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alfagaDécidément, Issoufou Alfaga Abdoulrazak est à l’heure lors de ses grands rendez-vous ! Après avoir brillé à Rio lors des Jeux olympiques l’an dernier en montant sur la deuxième marche du podium, le voilà désormais champion du monde. A Muju, en Corée du Sud, après avoir surclassé le Mali au premier combat, la France au second et le Brésil au troisième dans la plus grande catégorie, les plus de 87 kg, il s’est imposé en demi-finale finale face à la star du taekwondo africain, le Gabonais Anthony Aubame. « J’avais perdu contre Obame en finale des Championnats d’Afrique 2015, nous rappelait en avril 2016 celui qui nourrissait encore un petit complexe. Obame, c’est mon champion. Il m’a donné le courage de continuer le taekwondo. Mais je n’ai pas le choix : je dois le battre ! Je viens d’une région de guerriers. Chez moi, on ne perd pas deux fois contre la même personne ». Pour s’emparer du titre, le porte-drapeau des Jo a ensuite battu le Britannique Mahama Cho. Le Nigérien était déjà entré dans l’histoire olympique de sa nation en devenant le deuxième athlète à décrocher une médaille aux Jo après celle en bronze du boxeur Issaka Dabore en 1972, à Munich. « Je suis déçu, j’avais promis l’or, c’est comme ça. La lutte continue jusqu’à Tokyo 2020 », nous avait-il raconté au Brésil. Le voilà avec le plus beau des métaux autour du cou même si ce n’est pas l’or olympique.
 Programmé pour les Jo de Tokyo en 2020
 Issoufou Alfaga Abdoulrazak était programmé pour Tokyo 2020 selon son entraîneur allemand Markus Kohlöffel qui officie dans le prestigieux club du Tcc Friedrichshafen. Mais deux récompenses sont donc venues couronner son travail bien avant l’heure. S’il avait été le premier sportif nigérien qualifié pour les Jeux olympiques 2016, Issoufou Alfaga Abdoulrazak avait aussi décroché la médaille d’or aux Jeux africains 2015 à Brazzaville. Juste avant les Mondiaux, il avait remporté l’Open d’Autriche, le 4 juin dernier, à Innsbruck en s’imposant devant l’Argentin Sio Martin. Issoufou Alfaga Abdoulrazak a bien failli ne jamais percer dans le taekwondo. La mort d’un de ses cousins en 2001, suite à un combat, effrayait son père qui avait interdit à ses enfants d’en faire. Parti vivre chez un oncle, au Togo, le gamin de 11 ans en profite pour renouer avec son sport préféré, pour le plus grand bonheur de la nation nigérienne.
 Farid Achache
(Coll)