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adrien(3)Cinq partis politiques ont débroursé le pactole dans ce processus de déclaration de candidatures à la Commission électorale nationale autonome (Céna) en vue des législatives de 2019. Ils ont versé un cautionnement de 249 millions chacun au trésor public. Il s’agit du Prd, des  Fcdb, du Moele-Bénin, de l’Usl et de l’Udbn. Disqualifiés pour diverses raisons, ces partis sont dans la tourmente. Pourront-ils retirer ou non les sous versés au trésor ?

Le doute est définitivement levé. Ces partis politiques qui rêvaient que le consensus leur offrira peut-être la chance de revenir dans la course aux législatives voient s’envoler cette valise remplie de liasse de billets de dix mille que le trésor public a emportée sans état d’âme. Il semble que les vrais mécontents du pari du 28 avril, ce ne sont pas les deux partis politiques de l’opposition qui piaillent à longueur de journée, mais bien d’autres. Ces deux partis peuvent se régaler actuellement d’avoir économisé 249 bons millions de Fcfa pour gérer leur soudure. Ils ont été sans doute beaucoup plus prévoyants que d’autres qui n’ont pas vu venir le danger de la Céna et de la Cour constitutionnelle. Pour l’Udbn et le Prd, deux anciens partis dont les membres ont goûté pendant longtemps au nectar, le coup peut être moins dur, même si c’est 249 millions. Les membres de ces deux partis dont certains ont déjà tout pour se suffire peuvent se moquer de ces liasses de billets qui, dans le fond ne sont que de la paperasse qu’ils ont toujours côtoyée. Ceux qui seront lamentablement en train de réfléchir et même de pleurer, ce sont les membres des nouveaux partis politiques. C’est un coup dur pour Moele-Bénin et Fcdb qui sont cloués à la potence quelques jours après leur création. Pour un jeune parti politique qui se cherche, c’est suicidaire de perdre une telle somme. On peut même dans une certaine mesure être moins compatissant pour le parti Moele-Bénin dont le Chef et la plupart des membres sont dans les grâces du pourvoir. Mais le parti Fcdb semble vraiment être né sous un mauvais jour. Ce parti n’a encore aucun membre ministre, député ou Directeur et se retrouve du jour au lendemain dépossédé de 249 millions. C’est un véritable coup de masure pour ce parti qui s’est déclaré de l’opposition donc s’est engagé dans une posture où il n’aura même pas la chance de combler par ‘’d’autres voix de grâce’’, ce grand gap. Est-ce qu’on parlera de turpitude ? Assurément non, car tout citoyen béninois qui remplit les conditions est en droit de se lancer dans la course pour les élections. Tous autant qu’ils sont, ces partis politiques ont raison de se lancer dans la course pour les législatives, car c’est leur droit le plus absolu. La rigidité du code électoral et le défaut de consensus  ont saccagé des millions de ces jeunes partis qui n’ont commis aucun tort en se positionnant, surtout qu’ils ont eu leurs récépissés provisoires. Ces élections gardent une forte dose d’amertume qui se lit sur les visages.

 Abdourhamane Touré