand elle a décidé de soutenir  un candidat unique pour la prochaine élection présidentielle. Comme l’on devait s’y attendre, les choses allaient se compliquer. La suite a prouvé qu’au lieu de rassembler ses composantes, ses différents membres ont,  au contraire, réussi à les disperser, les opposer et pour finir vider l’Union de sa substance. En fait, bien avant cette question de candidature unique,  il y avait déjà maldonne après le départ du groupe composé  de Candide Azannaï, Joseph Djogbénou, Patrice Nobimè, considérés comme des pions sûrs de Patrice Talon,  sans oublier que Claudine Prudencio a été de la première vague à avoir fait ses valises pour les poser chez Sébastien Ajavon, l’autre opérateur économique. Et, même réduite, l’Un pensait pouvoir résister au pire. Mais les choses se compliquaient avec la position de l’Undp à laquelle appartient le député Basile Ahossi, qu’on juge proche de Lionel Zinsou. L’Un étant diminuée, il revenait à trois grandes composantes qui y sont restées de prendre une décision commune pour la bataille de la présidentielle. Il s’agit du Parti social démocrate (Psd), de Force Clé et du Mouvement africain pour la démocratie et le progrès (Madep). Le Psd et la Force Clé qui comptaient sur une candidature à l’interne, ont désigné, chacun son représentant. Emmanuel Golou pour le Psd et Eric Houndété portait les espoirs de Force Clé. La compétition a été lancée et les protagonistes se sont jetés à l’eau pour conquérir les électeurs, chacun dans l’espoir d’être désigné pour porter la charge au nom de l’Un. Mais l’expérience n’a pas abouti, puisque, loin de ce schéma, Bruno Amoussou et Séfou Fagbohoun étaient largement courtisé par les candidats externes dont les plus actifs et importants sont Lionel Zinsou, Sébastien Ajavon, Fernand Amoussou, Pascal Irenée Koupaki et Patrice Talon.  Celui-ci espérait logiquement un retour de l’ascenseur après son implication sous diverses formes dans la victoire de l’opposition à l’élection du bureau de l’Assemblée nationale le 19 mai 2015 au Palais des gouverneurs à Porto-Novo. Grâce à son activisme, la démocratie a été sauvée et le Parlement béninois a cessé d’être une caisse de résonnance de l’Exécutif. La victoire obtenue de haute lutte et au bout du sacrifice a été le mérite de Patrice Talon.  Ceux qui ont fêté cette victoire et ceux qui en  profitent aujourd’hui à l’Assemblée nationale se montreraient loyaux vis-à-vis de lui, en le soutenant dans sa marche vers La Marina afin de poursuivre la clameur née le 19 mai. Il reste que l’évolution des évènements ne semble être totalement ce qui devrait être.
 Houndété et Golou sacrifiés
 Le débat était désormais animé par deux tendances. La première soutient une candidature à l’interne, tandis que l’autre préfère que le joker  soit désigné en dehors de l’Un. Entre les deux tendances,  les arguments en faveur d’une  candidature à l’externe ont pris le dessus. Emmanuel Golou et Eric Houndété ont été ainsi sacrifiés. La mort dans l’âme, ils sont contraints de revoir leurs ambitions à la baisse. Mais aux dernières informations, ils n’ont pas totalement dit leur dernier mot. Eric Houndété y tient toujours, mais s’il s’entête il risque de ne pas bénéficier du soutien de Force Clé et de ses amis que sont Lazare Sèhouéto et Jude Lodjou, déjà proches d’autres candidats.  Emmanuel Golou, président du Comité Afrique de l’International socialiste semble se plier, mais pour être en phase avec ses frères d’armes socialistes, ne trouverait aucun problème à soutenir un candidat issu de ce milieu. Au bout du compte, l’Un aujourd’hui, ressemblera plus à une coquille vide qu’une machine de guerre pour effrayer l’adversaire. C’est de ce soutien que Sébastien Ajavon aurait bénéficié. Cependant, il reste que  les expérimentés Bruno Amoussou et Séfou Fagbohoun, ou encore Antoine Kolawolé Idji, Louis Vlavonou, chacun dans son fief, peut faire gagner des points au candidat d’une  Union trop fragile.
FN