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ADRIEN-HOUNGB-ASSS
Me Adrien Houngbédji, Président de l’Assemblée Nationale

Au début de son discours, Me Adrien Houngbédji a salué les présidents des assemblées nationales sœurs, les chefs de délégation de parlements amis, les présidents des institutions constitutionnelles de la République, les anciens présidents de l’Assemblée Nationale du Bénin, les membres du gouvernement, les membres du bureau de l’Assemblée Nationale, la doyenne d’âge de l’Assemblée Nationale, les collègues députés, les membres du corps diplomatique et consulaire, les représentants des organisations internationales, le médiateur de la République, le président de la Céna, les membres du cabinet du Président de la République, le grand chancelier de l’ordre national du Bénin, les préfets des départements, le Maire de la ville de Porto-Novo, les maires, les membres du haut commandement militaire, les anciens députés, les autorités traditionnelles et religieuses, les sages et dignitaires et têtes couronnées, les invités, les parents et amis. Il a notifié que : « notre pays vient de confirmer une fois encore son attachement à l’alternance démocratique et il l’a fait de belle manière en réalisant l’alternance  des majorités au sein de son parlement ». Après avoir rendu hommage à Rosine Vieyra Soglo pour son engagement et sa détermination ainsi qu’aux président Mathurin Nago, au président Antoine Idji Kolawolé, et au regretté Mgr Isidore de Souza, il est revenu sur les circonstances de son élection à la tête à l’Assemblée Nationale : « en me choisissant pour des motifs que je sais essentiellement politiques, dans cette assemblée qui compte en son sein tant de talents anciens comme nouveaux, vous avez sûrement dû faire abstraction de mes défauts si évidents étalés au grand jour pendant 25 années passées sur le devant de la scène dont 8 du haut de ce perchoir, défauts si connus de vous et dont j’ai du mal à me défaire malgré mes efforts comme vous le constatez déjà depuis moins de trois semaines après cette nuit mémorable, sentiments d’humilité donc, mais volonté de faire mieux, c’est dire chers collègues combien votre indulgence me sera précieuse, humilité mais en même temps sentiment de fierté car cette élection ne doit rien à quelque remaniement ou compromis sur les valeurs et les principes auxquels vous me savez attaché de longue date et auxquels vous savez tous que je resterai fidèle ». Adrien Houngbédji a ensuite remercié ses collègues qui lui ont accordé leur suffrage et a fait un lever de voile sur sa méthode de gestion du parlement en faisant l’adresse suivante à ses coéquipiers de la 7e législature : « A tous mes collègues de quelque bord qu’ils soient, je veux donner l’assurance de mon impartialité et de ma détermination à œuvrer pour l’expression libre de toutes les opinions convaincu que chacun saura user de sa liberté dans le respect de celle des autres et dans le respect de l’ordre public. Je serai le Président de tous ».Il a également souligné la clairvoyance démocratique du peuple béninois car dit-il : « Ailleurs, on se bat d’abord, on s’entretue, on discute après. Ici, on s’assied tout de suite, on discute et les solutions jaillissent des débats. C’est ce que les observateurs appellent l’exception politique béninoise ». Enfin, le nouveau Président de l’Assemblée Nationale investit, la 7e législature devra faire face à :

  • L’impérieuse nécessité d’une réforme approfondie du système partisan pour aboutir à un nombre très réduit de partis politiques au lieu des 200 actuellement dénombrés ; les construire autour d’un projet de société ; instaurer en leur sein des règles efficaces d’alternance ; assurer un financement public conséquent de leurs activités assorti d’un contrôle non moins public
  • Interdire la transhumance. Le tout pour permettre à nos partis d’être de vrais partis, de vrais socles qui jouent efficacement leur rôle dans l’animation de la vie politique et dans la conquête du pouvoir d’Etat. Sans cette réforme d’envergure, les télécommandes continueront à fonctionner et le risque est grand de voir notre classe politique disparaitre progressivement et à jamais
  • Réécrire le règlement intérieur de l’Assemblée Nationale et de son règlement financier
  • Procéder à l’étude du comité de rapport de réforme juridique et institutionnelle interne.

Enfin ajoutera-t-il que : « la seule réforme des textes ne sera jamais suffisante si elle ne s’accompagne de quelques actions volontaristes par exemple la volonté de maîtriser le temps disparaissent les retards inutiles, la dispersion, le sentiment d’inutilité qui gagne l’opinion et qui nous gagne nous-mêmes. Par exemple encore offrir aux béninois une image de notre parlement autre qu’une succession ….trop vives et des bancs souvent trop vides ; par exemple encore nous organiser pour légiférer (je ne dis pas plus vite car l’inflation législative nous guetterait) mais légiférer mieux dans les meilleurs temps possibles »

Il faudra également :

  • permettre aux députés d’assurer leurs fonctions de législateur et de contrôleur sur des sujets très complexes ;
  • Rendre plus fonctionnel les cabinets des députés ; le recours à des expertises externes…
  • exploiter l’expérience, la compétence et la sagesse des anciens présidents d’Assemblée Nationale en les intégrant à la conférence des présidents ;
  • rendre plus efficace le contrôle de l’action gouvernementale en associant la société civile ;
  • suggérer une meilleure médiatisation ;
  • redéfinir les programmes de radio hémicycle ;
  • sécuriser l’emploi du personnel du parlement ; adopter le plan de carrière en cours d’élaboration ; promouvoir ceux qui par des efforts personnels ont atteint des niveaux de connaissance et de compétences plus élevés que lorsqu’ils ont été recrutés ;
  • Rendre vie et vigueur à l’unité d’analyse et de contrôle de l’exécution du budget (Unaceb) et la cellule d’analyse des politiques de développement (Capad) devenues inopérantes.

 Inès Zounnon