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Syndicats
La grève des Centrales et Confédérations syndicales n’a pas de sens

 Le retour des grèves générales annoncées par plusieurs Centrales syndicales met en évidence  une étrange complicité entre les organisations des travailleurs. La plupart d’entre elles observeront  une  cessation de travail parce qu’elles prétendent agir par solidarité aux agents de la justice, de la sécurité  et de la santé à qui  le droit de grève a été retiré par l’Assemblée nationale. Comment ne pas condamner  une telle solidarité qui aggrave la souffrance des populations.

Alors que la population subit déjà de plein fouet les effets de la grève  au niveau  de la justice,  les jours à venir s’annoncent encore plus compliqués dans le pays. A la suite du débrayage de cinq jours décrété la semaine écoulée et reconduit hier lundi 15 janvier par le plus puissant syndicat de la justice, qu’est l’Union nationale des Magistrats du Bénin (Unamab), plusieurs centrales syndicales se joignent au mouvement à compter de ce mardi  16 janvier 2018. Elles l’ont signifié à travers un sit-in organisé, vendredi 12 janvier 2018 à Porto-Novo à l’Assemblée nationale et l’ont réaffirmé à travers une motion. Toutes appellent d’abord à rompre la tranquillité sociale d’un pays en pleine réforme et ensuite à  priver  les populations des services auxquels elles ont droit et  pour lesquels ces fonctionnaires sont payés. La Centrale des syndicats autonomes (Csa), la Confédération générale des travailleurs du Bénin (Cgtb), la Confédération des organisations syndicales indépendantes (Cosi), la Centrale des syndicats unis du Bénin (Csub), la Centrale de syndicats du privé et de l’informel  du Bénin  (Cspib) sans oublier l’intransigeante Centrale des syndicats des travailleurs du Bénin (Cstb) ont  à l’unanimité décidé d’observer une cessation de travail de 72 heures. En clair, tout sera bloqué dans le pays étant entendu que les différents syndicats qui défendent les intérêts des travailleurs de l’Administration publique et une partie du privé  se disent concernés par le mot d’ordre lancé par les Centrales auxquelles ils sont affiliés. La santé, les différents ordres de l’enseignement, l’Impôt, le Trésor, l’administration en général ne fonctionneront pas au même titre que la justice. De façon simultanée, toutes les Centrales syndicales ont demandé à leurs membres de paralyser tout le pays sans service minimum. C’est de leur droit d’aller en grève, comme le leur garantit la Constitution du 11 décembre 1990  en son article 31, qui reconnait la cessation de travail comme un droit fondamental des travailleurs, comme moyen de pression pour revendiquer. Cependant, à côté de ce dispositif, la même constitution indique que l’aménagement et les modalités d’exercice du droit de grève sont du ressort du législateur.

 Une grève dirigée contre le régime ou la population ?

 Ainsi, la loi fondamentale, tout en reconnaissant le droit de grève, a clairement signifié que ce droit ne doit pas  s’exercer n’importe comment et par n’importe qui. C’est dans cet esprit que la Cour constitutionnelle a déclaré conforme à la constitution  la loi  2011-25 portant règles générales  applicables aux personnels militaires, douaniers, policiers et forestiers, votée par l’Assemblée le 26 septembre 2011. La loi n’autorise pas ces différents corps à jouir du droit      de grève en République du Bénin en raison de ce qu’ils animent les secteurs stratégiques du pays. Oui pour aller en grève, mais ce droit ne peut être une jouissance pour  tous les fonctionnaires. Le débat aujourd’hui, c’est le retrait du droit de grève aux personnels de la justice, de la santé et de la Police républicaine. Concernant ce dernier corps, on n’entend pratiquement pas de bruit de bottes, parce que cette mesure était déjà applicable aux  agents de sécurité et de défense. Et même en son temps, le vote de cette loi n’avait pas fait autant d’effet. C’est pourquoi, on se demande là où vient cette solidarité affichée par les Centrales syndicales pour soutenir leurs camarades de la  justice et  de la santé. En d’autres termes, quel est le fondement d’une grève générale pour une situation qui ne concerne en réalité que la justice, la santé et la sécurité ?          Tous les syndicats en mouvement se disent fâchés parce qu’on a retiré aux autres  le droit de grève et c’est pour cette raison qu’ils décident de se concerter pour marquer un arrêt général de travail. C’est un danger pour le pays, car cela rend davantage pauvre le Bénin plongé dans un climat morose qui aggrave la situation que vit la population. On se pose alors une question : est-ce une grève générale contre le régime Talon ou une grève générale contre la population ? Logiquement, c’est la population qui subit les châtiments de cette interruption volontaire de travail. Les temps sont durs et la population ne cache pas qu’elle traverse une période  grave. Les leaders syndicaux ne font qu’aggraver les choses. Ils affichent  une sorte de cynisme flagrant. On a du mal à croire qu’ils agissent par conviction pour défendre leurs intérêts. On est beaucoup plus convaincu que ces leaders sont mus par la logique de bloquer tout le pays en croyant faire du mal au chef de l’Etat.  On entend même certains faire des déclarations qui expriment des regrets que le pays soit encore débout,  que l’Etat parvienne à répondre à  ses engagements  et que les réformes commencent  à  porter leurs fruits. Mais ils n’ont pas d’arguments pour pousser la base à un mouvement général.  C’est pourquoi,  ils ont prétexté de la situation à la justice et à la santé pour tenter d’atteindre leur but.  Pendant qu’ils rêvent de voir le pays en difficulté, pendant qu’ils prédisent le déluge sous le Nouveau départ, pendant qu’ils voient le mal partout, d’autres appellent à faire échec à ce complot. Des syndicats de l’Administration publique viennent de signifier qu’ils ne suivront pas le mot d’ordre de leurs Centrales syndicales. Ils invitent à privilégier le dialogue et se pencher sur les revendications spécifiques. C’est du bon sens. On peut l’appeler aussi du patriotisme.

F.N

De quoi se mêlent les enseignants ?

 Alors que le vote du retrait du droit de grève par les députés de la 7ème législature ne concerne en aucun cas les acteurs du secteur des enseignements, ils observent à partir  de ce jour, un mouvement de grève. On se demande les causes qu’ils défendent  en initiant ce nouveau débrayage.

Les salles de classes seront fermées à compter de ce jour et ceci pour 72 heures. En effet, les centrales syndicales du secteur des enseignements ont lancé une suspension des activités académiques dans les écoles et collèges d’enseignement  général. Les raisons de ces débrayages ne sont  pas fondées,cartout le monde n’est pas sans savoir que le gouvernement ne doitaucun franc aux enseignants. Leurs revendications ont toujours été prises en compte en vue d’assurer une année scolaire apaisée. La seule chose qu’ils pourront brandir est la riposte au retrait du droit de grève aux travailleurs des secteurs de la justice, de la santé et de la sécurité. Pour quel motif un enseignant déposera les craies alors qu’on a retiré le droit de grève aux magistrats et aux agents de santé? Qu’est-ce qui les lient ? Doit-on parler d’une expression de solidarité ? Il est bien évident qu’ils ne sont pas concernés par cette mesure salvatrice pour le bien-être des populations. Alors ces enseignants n’ont pas de motif valable pour ne pas vaquer à leurs occupations. Eu égard aux énormes préjudices que ces grèves  causent au système éducatif, les autorités ne doivent plus tolérer ces mouvements d’humeur sans fondement.

 Une loi pour priver les enseignants de la grève

 Les députés de la 7ème législature ont encore du boulot. Et pour cause. Une loi doit être aussi proposée pour assainir le secteur des enseignements.  Elle sera sans doute la bienvenue et ce sera le meilleur cadeau que les législateurs pourront offrir aux populations en général et aux élèves en particulier en cette nouvelle année 2018. Ceci commencera par la suppression du droit de grève aux enseignants et instituteurs. Chaque fois que les grèves débutent dans les écoles, les élèves et écoliers sont livrés à leur propre sort. Ce qui est pénible pour le système éducatif béninois et ne fait qu’annihiler les efforts du gouvernement de Patrice Talon.

 AT