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natitingou
Les élucubrations de Yayi en 2011 n’ont pas changé fondamentalement

La célébration à Natitingou de la fête nationale de 1er août en 2011 par l’Etat central continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive. Et pour cause, au nombre des infrastructures prévues, plusieurs chantiers restent encore inachevés dans la ville de Natitingou.

L’organisation de la fête de 1er Août à Natitingou en 2011 avait eu des retombées salutaires pour le développement de la localité. Plusieurs travaux d’aménagement ont été réalisés dans la ville dans le cadre de la célébration. Par contre, d’autres chantiers sont encore en souffrance dans cette même cité. Les chantiers les plus importants qui restent et demeurent une préoccupation des populations sont entre autres la voie de contournement dont les travaux sont toujours attendus. Les populations de Natitingou souhaitent vivement la poursuite des travaux de reconstruction de la base des sapeurs pompiers considérée comme un éléphant blanc depuis la cabale de l’entreprise adjudicataire. Pour le compte du ministère de la Santé, l’achèvement de la résidence du Directeur départemental de la santé Atacora-Donga est toujours attendu. Ce dernier squatte toujours le local du médecin pédiatre du Chd Atacora. Aussi était-t-il question de doter en moyens roulants, toutes les brigades territoriales en panne de véhicules. Rien encore n’a été fait dans ce sens pour permettre aux forces de l’ordre d’accomplir avec succès leurs missions. Les populations de Natitingou n’occultent pas la question de l’éclairage de l’axe principal de la ville dont les travaux sont achevés, mais dont la réception définitive n’a encore pas été prononcée. Une situation qui ne permet pas encore à l’administration de locale de prendre ses responsabilités pour assurer en plein temps cet éclairage public.

 Quelques réalisations à signaler

 Plusieurs infrastructures ont été réalisées dans la ville de Natitingou. Les travaux entièrement achevés sont entre autre ceux de la réhabilitation du stade municipal, le dédoublement, le bitumage de la Rnie3 construite au-delà de la Stèle de Kaba est également chose faite ainsi que le réaménagement du carrefour de l’Opt au centre ville de Natitingou. L’aménagement des voies d’accès au pavillon présidentiel, la construction du hall d’accueil et le réaménagement de l’aérodrome de Péporiyakou n’ont pas été négligés. Il y a aussi la réfection du Foyer Abdoulaye Issa, la construction de la clôture de la direction de l’alphabétisation, la réfection du musée régional de Natitingou, la construction du podium à la maison Tv5, la réfection également de la bibliothèque départementale, et le commissariat de la ville de Natitingou. Grâce à la tenue de cette fête à Natitingou, la ville a bénéficié de l’assainissement de plusieurs de ses voies en l’occurrence les rues Rnie3-Basilic ; rue Camp militaire- Pobona vers le lycée d’enseignement technique, la Rnie3 à l’hôtel Bellevue, le Ciné Bopéci au vieux cavalier.

 L’appréciation du maire Kassa Mêtiki de Natitingou

 Pour Kassa Mêtiki, la ville de Natitingou a été toilettée avec des fonds non négligeables. Selon lui, plus de 20 milliards ont été engloutis pour la réalisation des différentes infrastructures. La nouveauté de cette fête de l’indépendance délocalisée, a précisé le maire, c’est la prise en charge des dépenses par le budget de l’Etat. Il a reconnu que la plupart des infrastructures retenues ont été réalisées à l’exception de la voie de contournement. Selon lui, les travaux de cette voie sont évalués à près de 50 milliards de FCfa. Or poursuit le maire Kassa Mêtiki, le reliquat disponible de la fête est de 6 à 7 milliards de FCfa. Face à cette situation, le maire de la commune de Natitingou a affirmé qu’un appel d’offres a été lancé pour le recrutement d’une entreprise adjudicataire pour s’occuper de l’ouverture de la voie de contournement de Natitingou et du dédommagement des sinistrés en attendant le financement complémentaire pour la poursuite des travaux.

 Hervé Yoto (Br Atacora-Donga)

 

Abomey n’a rien gagné

 Le gouvernement du Changement avait proclamé et institué la célébration rotative de la fête de l’indépendance dans des départements du Bénin. Cette initiative louable s’est, à la pratique, révélée une désillusion pour plusieurs villes dont Abomey.

Abomey, la capitale historique du Bénin et chef-lieu des départements du Zou et des Collines, est restée le parent pauvre des réalisations liées à l’organisation du 1er août en 2007. La cité des Houégbadjavi est restée sur sa faim et ne sait quoi brandir comme souvenir de ces retrouvailles. En dehors des badigeons, rien ne s’est ajouté aux infrastructures existantes dans la ville. Les réalisations entrant dans le cadre de la célébration tournante de la fête du 1er août qu’elle a eue la chance d’abriter, se résument à la réhabilitation de la villa présidentielle sise à proximité de la résidence du préfet. A cela s’ajoute la tribune officielle du stade omnisports de Goho. Au niveau du réseau routier, il n’y a eu à l’époque que le bouchage des innombrables nids de poule jonchant la voie bitumée menant de la place Goho au tribunal avec de la latérite. Le réseau électrique a été aussi renforcé avec quelques lampadaires. La place Goho, quant à elle, avait reçu quelques coups de peinture et de balai. Ce triste tableau est confirmé par Gildas Agonkan, Chargé du développement et de la planification à la mairie d’Abomey. Faisant l’analyse de la situation, il estime que la décision d’organiser la fête de l’indépendance en 2007 dans cette ville a été prise dans un contexte de précipitation. « C’était à moins de deux mois de la date du 1er août que la décision a été confirmée. Objectivement, on ne peut rien investir dans ce délai. S’il faut faire le point, note-t-il, rien ne pourrait être retenu», fait-il comprendre. «Au contraire, Abomey n’a pas pu bénéficier d’infrastructures conséquentes et structurantes pouvant marquer le passage du 1er août. Il y a eu plus de badigeons que de réalisations concrètes», confie-t-il. Un point de vue que partagent les habitants d’Abomey. A propos du coût des travaux de réhabilitation de la villa présidentielle, de la tribune officielle du stade de Goho et de la fermeture des trous sur le tronçon Goho-tribunal, Gildas Agonkan n’en a aucune idée. Il a indiqué que la mairie n’avait pas été impliquée. Après le 1er août 2007, il a été aussi prévu la fermeture des caniveaux longeant les deux côtés de la voie Marché Houndjro jusqu’à Djimè. Mais, ces travaux lancés à grand renfort médiatique n’ont pu aller à leur terme. Plusieurs mètres de caniveaux continuent de faire des victimes. Le stade de Goho est demeuré, quant à lui, dans son état piteux.

 Abomey n’a pas encore eu son 1er août

 Au lendemain de cette célébration, le Chef de l’Etat, Yayi Boni, a initié un programme spécial pour la réhabilitation de la cité historique d’Abomey. Le premier signe dudit programme est l’institutionnalisation de l’Agence de la réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa). Sous la direction générale de Maxime Houédjissin, cette institution a pour mission essentielle le pavage et l’assainissement de certaines rues de cette commune. Selon le chargé du développement et de la planification de la mairie d’Abomey, ce projet est cofinancé par la Banque ouest-africaine de développement, le gouvernement et la mairie d’Abomey. De juillet 2010 à ce jour, l’Archa n’a pu construire que huit voies pavées et réhabiliter quelques palais royaux. A la question de savoir si les initiatives, les projets et programmes conçus et réalisés par l’Agence pour la Réhabilitation de la cité historique d’Abomey (Archa), ne comblent pas le vide, l’interlocuteur s’en offusque. « Mais on peut dire que l’Etat a accompagné le projet de pavage et d’assainissement des rues que Abomey a initié. Ce projet est aujourd’hui dupliqué et exécuté un peu partout à Sèmè-Kpodji , Tchaorou, à Savè et à Savalou avec le même financement Boad alors que ces villes n’avaient pas abrité le 1er août. Par conséquent, je ne peux pas affirmer que les réalisations de l’Archa sont liées à l’accueil du 1er août 2007», a clarifié Gildas Djobloski Agonkan. Et, au vu de l’enveloppe de 20 milliards prévus, il estime qu’Abomey n’a pas encore eu son 1er août. « Les Aboméens attendent toujours leur 1er août. On considère que la première édition est une édition expérimentale et que le vrai 1er août d’Abomey reste encore à venir», a conclu le planificateur de développement de la mairie d’Abomey.

 Zéphirin Toasségnitché (Br Zou-Collines)